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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2205033

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2205033

mardi 27 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2205033
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1 ère Chambre
Avocat requérantCAMAIL MARIE

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I./ Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 13 décembre 2022 et le 22 février 2023 sous le n° 2205033, Mme C D, épouse A, représentée par Me Camail, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 novembre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " ou, subsidiairement, de lui délivrer une carte de séjour " entrepreneur/profession libérale " ou, subsidiairement encore, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour, le tout dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que l'arrêté attaqué :

- a été signé par une autorité incompétente ;

- est insuffisamment motivé ;

- méconnaît les dispositions des articles L. 426-17 et L. 426-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 12 de la convention franco-camerounaise du 24 janvier 1994 ;

- est entaché d'un défaut d'examen de sa demande et méconnaît les dispositions de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

II./ Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 13 décembre 2022 et le 22 février 2023 sous le n° 2205039, M. F A B, représenté par Me Camail, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 novembre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de délivrer à M. A B un titre de séjour portant la mention " entrepreneur / profession libérale " ou, subsidiairement, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, subsidiairement encore, de réexaminer sa situation et de le munir, dans l'attente, d'une autorisation provisoire de séjour, le tout dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l'arrêté attaqué :

- a été signé par une autorité incompétente ;

- est insuffisamment motivé ;

- a été pris au terme d'une procédure irrégulière, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 421-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction applicable du 1er mai 2021 au 26 septembre 2021, dès lors qu'il appartenait au préfet de solliciter auprès de l'autorité compétente un avis relatif à la viabilité de son projet ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 février 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A B ne sont pas fondés.

Vu :

- les décisions par lesquelles le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative ;

- les ordonnances du 28 février 2023 fixant la clôture de l'instruction au 29 mars 2023 à 12h ;

- les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la directive 2003/109/CE du Conseil du 25 novembre 2003 ;

- la convention franco-camerounaise du 24 janvier 1994 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Le Vaillant, conseiller,

- et les observations de Me Camail, représentant M. et Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante camerounaise née le 6 septembre 1992, est entrée en France en septembre 2013 sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour " étudiant " valable du 6 septembre 2013 au 6 septembre 2014. Elle a obtenu le renouvellement de ce titre de séjour jusqu'au 6 septembre 2016, puis s'est vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle " passeport talent ", valable du 25 octobre 2017 au 24 octobre 2021. Le 26 août 2017 elle a, au Cameroun, épousé M. A B. Ce dernier est entré en France le 25 mai 2018, sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " passeport talent (famille) ", puis s'est vu délivrer un titre de séjour portant la même mention, valable du 25 mai 2018 au 24 octobre 2021. D'une part, le 31 mars 2021, Mme A a sollicité la délivrance d'une carte de résident portant la mention " résident longue durée-UE ". L'arrêté du 24 août 2021 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a rejeté cette demande a été annulé par le jugement n° 2103617 du 16 décembre 2021 qui a enjoint au préfet territorialement compétent de réexaminer la situation de l'intéressée. Par l'arrêté du 14 novembre 2022, attaqué dans l'instance n° 2205033, le préfet de la Seine-Maritime a, à l'issue d'une nouvelle instruction, refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité. D'autre part, en dernier lieu le 21 septembre 2021, M. A B a sollicité la délivrance d'une carte de résident portant la mention " résident longue durée-UE ". Par l'arrêté du 14 novembre 2022, attaqué dans l'instance n° 2205039, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Les requêtes enregistrées sous le n° 2205033 et le n° 2205039, qui tendent à l'annulation d'arrêtés préfectoraux pris le même jour, à l'égard d'époux qui sollicitaient la délivrance de titres de séjour sur le même fondement, présentent à juger des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un jugement unique.

Sur la légalité de l'arrêté du 14 novembre 2022 pris à l'égard de Mme A :

2. D'une part, aux termes de l'article 12 de la convention franco-camerounaise du 24 janvier 1994 : " Après trois années de résidence régulière et non interrompue, les nationaux de chacun des Etats contractants établis sur le territoire de l'autre Etat peuvent obtenir un titre de séjour de dix ans dans les conditions prévues par la législation de l'Etat de résidence () " Les conditions de résidence auxquelles renvoient ces stipulations sont fixées par l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui dispose que : " L'étranger qui justifie d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et d'une assurance maladie se voit délivrer, sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 426-18, une carte de résident portant la mention "résident de longue durée-UE" d'une durée de dix ans. / () Les ressources mentionnées au premier alinéa doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance. Sont prises en compte toutes les ressources propres du demandeur, indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ainsi qu'aux articles L. 5423-1, L. 5423-2 et L. 5423-3 du code du travail. () " Aux termes de l'article L. 426-18 du même code : " L'article L. 426-17 ne s'applique pas lorsque l'étranger réside en France au titre : / () 5° De la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " prévue à l'article L. 422-1 ou L. 422-2 ; / () 8° De la carte de séjour pluriannuelle portant la mention "passeport talent" prévue à l'article L. 421-13 () " Aux termes de l'article L. 421-13 de ce code : " L'étranger qui vient en France dans le cadre d'une mission entre établissements d'une même entreprise ou entre entreprises d'un même groupe et qui justifie, outre d'une ancienneté professionnelle d'au moins trois mois dans le groupe ou l'entreprise établi hors de France, d'un contrat de travail conclu avec l'entreprise établie en France se voit délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention "passeport talent" d'une durée maximale de quatre ans, sous réserve de justifier du seuil de rémunération fixé par décret en Conseil d'Etat. () "

3. D'autre part, en vertu de l'article 4 de la directive 2003/109/CE du Conseil du 25 novembre 2003 relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée, la condition, posée par l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de résidence régulière et ininterrompue de l'étranger qui sollicite la délivrance d'une carte de résident portant la mention " résident longue durée-UE ", doit s'apprécier à la date d'introduction de sa demande.

4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme A résidait sur le territoire français, de manière ininterrompue, à compter de son entrée en France en septembre 2013 jusqu'à la date de sa demande de carte de résident, le 31 mars 2021. En application des dispositions du 5° de l'article L. 426-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne pouvait être tenu compte de la durée de séjour que l'intéressée avait accumulée au titre d'une carte de séjour temporaire délivrée en qualité d'étudiante, soit du 7 septembre 2014 au 6 septembre 2016. En revanche, si les dispositions du 8° de l'article L. 426-18 excluent également la prise en compte de la durée de séjour effectuée au titre d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent ", cette exclusion ne concerne, contrairement à ce que soutient le préfet de la Seine-Maritime, que la carte de séjour pluriannuelle délivrée sur le fondement des dispositions de l'article L. 421-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ne constitue que l'un des fondements de délivrance d'un titre de séjour portant cette mention. Or il ressort suffisamment des documents produits à l'instance par les parties, faisant état en particulier de la conclusion d'un contrat à durée indéterminée avec une société établie en France, et n'est pas sérieusement contesté par le préfet, que la carte de séjour pluriannuelle mention " passeport talent " dont a été titulaire Mme A, valable du 25 octobre 2017 au 24 octobre 2021, n'a pas été délivrée au regard de circonstances correspondant aux conditions posées par ces dernières dispositions. Par conséquent, il y avait lieu de tenir compte, pour l'appréciation de la durée de résidence régulière et ininterrompue de Mme A en France à la date de sa demande de carte de résident, de la durée de son séjour effectuée au titre de cette carte de séjour pluriannuelle. La requérante justifiait ainsi, au 31 mars 2021, d'une résidence régulière et ininterrompue en France de plus de trois ans. En outre, elle justifie, par la production notamment de ses avis d'impositions et de bulletins de salaires couvrant les années 2018, 2019, 2020 et 2021, de ressources stables, régulières et suffisantes, supérieures au salaire minimum de croissance au cours de la majeure partie de la période considérée. Elle justifie également de son affiliation, en dernier lieu, au régime des indépendants de l'assurance maladie. Il ressort enfin des pièces du dossier que l'intéressée, qui a toujours résidé régulièrement en France depuis son entrée sur le territoire, où elle a obtenu son diplôme d'ingénieur et créé son entreprise, remplissait la condition d'intégration républicaine posée par les dispositions de l'article L. 413-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, Mme A est fondée à soutenir qu'en ayant refusé de lui délivrer une carte de résident portant la mention " résident longue durée-UE ", le préfet de la Seine-Maritime a fait une inexacte application des dispositions des articles L. 426-17 et L. 426-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 12 de la convention franco-camerounaise du 24 janvier 1994.

Sur la légalité de l'arrêté du 14 novembre 2022 pris à l'égard de M. A B :

5. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

6. M. A B, qui a épousé Mme A au Cameroun le 26 août 2017, est entré en France le 25 mai 2018 et y a séjourné régulièrement en qualité de membre de la famille d'un titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle mention " passeport talent " jusqu'à l'expiration de sa propre carte de séjour pluriannuelle le 24 octobre 2021. Le couple a eu un enfant né en France le 21 novembre 2020. M. A B a créé son entreprise en septembre 2020, laquelle dégage un chiffre d'affaires. En outre, il résulte du point 4 que son épouse remplit l'ensemble des conditions de la délivrance d'une carte de résident mention " résident longue durée-UE ", valable dix ans. Si le préfet fait valoir que M. A B, ainsi que son épouse, séjournaient au Cameroun depuis le 14 février 2022, ce seul élément n'est pas de nature à remettre en cause le fait que l'intéressé dispose en France du centre de ses intérêts privés et familiaux, alors au demeurant que les intéressés justifient des circonstances particulières dans lesquelles ils ont été empêchés de regagner la France au terme d'un séjour pour visite familiale initialement prévu jusqu'au 16 juillet 2022. Dans ces conditions, en ayant refusé de délivrer à M. A B un titre de séjour, le préfet de la Seine-Maritime a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée, eu égard aux buts poursuivis par cette décision. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, d'une part, que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 14 novembre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer une carte de résident portant la mention " résident longue durée-UE " et, d'autre part, que M. A B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 14 novembre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

8. L'annulation des arrêtés attaqués, eu égard aux motifs qui la fondent, implique nécessairement que le préfet de la Seine-Maritime, d'une part, délivre à Mme A une carte de résident portant la mention " résident longue durée-UE " et, d'autre part, délivre à M. A B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai qu'il y a lieu de fixer à deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir ces injonctions d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du préfet de la Seine-Maritime, dans l'instance n° 2205033, la somme de 750 euros au bénéfice de Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens et, dans l'instance n° 2205039, la somme de 750 euros au bénéfice de M. A B, au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 14 novembre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de délivrer à Mme A une carte de résident portant la mention " résident longue durée-UE " est annulé.

Article 2 : L'arrêté du 14 novembre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A B est annulé.

Article 3 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de délivrer à Mme A une carte de résident portant la mention " résident longue durée-UE ", dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de délivrer à M. A B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 5 : L'Etat versera à Mme A la somme de 750 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : L'Etat versera à M. A B la somme de 750 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : Le surplus des requêtes est rejeté.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, épouse A, à M. E B et au préfet de la Seine-Maritime.

Délibéré après l'audience du 13 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Minne, président,

M. Deflinne, premier conseiller,

M. Le Vaillant, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.

Le rapporteur,

Signé

A. LE VAILLANT

Le président,

Signé

P. MINNELe greffier,

Signé

N. BOULAY

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Nos2205033,2205039

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