vendredi 10 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2300180 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | MUKENDI NDONKI |
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme C comme juge des référés ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-697 du 10 juillet 1991 :
- le code de justice administrative.
Après avoir régulièrement convoqué à une audience publique :
- le préfet de la Seine-Maritime ;
- Mme B.
Au cours de l'audience publique tenue le 8 février 2023 à 14 heures en présence de Mme Combes, greffière d'audience, Mme C a lu son rapport et entendu les observations de Me Mukendi Ndonki, pour Mme B, elle-même présente.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience à 14 heures 25.
Considérant ce qui suit :
1.En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre Mme D B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée relative à l'aide juridique.
2. Aux termes de l'article L. 552-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les lieux d'hébergement mentionnés à l'article L. 552-1 accueillent les demandeurs d'asile pendant la durée d'instruction de leur demande d'asile ou jusqu'à leur transfert effectif vers un autre Etat européen ". Selon l'article L. 551-11 du même code : " L'hébergement des demandeurs d'asile prévu au chapitre II prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin, dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2 ". L'article L. 552-15 dispose : " Lorsqu'il est mis fin à l'hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551-14, l'autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu'il soit enjoint à cet occupant sans titre d'évacuer ce lieu. / Le premier alinéa n'est pas applicable aux personnes qui se sont vues reconnaître la qualité de réfugié ou qui ont obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire. Il est en revanche applicable aux personnes qui ont un comportement violent ou commettent des manquements graves au règlement du lieu d'hébergement. / La demande est portée devant le président du tribunal administratif, qui statue sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et dont l'ordonnance est immédiatement exécutoire ". Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Il résulte de ces dispositions que, saisi par le préfet d'une demande tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile d'un demandeur d'asile dont la demande a été définitivement rejetée, le juge des référés du tribunal administratif y fait droit dès lors que la demande d'expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité.
4. Mme B, ressortissante nigériane, a sollicité le statut de réfugiée et a bénéficié, en qualité de demandeuse d'asile, d'un accueil dans les conditions prévues par les dispositions du code de l'action sociale et des familles au sein du centre d'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile (HUDA) COALLIA de Notre Dame de Bondeville à compter du 18 février 2020. La demande d'asile de Mme B et celle de son fils, né le 19 octobre 2019 à Rouen, ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 22 octobre 2021, puis par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 25 mars 2022. L'intéressée a été informée qu'elle devait quitter son lieu d'hébergement avant le 30 avril 2022 par courrier de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 1er avril 2022. Le préfet de la Seine-Maritime a mis Mme B en demeure de quitter les lieux dans un délai de trois semaines, par lettre du 18 mai 2022.
5. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que Mme B se maintient dans un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile alors que sa demande d'asile a été définitivement rejetée. La mesure d'expulsion sollicitée par le préfet ne se heurte donc à aucune contestation sérieuse sur ce point. La circonstance que l'intéressée serait " particulièrement exposée " dès lors qu'elle a porté plainte contre un réseau de prostitution et reçoit encore des menaces à ce jour n'est pas constitutive d'une contestation sérieuse, la situation décrite étant sans lien avec ses conditions d'hébergement. Si Mme B évoque également l'état de santé de son fils, qui a subi une intervention de chirurgie thoracique en juin 2020, il résulte de l'avis du collège des médecins de l'OFII rendu le 2 janvier 2023 que l'enfant nécessite une prise en charge médicale mais que l'éventuel défaut de celle-ci ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. La situation médicale du fils de A B n'est donc pas davantage constitutive d'une contestation sérieuse. Si l'intéressée soutient enfin que l'administration ne lui a pas proposé un hébergement d'urgence, elle n'établit pas, en tout état de cause, avoir sollicité quoi que ce soit.
6. En second lieu, le préfet établit que les lieux d'accueil pour demandeurs d'asile en Seine-Maritime sont globalement occupés à 99,4% au 30 octobre 2022 et à 99,8% s'agissant des centre d'hébergement d'urgence, soit le type de structure qui héberge Mme B, que 12,9% des occupants sont en " présence indue " et que 1781 personnes sont domiciliées auprès de la structure de premier accueil des demandeurs d'asile de Rouen car elles ne bénéficient pas d'un hébergement stable. Le préfet établit également que les taux d'occupation sont encore plus élevés au 31 décembre 2022. Dans ces conditions, il est suffisamment justifié que la libération des lieux occupés par Mme B présente un caractère d'urgence et d'utilité. Mme B ne peut, à cet égard, sérieusement soutenir que certaines des personnes domiciliées auprès de la structure de premier accueil des demandeurs d'asile de Rouen disposent d'un hébergement dans leur famille. S'il résulte effectivement des pièces du dossier que plusieurs mois ont séparé la mise en demeure de quitter les lieux du 18 mai 2022 de la saisine du Tribunal le 17 janvier 2023, ce délai, sur lequel le préfet s'explique, ne serait, en tout état de cause, eu égard aux éléments chiffrés qui viennent d'être rappelés, pas de nature à permettre de regarder comme non remplie à la date à laquelle la juge des référés statue la condition de l'urgence à ce que Mme B libère les lieux qu'elle occupe.
7. Toutefois, si la libération des lieux en cause présente ainsi un caractère d'urgence et d'utilité et ne se heurte à aucune contestation sérieuse, il y a lieu, pour permettre à Mme B de faire valoir son droit à un hébergement d'urgence, d'accorder un délai d'un mois avant la mise à exécution d'office de cette mesure.
8. Il résulte de tout ce qui précède que le préfet de la Seine-Maritime est fondé à demander d'ordonner la libération par Mme D B et tous occupants de son chef de l'appartement 207 situé 7 rue de la Paix, 76960 Notre Dame de Bondeville relevant du centre d'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile (HUDA) COALLIA.
9. Les dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse une somme au titre des frais liés à l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme D B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : ll est enjoint à Mme D B ainsi qu'à tous occupants de son chef, de libérer les lieux, relevant du centre d'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile (HUDA) COALLIA, occupés l'appartement 207, 7 rue de la Paix, 76960 Notre Dame de Bondeville.
Article 3 : Le préfet de la Seine-Maritime est autorisé à procéder, passé un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, avec le concours de la force publique si nécessaire, à l'expulsion de Mme D B ainsi que de tous occupants de son chef.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D B, à Me Joseph Mukendi Ndonki et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise au préfet de la Seine-Maritime, au procureur de la République près le Tribunal judiciaire de Rouen, et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Fait à Rouen, le 10 février 2023.
La juge des référés,
A. C
La greffière,
S. COMBES
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026