jeudi 15 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2300081 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | MUKENDI NDONKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Mukendi Ndonki, demande au tribunal :
1) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté en date du 24 octobre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour prévue à l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 30 novembre 2022 rejetant sa demande d'abrogation de cet arrêté ;
3) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation et lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours, sous la même astreinte ;
4) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à défaut à son profit.
Il soutient que :
S'agissant de la décision de refus de titre de séjour :
- l'administration ne rapporte pas la preuve de l'existence ni de la régularité de l'avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant, garanti par les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est elle-même entachée la décision de refus de titre de séjour ;
- elle porte atteinte à son droit à la vie privée et familiale, protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant, garanti par les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité dont sont elles-mêmes entachées la décision de refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle porte atteinte à son droit de ne pas subir de traitements inhumains ou dégradants, garanti par les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision de refus d'abroger l'arrêté attaqué :
- l'administration n'a pas saisi pour avis le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise sans un examen de sa situation particulière ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, le préfet ayant refusé de prendre en compte les nouveaux éléments relatifs à son état de santé ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mulot, premier conseiller ;
- et les observations de Me Mukendi Ndonki, avocat de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant russe né en 1973, a sollicité de l'autorité administrative la délivrance de l'autorisation provisoire de séjour prévue à l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, compte-tenu de l'état de santé de l'un de ses enfants, et un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 24 octobre 2022, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
2. Compte-tenu de la dégradation alléguée de son état de santé, M. B a sollicité, par un courrier de son conseil du 22 novembre 2022, l'abrogation de cet arrêté. Cette demande a été rejetée par une décision expresse du préfet de la Seine-Maritime du 30 novembre 2022.
3. Dans sa requête, M. B demande au tribunal d'annuler tant l'arrêté du 24 octobre 2022 que la décision du 30 novembre suivant rejetant sa demande d'abrogation.
Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 24 octobre 2022 :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
4. En premier lieu, le dernier alinéa de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que l'autorisation provisoire de séjour qu'instaurent ces dispositions est délivré " après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ". Le préfet de la Seine-Maritime justifie avoir recueilli l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, émis lors de sa séance du 8 février 2022. Par suite, le moyen tiré de ce que cet avis n'aurait pas été recueilli manque en fait. Par ailleurs, en se bornant à soutenir qu'il appartient à l'administration de justifier de la régularité de cet avis, sans énoncer même brièvement un motif d'irrégularité, M. B n'assortit pas cette branche du moyen des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
5. En deuxième lieu, il résulte de la combinaison des dispositions des articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que les parents étrangers d'un enfant mineur résidant habituellement en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois.
6. Dans ce cadre, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration allant dans le sens de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
7. Il ressort des pièces du dossier que la fille benjamine du requérant, née en 2017, souffre de spasmophilie pour laquelle elle a été prise en charge par un médecin traitant et hospitalisée une semaine au centre hospitalier universitaire de Rouen. Pour motiver le refus de délivrance contesté, l'autorité administrative s'est approprié les conclusions de l'avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration mentionné au point 4 du présent jugement, estimant que si l'état de santé de cette jeune enfant nécessitait une prise en charge médicale, le défaut de prise en charge ne devrait pas entrainer de conséquences d'une exceptionnelle gravité, telles qu'elles sont déterminées, notamment, en application de l'article 4 de l'arrêté du 5 janvier 2017 visé ci-dessus. Aucune des pièces médicales produites - dont certaines sont d'ailleurs difficilement lisibles -, constituées pour l'essentiel de certificats rédigés dans des termes très généraux et d'ordonnances de médicaments courants, ne permet de connaitre précisément les conséquences d'un défaut de prise en charge, de sorte que M. B n'est pas fondé à contester la qualification retenue par le préfet de la Seine-Maritime et à soutenir que la décision méconnaitrait les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En troisième lieu, d'une part, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ", et aux termes des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger () qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an () / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine () ".
9. D'autre part, aux termes de l'article 3 de la convention de New-York relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
10. Il ressort des pièces du dossier que le requérant est entré en France le 10 novembre 2018 avec son épouse et leurs trois enfants, de manière irrégulière, pour y solliciter le bénéfice d'une protection internationale. Celle-ci lui ayant été refusée, ainsi qu'à son épouse, il se maintient irrégulièrement sur le territoire français, comme l'ensemble de sa cellule familiale, qui peut dès lors se reconstituer sans dommages hors de France. En ce qui concerne l'état de santé de la plus jeune fille du requérant, compte-tenu de ce qui a été exposé précédemment, il n'apparait pas que le préfet de la Seine-Maritime n'ait pas accordé une attention primordiale à l'intérêt supérieur de cette enfant en édictant l'arrêté en litige. En outre, le requérant ne justifie d'aucun élément particulier d'insertion ni être dépourvu de toute attache dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de quarante-cinq ans. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations et dispositions citées ci-dessus doivent être écartés.
11. Enfin, M. B ne justifie d'aucun élément particulier d'insertion, il n'exerce aucune activité professionnelle ni ne suit de formation et ne justifie d'aucune ressource. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
12. En premier lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Il résulte, en outre, des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée mais qu'elle n'a pas, lorsqu'elle assortit un refus de délivrance de titre de séjour, à faire l'objet d'une motivation spécifique.
13. Il ressort des pièces du dossier que la décision de refus de titre de séjour comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. En outre, il résulte des dispositions précitées que l'obligation de quitter le territoire français qui assortit cette décision n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte.
14. En deuxième lieu, les moyens dirigés contre la décision de refus de séjour ont tous été écartés. Dès lors, l'exception d'illégalité de cette décision soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas fondée et doit ainsi être écartée.
15. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés aux points 8 à 11 du présent jugement, les moyens tirés de ce que la décision obligeant à quitter le territoire français méconnaîtrait les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, celles de l'article 3.1 de la convention de New York relative aux droits de l'enfant et qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision fixant le pays à destination duquel le requérant doit être renvoyé :
16. En premier lieu, en indiquant que M. B n'établissait pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine et en rappelant les décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et de la Cour nationale du droit d'asile prises à la demande du requérant, l'autorité administrative a suffisamment motivé sa décision.
17. En deuxième lieu, les moyens dirigés contre la décision de refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire français ont tous été écartés. Dès lors, l'exception d'illégalité de ces décisions soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays à destination duquel M. B pourra être éloigné, ne peut qu'être écartée.
18. En dernier lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". L'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
19. M. B soutient qu'en cas de retour dans son pays d'origine, il serait exposé à des risques de peines ou traitements inhumains au sens des stipulations citées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en raison de conflits familiaux.
20. Toutefois, l'intéressé, dont la demande d'asile a d'ailleurs été rejetée le 23 octobre 2020 par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides, cette décision ayant été confirmée le 8 mars 2021 par la Cour nationale du droit d'asile, n'apporte pas le moindre commencement de preuve à l'appui de ses allégations. Sa demande de réexamen a été rejetée comme irrecevable par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 1er juillet 2021 et son recours par la Cour nationale du droit d'asile le 7 mars 2022. En outre, la réalité des risques personnels invoqués en cas de retour n'est pas suffisamment établie par les pièces que l'intéressé produit. Ainsi, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas méconnu les stipulations et dispositions précitées en fixant comme pays de renvoi la Fédération de Russie.
21. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées.
Sur la décision de refus d'abroger l'arrêté attaqué :
22. Aux termes du second alinéa de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration est tenue d'abroger expressément un acte non réglementaire non créateur de droits devenu illégal ou sans objet en raison de circonstances de droit ou de fait postérieures à son édiction, sauf à ce que l'illégalité ait cessé ".
23. Par un courrier du 22 novembre 2022 adressé par l'intermédiaire de son conseil, M. B a adressé au préfet de la Seine-Maritime une demande tendant à l'abrogation, sur le fondement des dispositions précitées, de l'arrêté du 24 octobre précédent, motif pris d'une dégradation de son état de santé présentée comme postérieure à cet arrêté.
24. Aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Ces dispositions sont applicables à la décision de refus d'abroger un refus de séjour.
25. Pour rejeter la demande d'abrogation dont il était saisi, le préfet de la Seine-Maritime n'a mentionné aucune disposition ou stipulation et a indiqué " je vous informe maintenir la décision d'obligation de quitter le territoire français () et refuse votre demande d'abrogation ". Ainsi, la décision contestée ne comporte pas les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, insuffisamment motivée.
26. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête dirigés contre cette décision, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 30 novembre 2022 refusant d'abroger l'arrêté du 24 octobre 2022.
Sur les autres conclusions :
27. Le présent jugement implique seulement, eu égard au motif sur lequel il se fonde, que la demande d'abrogation de M. B soit réexaminée. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, ou au préfet compétent au regard du lieu de résidence actuel de l'intéressé, de statuer à nouveau sur la demande de M. B dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
28. Enfin, les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie principalement perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par le requérant ou son conseil au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er:La décision du 30 novembre 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a refusé d'abroger l'arrêté du 24 octobre 2022 par lequel il a rejeté la demande de titre de séjour de M. B, lui a fait obligation de quitter le territoire français sous trente jours et a fixé le pays de renvoi est annulée.
Article 2:Il est enjoint au préfet de la Seine-Maritime ou au préfet compétent au regard du domicile actuel de l'intéressé, de réexaminer la demande d'abrogation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3:Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 4:Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Munkendi Ndonki et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 1er juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
MM. Bouvet et Mulot, premiers conseillers,
Assistés de M. Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.
Le rapporteur,
signé
Robin Mulot
La présidente,
signé
Anne Gaillard
Le greffier,
signé
Henry Tostivint
La République mande et ordonne au préfet de la région Normandie, préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
signé
S. Combes
N°2300081
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026