vendredi 27 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2300315 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GILLOTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 janvier 2023, M. B C, représentée par Me Gillotin, demande :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 23 janvier 2023 par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires Grand-Ouest aurait retiré une décision favorable à son détachement en qualité d'agent de police municipale de la commune de Mantes-la-Jolie ;
2°) d'enjoindre au ministre de la justice, de réexaminer sa situation dans le délai de dix jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte journalière de 50 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
' la condition tenant à l'urgence est satisfaite ;
' la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué est remplie dès lors que :
- cet acte n'est pas suffisamment motivé au sens de l'article L. 221-8 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'acte attaqué n'est pas suffisamment motivé au sens de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'acte attaqué ne peut être qualifié de décision confirmative d'une quelconque décision antérieure dès lors qu'il n'a été destinataire d'aucune décision ou prise de position défavorable à sa demande de détachement ;
- en l'absence de décision expresse notifiée, il était titulaire, deux mois après sa demande, d'une décision tacite autorisant son détachement en application de l'article L. 511-3 du code général de la fonction publique ;
- la lettre du 23 janvier 2023 devant donc s'analyser comme un retrait d'accord tacite, l'administration s'est méprise sur la portée de son recours en ayant estimé qu'elle se bornait à réitérer un avis défavorable à son détachement exprimé le 29 août 2022 mais sans qu'il en ait été destinataire ;
- la décision favorable tacitement acquise étant créatrice de droits et n'étant pas illégale, notamment dans la mesure où l'administration n'apporte pas la preuve de la nécessité de sa présence dans le service, elle ne pouvait être retirée en vertu de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. A comme juge des référés ;
- la requête, enregistrée le 26 janvier 2023 sous le n° 2300314, tendant, notamment, à l'annulation de l'acte attaqué ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " En vertu de l'article L. 522-3 du même code, lorsque, notamment, la demande ne présente pas un caractère d'urgence, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. En vertu de l'article R. 522-1 du même code, la requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit justifier de l'urgence de l'affaire.
2. M. C, surveillant au centre de détention de Val-de-Reuil, n'aurait pas été formellement destinataire de la lettre du 29 août 2022 adressée au maire de Mantes-la-Jolie par laquelle le ministre de la justice déclare émettre un avis défavorable à sa demande de détachement en qualité d'agent de police municipale. Par cette lettre, adressée à la commune d'accueil, intervenue moins de deux mois suivant la demande de détachement effectuée le 18 juillet 2022 et reçue le 19 juillet 2022 par l'administration pénitentiaire, l'employeur du requérant s'oppose sans équivoque au détachement demandé dans la fonction publique territoriale et mentionne clairement les motifs de ce refus, qui tiennent aux nécessités du service, au sous-effectif du personnel de surveillance et à la continuité du service public pénitentiaire. En dépit de sa dénomination, l'avis du 29 août 2022, quelles que soient les circonstances dans lesquelles il a été notifié, constitue une véritable décision de refus de détachement faisant grief à l'agent requérant. Par suite, cet avis du 29 août 2022 présente la nature d'une décision susceptible d'être déférée devant la juridiction administrative.
3. En vertu du premier alinéa de l'article L. 511-3 du code général de la fonction publique, le silence de l'administration gardé pendant deux mois à compter de la réception de la demande de détachement du fonctionnaire vaut acceptation de cette demande. Aucune décision implicite d'acceptation du détachement n'a pu, en l'espèce, apparaître à l'issue du délai de deux mois suivant la demande de détachement de M. C reçu par l'administration d'origine le 19 juillet 2022 dès lors que, ainsi qu'il est dit au point 2, elle s'est expressément prononcée sur cette demande par l'acte du 29 août 2022 attaqué, intervenu antérieurement à l'expiration du délai. A la supposer établie, la circonstance que le requérant ait eu connaissance de la décision explicite postérieurement à l'expiration du délai de deux mois imparti à l'administration pour se prononcer n'est pas de nature à modifier cette appréciation dès lors, d'une part, qu'il est constant que l'administration s'est prononcée sur les mérites de la demande avant la fin du délai de deux mois et, d'une autre part, que la connaissance tardive de la décision explicite aurait seulement pour effet de reporter le délai de recours contentieux à l'encontre de cette décision expresse. Par suite, en l'absence de décision implicite d'acceptation de la demande de détachement, M. C n'est pas recevable à demander l'annulation d'une décision, matériellement inexistante, de retrait d'une telle décision tacite.
4. La lettre du 23 janvier 2023, seule attaquée dans la présente instance, doit donc être regardée comme une décision de rejet du recours administratif formé par M. C contre la décision de refus de détachement du 29 août 2022. La décision du 23 janvier 2023 ne modifie pas par elle-même la situation statutaire de M. C, ni sa rémunération. Si la situation de sous-effectif du centre de détention de Val-de-Reuil n'est pas établie autrement que par l'affirmation de l'administration pénitentiaire portée sur les décisions qu'elle a prises, la réalité de cette situation n'est pas sérieusement contestée par le requérant qui se borne à rejeter la charge de la prouver sur son employeur. L'intéressé ne justifie pas l'étendue et l'urgence des besoins éprouvés par la commune de Mantes-la-Jolie pour renforcer ses effectifs de police municipale en faisant état d'un accord pour une prise en service le 1er février 2023 sans produire le moindre indice d'un échange, même informel, de consentements. Il n'apporte pas d'éléments sur la nécessité de compléter les effectifs de la commune par la voie du détachement d'agents de l'Etat. Aucune circonstance particulière tenant à la situation familiale, personnelle ou d'une autre nature n'est apportée au dossier, ni même évoquée. Dans ces conditions, la décision attaquée ne porte pas à la situation de M. C une atteinte suffisamment grave et immédiate rendant nécessaire le prononcé d'une mesure en référé sans attendre le jugement au fond. Par suite, la condition tenant à l'urgence à suspendre n'est pas remplie.
5. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander la suspension de l'exécution de la décision du 23 janvier 2023 par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires Grand-Ouest, en ayant rejeté son recours administratif, a confirmé la décision du 29 août 2022 de refus d'autoriser son détachement en qualité d'agent de police municipale de la commune de Mantes-la-Jolie, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C.
Copies-en sera transmise, pour information, au garde des sceaux, ministre de la justice et à la directrice interrégionale des services pénitentiaires Grand-Ouest.
Fait à Rouen, le 27 janvier 2023.
Le juge des référés,
Signé
P. A
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N. BOULAY
N°2300315
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026