vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2300610 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL EMMANUELLE BOURDON ET CELINE BART |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 février 2023 et 3 septembre 2023, Mme A B demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 novembre 2022 par lequel la présidente de l'Ecole Supérieure d'Art et de Design Le Havre-Rouen (ESADHaR) a prorogé son stage en tant qu'adjoint administratif pour une durée d'un an à compter du 1er octobre 2022, ensemble la décision du 4 janvier 2023 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à l'ESADHaR de procéder à sa titularisation à compter du 1er octobre 2022 ;
3°) de mettre à la charge de l'ESADHaR la somme de 1 000 euros à lui verser au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que l'arrêté attaqué :
- est entaché d'erreur de droit dès lors que son stage a été prorogé au motif qu'elle exerce ses fonctions à temps partiel alors qu'elle occupe un temps non complet ;
- est entaché d'erreur manifeste d'appréciation sur ses compétences professionnelles ;
- est entaché d'un détournement de procédure.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 juin 2023, 7 août 2023 et 12 octobre 2023, l'ESADHaR, représentée par la SELARL Emmanuelle Bourdon et Céline Bart, conclut au non-lieu à statuer, à titre subsidiaire au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à charge de Mme B la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur la requête compte-tenu de la démission de Mme B le 19 juin 2023 ;
- les autres moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n°2006-1690 du 22 décembre 2006 ;
- le décret n° 2004-777 du 29 juillet 2004 ;
- le décret n°92-1194 du 4 novembre 1992 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Favre,
- les conclusions de Mme Delacour, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bourdon, représentant l'ESADHaR.
Mme B n'était ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, employée par l'Ecole Supérieure d'Art et Design Le Havre-Rouen (ESADHaR) en qualité d'assistante de communication à compter du mois de septembre 2019 par la voie de contrats à durée déterminée successifs, a été recrutée en qualité d'adjoint administratif stagiaire à compter du 1er octobre 2021 pour une durée d'un an sur un temps non complet. Son stage a été prorogé pour une durée d'un an par l'arrêté attaqué du 9 novembre 2022, à l'encontre duquel elle a formé un recours gracieux le 6 décembre 2022, rejeté par décision du 4 janvier 2023. La requérante a sollicité sa démission par courrier du 19 juin 2023.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense :
2.Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le pourvoi formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
3. En l'espèce, l'ESADHaR fait valoir en défense que les conclusions de Mme B aux fins d'annulation dirigées contre la décision du 9 novembre 2022 de prorogation de son stage ont nécessairement perdu leur objet du fait de la démission de la requérante par courrier du 19 juin 2023 et de sa radiation des cadres, et, par suite, qu'il n'y a plus lieu d'y statuer. Toutefois, il est constant, d'une part, que ni l'une ni l'autre de ces décisions n'équivaut à un retrait ou à une abrogation à l'initiative de l'ESADHaR et, d'autre part, que la décision de prorogation de stage a en tout état de cause reçu exécution pendant la période où elle était en vigueur en différant la décision de l'autorité administrative sur la titularisation de la requérante. Ni sa démission ni sa radiation des cadres n'est venue modifier cette circonstance. Dès lors, celles-ci ne privent pas d'objet les conclusions aux fins d'annulation de la décision attaquée. Par suite, l'exception de non-lieu soulevée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes des dispositions de l'article 4 du décret 4 novembre 1992 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires stagiaires de la fonction publique territoriale : " La durée normale du stage et les conditions dans lesquelles elle peut éventuellement être prorogée sont fixées par les statuts particuliers des cadres d'emplois. / Sous réserve de dispositions contraires prévues par ces statuts et de celles résultant des articles 7 et 9 du présent décret, la durée normale du stage est fixée à un an. Elle peut être prorogée d'une période au maximum équivalente si les aptitudes professionnelles du stagiaire ne sont pas jugées suffisantes pour permettre sa titularisation à l'expiration de la durée normale du stage. () ". Aux termes des dispositions de l'article 7 du décret du décembre 2006 portant statut particulier du cadre d'emplois des adjoints administratifs territoriaux : " Les candidats recrutés en qualité d'adjoint administratif territorial sur un emploi d'une collectivité territoriale ou d'un établissement public d'une collectivité territoriale, ainsi que les candidats inscrits sur une liste d'aptitude au grade d'adjoint administratif territorial principal de 2e classe et recrutés sur un emploi d'une collectivité territoriale ou d'un établissement public d'une collectivité territoriale, sont nommés stagiaires par l'autorité territoriale investie du pouvoir de nomination pour une durée d'un an. () ". Aux termes de l'article 9 du décret précité : " A l'issue du stage, les stagiaires dont les services ont donné satisfaction sont titularisés par décision de l'autorité territoriale investie du pouvoir de nomination au vu notamment d'une attestation de suivi de la formation d'intégration établie par le Centre national de la fonction publique territoriale. / Les autres stagiaires peuvent, sur décision de l'autorité territoriale, être autorisés à effectuer un stage complémentaire d'une durée maximale d'un an. Si le stage complémentaire a été jugé satisfaisant, les intéressés sont titularisés. () ". Il incombe alors à l'autorité chargée du pouvoir de nomination d'apprécier en fin de stage l'aptitude d'un stagiaire à l'emploi pour lequel il a été recruté.
5. Au regard des termes de l'arrêté attaqué et du rejet du recours gracieux formé par Mme B, l'ESADHaR a considéré, pour proroger son stage d'une durée d'un an, que les conditions n'étaient pas réunies pour engager l'autorité pour la titularisation de l'intéressée en l'absence d'éléments permettant d'apprécier la réalité des services effectués et de déterminer si cette période de stage a donné satisfaction. L'établissement n'invoque toutefois aucune circonstance particulière faisant obstacle à l'évaluation de l'agent alors même que sa responsable hiérarchique a proposé aux ressources humaines de l'établissement, par messages des 1er septembre 2022 et 15 septembre 2022, qu'elle se tenait à disposition pour fournir les éléments nécessaires au regard de la titularisation de l'intéressée. Dans ces conditions, en s'abstenant de porter une appréciation sur les aptitudes professionnelles de Mme B afin de déterminer si elle donnait entière satisfaction dans l'exercice de ses fonctions, l'ESADHaR a entaché sa décision d'erreur de droit.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 9 novembre 2022 par lequel la présidente de ESADHaR a prorogé son stage ainsi que la décision du 4 janvier 2023 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint à l'ESADHaR à de procéder à un réexamen de la situation de Mme B, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'ESADHaR la somme demandée par Mme B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dès lors que celle-ci, n'étant pas représentée dans la présente instance, ne justifie pas avoir exposé des frais dans le cadre de l'introduction de la présente instance. Les conclusions présentées au même titre par l'ESADHaR doivent être rejetées, Mme B n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 9 novembre 2022 de la présidente de l'ESADHaR ainsi que la décision du 4 janvier 2023 rejetant le recours gracieux de Mme B sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à l'ESADHaR de réexaminer la situation de Mme B dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Ecole Supérieure d'Art et de Design Le Havre-Rouen (ESADHaR).
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Van Muylder, présidente,
- M. Cotraud, premier conseiller,
- Mme Favre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
La rapporteure,
L. FAVRE
La présidente,
C. VAN MUYLDER Le greffier,
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026