jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2300511 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | BERNAILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 février 2023, Mme C A, épouse B, représentée par Me Bernaille, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 décembre 2022 par lequel le préfet de l'Eure a refusé de lui délivrer une carte de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Eure de restituer son passeport dans le délai de cinq jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte journalière de cinquante euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens ainsi que la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
' le refus de séjour :
- est entaché d'incompétence de son signataire ;
- méconnaît l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
- méconnaît le 4° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, plus généralement les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
' l'obligation de quitter le territoire français :
- est entachée d'incompétence de son signataire ;
- méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2023, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu :
- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative ;
- l'ordonnance du 12 avril 2023 fixant la clôture de l'instruction au 31 mai 2023 à 12 h ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention d'application de l'accord de Schengen, signée le 19 juin 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Minne, président de chambre,
- et les observations de Me Bernaille, pour Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante chinoise, entrée en Europe au cours du mois d'août 2013, s'est vu refuser l'asile, en dernier lieu par une ordonnance d'un président de formation de jugement de la Cour nationale du droit d'asile du 4 décembre 2014. Elle a demandé le 4 octobre 2022 la délivrance d'une carte de séjour en qualité de conjointe d'un ressortissant français après son mariage avec M. B, célébré le 16 juillet précédent. Cette demande a été rejetée par l'arrêté du 13 décembre 2022 du préfet de l'Eure attaqué. Cet arrêté contient une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixe le pays de son renvoi.
Sur le refus de séjour :
2. En premier lieu, en vertu de l'arrêté du 23 août 2022, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Eure n° spécial 27-2022-142 du même jour, le préfet de l'Eure a consenti une délégation de signature à Mme Isabelle Dorliat-Pouzet, secrétaire générale, pour prendre toutes décisions en toutes matières à l'exception de cinq au nombre desquelles ne figure pas la police spéciale des étrangers. Par suite, le moyen, dirigé contre la décision de refus de séjour contenue dans l'arrêté préfectoral du 13 décembre 2022, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la requérante ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions du 4° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, abrogées à la date de la décision attaquée. Ces dispositions ont été reprises à l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux termes duquel : " L'étranger, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. "
4. Mme B n'entrait pas dans les cas de dispense de déclaration d'entrée prévus par l'article R. 621-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la souscription de cette déclaration d'entrée était une condition de la régularité de son entrée en France. En l'espèce, munie d'un visa de court séjour délivré par les autorités autrichiennes, valable du 20 août 2013 au 18 septembre 2013, la requérante est arrivée à Vienne le 20 août 2013 et serait ensuite entrée en France le surlendemain. Toutefois, elle n'a pas souscrit la déclaration d'entrée en France à laquelle elle était astreinte dès lors qu'elle venait d'Autriche, Etat partie à la convention de Schengen. Par suite, ne justifiant pas d'une entrée régulière sur le territoire français, elle ne remplissait pas les conditions prévues par les dispositions précitées de l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour solliciter une carte de séjour en qualité de conjoint de Français. Le préfet pouvait donc légalement refuser l'admission au séjour de Mme B en cette qualité.
5. En troisième lieu, s'il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que le préfet de l'Eure a exercé son pouvoir discrétionnaire d'appréciation en envisageant l'éventualité d'une admission au séjour en raison de motifs exceptionnels, il n'a pas fait application des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au demeurant abrogées, et dont Mme B n'a pas demandé le bénéfice. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions actuellement applicables de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant.
6. En dernier lieu, les pièces du dossier permettent d'établir, comme le soutient la requérante, que sa durée de présence en France est significative ainsi que le révèle la procédure de demande d'asile menée au cours des années 2013 et 2014 et que la vie commune avec son M. B a débuté au cours de l'année 2016. Toutefois, elle n'a pas respecté l'obligation de quitter le territoire français prononcée par arrêté du préfet de police du 24 février 2015 et a donc entamé une vie maritale dans une situation administrative qu'elle savait incertaine. Le mariage est très récent à la date de la décision attaquée. Aucun obstacle à un retour dans son pays d'origine, pour la durée limitée à l'accomplissement des formalités nécessaires à son retour régulier, où réside son fils et où elle a elle-même vécu jusqu'à l'âge de 49 ans, n'est sérieusement invoqué. L'arrêté attaqué n'a, enfin, pas pour effet de rompre une quelconque situation professionnelle effective. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la mesure d'éloignement attaquée doit être écarté pour le motif énoncé au point 2.
8. En second lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les motifs énoncés au point 6.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 13 décembre 2022 par lequel le préfet de l'Eure a refusé de lui délivrer une carte de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés à l'instance et des dépens doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, épouse B et au préfet de l'Eure.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2023 à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
Mme Jeanmougin, première conseillère,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
Le président-rapporteur,
Signé
P. MINNEL'assesseure la plus ancienne,
Signé
H. JEANMOUGIN
Le greffier,
Signé
N. BOULAY
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
7.
8.
N°2300511
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026