lundi 23 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2300019 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | MUKENDI NDONKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 janvier 2023, M. B C, représenté par Me Mukendi Ndonki, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 22 décembre 2022 portant refus de délivrance d'une carte professionnelle ;
3°) d'enjoindre au directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) de réexaminer sa demande dans un délai de huit jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État représenté par le directeur du CNAPS la somme de 1 200 euros à verser à titre principal à son avocat en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à titre subsidiaire à lui-même en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- La condition d'urgence est remplie dès lors qu'il ne peut plus travailler et donc faire face à ses charges alors qu'il a quatre enfants et que son épouse ne travaille plus ;
- Il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige dès lors que :
* La compétence de l'auteur de la décision n'est pas justifiée ;
* La décision est insuffisamment motivée ;
* Il appartiendra au CNAPS de justifier, d'une part de l'habilitation de la personne qui a consulté le fichier de traitement de données à caractère personnel, d'autre part de la demande de complément d'information auprès des services de police ou de gendarmerie sur les suites judiciaires ; à défaut, la décision est entachée de vices de procédure ;
* La décision n'a pas été précédée d'un examen particulier de la situation ;
* La décision est entachée d'erreur de droit dès lors que le directeur du CNAPS s'est cru lié par les mentions du TAJ ;
* La décision est entachée d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 janvier 2023, le Conseil national des activités privées de sécurité, représenté par Me Claisse, Centaure avocats, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du requérant de la somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie et l'intérêt public commande que l'exécution de la décision se poursuive ;
- aucun moyen n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 4 janvier 2023 sous le n°2300020 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 20 janvier 2023 à 10 heures en présence de Mme Dupont, greffière d'audience, Mme A a lu son rapport et entendu :
- Les observations de Me Mukendi Ndonki, pour M. C, lui-même présent ;
- Les observations de Me Coquillon, pour le CNAPS ;
- Les nouvelles observations de Me Mukendi Ndonki et de Me Coquillon ;
- Les ultimes observations de Me Mukendi Ndonki et de Me Coquillon.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1.Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, d'admettre M. B C provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Il résulte de l'instruction que M. C, dont la validité de la précédente carte expirait le 9 octobre 2022, a sollicité le 24 octobre 2022 le renouvellement de sa carte professionnelle lui permettant d'être employé dans une entreprise de sécurité privée. Par décision du 22 décembre 2022, prise au nom du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS), le délégué territorial ouest lui a opposé un refus. Par la présente requête, il demande, notamment la suspension de l'exécution de cette décision.
5. Comme rappelé au point 4, M. C a, en méconnaissance des dispositions de l'article R 612-17 du code de la sécurité intérieure, demandé le renouvellement de sa carte professionnelle après la date d'expiration de sa carte précédente. La société qui l'employait a d'ailleurs suspendu son contrat de travail à compter du 9 octobre 2022 par décision du même jour, de sorte que la situation d'impossibilité de travailler comme agent de sécurité s'est constituée plus de deux mois avant l'intervention de la décision en litige. S'il a été soutenu lors de l'audience que la société en question, dans laquelle M. C travaillait depuis le 1er mai 2022, était prête à le réemployer dès qu'il serait en possession d'une nouvelle carte, les termes de la décision du 9 octobre 2022 ne permettent pas de l'établir. M. C, qui ne conteste pas qu'il pourrait exercer une autre profession que celle d'agent de sécurité, ne justifie ainsi pas, comme il l'a soutenu lors de l'audience, que cette possibilité reste affectée d'un aléa alors que son réemploi comme agent de sécurité est certain. Si M. C a également soutenu que son épouse travaillait et pouvait subvenir aux besoins de la famille mais qu'elle a perdu son emploi à la fin de l'année 2022, il ne l'a jamais établi et, en tout état de cause, s'agissant, ainsi qu'il a été précisé lors de l'audience, d'un contrat à durée déterminée il ne pouvait ignorer, lorsqu'il a laissé expirer sa carte professionnelle sans entreprendre de démarche de renouvellement, qu'un tel contrat était susceptible de ne pas être poursuivi. Enfin, s'il a également été indiqué lors de l'audience que l'épouse de M. C connaissait des problèmes de santé qui pourraient l'empêcher de reprendre une activité professionnelle, cette circonstance n'a pas davantage été établie. Compte tenu de l'ensemble des éléments qui viennent d'être rappelées, il n'apparaît pas que l'urgence commande que l'exécution de la décision en litige soit suspendue, à supposer l'autre condition posée par l'article L 521-1 du code de justice administrative remplie.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de M. C dirigées contre le CNAPS qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante. Il n'y a pas lieu non plus, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions du CNAPS dirigées contre M. C présentées sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B C est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C, à Me Joseph Mukendi Ndonki et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Fait à Rouen, le 23 janvier 2022.
La juge des référés, La greffière,
Signé Signé
A. A C. DUPONT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
C. DUPONT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026