LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2300626

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2300626

jeudi 2 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2300626
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique
Avocat requérantMERHOUM AMINA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 et 27 février 2023, M. F, représenté par Me Merhoum-Hammiche, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 6 février 2023, notifié le 16 février 2023, par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.

Il soutient que :

- l'arrêté est entaché d'incompétence ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il a été pris en méconnaissance de son droit d'être entendu et du principe du contradictoire ;

- il a été pris à la suite d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas pu formuler d'observations écrites, ni été mis en mesure de contacter un avocat ;

- une copie des décisions ne lui a pas été remise lors de leur notification ;

- l'arrêté ne tient pas compte de sa situation personnelle ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 février 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête au motif que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les observations de Me Marhoum-Hammiche, avocate commise d'office, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens, en précisant que la décision fixant le pays de renvoi est entachée d'un défaut d'examen dès lors que M. B ne dispose plus d'aucune attache dans son pays d'origine, l'Angola ;

- et les observations de M. B, qui fait valoir qu'il n'a aucun lien en Angola, a vécu la majeure partie de sa vie en France et qu'il a toujours entretenu des liens avec ses enfants malgré sa détention.

Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent ni représenté.

En application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, la clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant angolais, né le 20 mai 1992 à Luanda, a été placé en détention le 12 décembre 2022, à la suite de la condamnation pénale prononcée à son encontre par le tribunal judiciaire de Rouen du 12 décembre 2022 à une peine de quatre mois d'emprisonnement. Par l'arrêté attaqué du 6 février 2023, le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 19 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'avocat commis d'office ou désigné d'office dans les cas prévus par la loi peut saisir le bureau d'aide juridictionnelle compétent au lieu et place de la personne qu'il assiste ou qu'il a assistée. ". Aux termes de l'article 20 de la même loi : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Par ailleurs, aux termes de l'article 80 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " Sans préjudice de l'application des articles 64-1 et 64-3 de la loi du 10 juillet 1991 (), l'avocat () commis d'office, désigné d'office, ou désigné sur demande du prévenu ou de la victime est valablement désigné au titre de l'aide juridictionnelle ou de l'aide à l'intervention de l'avocat si la personne pour le compte de laquelle il intervient remplit les conditions d'éligibilité à l'aide. ".

3. Il appartient à l'avocat désigné d'office qui entend obtenir le versement à son profit de la somme mise à la charge de la partie perdante de formuler expressément, au besoin dans ses écritures, une demande tendant à l'attribution de l'aide juridictionnelle à son client si celui-ci ne l'a pas fait. Le juge ne peut décider que les sommes mises à la charge de la partie perdante seront versées à cet avocat dans les conditions prévues à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sans avoir, au préalable, admis son client au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991, sans préjudice de la décision définitive du bureau d'aide juridictionnelle.

4. M. B, bénéficiant de l'assistance de l'avocat de permanence, a sollicité dans ses écritures, son admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle. L'intéressé doit ainsi être regardé comme ayant présenté, par l'intermédiaire de son avocat, une demande tendant à l'attribution de l'aide juridictionnelle. Dans ces conditions, eu égard à l'urgence qui s'attache au litige, il y a lieu de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :

5. En premier lieu, par arrêté n° 23-033 du 30 janvier 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Seine-Maritime du même jour et librement accessible, le préfet de la Seine-Maritime a donné délégation à M. G D, directeur des migrations et de l'intégration, pour signer les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté ne peut qu'être écarté.

6. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les textes dont il fait application, expose de la situation personnelle de M. B, en précisant notamment sa condamnation pénale et sa situation administrative. En outre, l'interdiction de retour sur le territoire français vise l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il ne justifie pas de liens intenses en France, qu'il représente une menace pour l'ordre public et a fait l'objet le 10 janvier 2022 d'une précédente mesure d'éloignement à laquelle il n'a pas déféré, s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français. L'arrêté énonçant ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde pour permettre au requérant de comprendre les motifs des décisions contestées, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit par suite être écarté.

7. En troisième lieu, il ressort du procès-verbal d'audition produit au dossier que le requérant a été interrogé, préalablement à la décision contestée, par les services de police le 23 janvier 2023, sur sa situation administrative, personnelle et familiale en France ainsi que dans son pays d'origine, de même que sur sa situation professionnelle, et a été invité à s'exprimer sur la perspective d'un éloignement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu et du principe du contradictoire doit être écarté.

8. En quatrième lieu, si M. B fait valoir qu'il n'a pas été destinataire d'une copie des décisions en litige, il a été en capacité de produire l'arrêté du 6 février 2023 comportant l'ensemble des décisions contestées lors de l'introduction de sa requête, enregistrée le 16 février 2023. En tout état de cause, cette circonstance, à la supposée même établie, est sans incidence sur la légalité de ces décisions. Par suite, ce moyen doit être écarté.

9. En cinquième lieu, aucune règle ni aucun principe n'impose au préfet de mettre à même l'étranger, à l'encontre duquel elle entend adopter une obligation de quitter le territoire français, fixer le pays de renvoi ou prononcer une interdiction de retour sur le territoire français, de solliciter le concours d'un avocat avant l'adoption de sa décision. Ce moyen ne peut dès lors qu'être écarté.

10. En sixième lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet s'est fondé, pour fonder les décisions contestées, sur la circonstance que M. B ne justifie pas de liens étroits en France, ni d'insertion professionnelle et qu'il constitue une menace à l'ordre public. La décision précise également que M. B, de nationalité angolaise, n'établit pas qu'il serait soumis à des tortures ou à des traitements inhumains en cas de retour dans son pays d'origine. Ainsi, en prenant les décisions contestées, et notamment en fixant comme pays de renvoi, son pays d'origine, mais également tout pays dans lequel il serait légalement admissible, le préfet a procédé à un examen particulier de sa situation. Par suite, ce moyen doit être écarté.

11. En septième lieu, il ressort des pièces du dossier que, malgré la présence de sa famille en France, M. B ne justifie pas des liens qu'il entretiendrait avec eux, ni d'une particulière insertion sociale et professionnelle. En outre, l'intéressé qui, eu égard aux multiples condamnations dont il a fait l'objet, constitue une menace à l'ordre public, a par ailleurs fait l'objet d'une mesure d'éloignement à laquelle il n'a pas déféré. Dans ces conditions, et alors même qu'il ne disposerait plus d'attaches en Angola, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas entaché les décisions contestées d'erreur manifeste d'appréciation.

12. En dernier lieu, l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

13. M. B se prévaut de sa présence en France depuis 2002, où résident ses deux enfants mineurs, ainsi que ses parents et les membres de sa fratrie, et être lié à sa compagne par un pacte civil de solidarité. Toutefois, M. B ne justifie pas, en produisant quelques attestations non circonstanciées ainsi que le rapport des appels téléphoniques durant son incarcération entre 2019 et 2022, qu'il entretient des liens étroits et réguliers avec les membres de sa famille qui résident à Angers. En outre, M. B, contrairement à ce qu'il déclare, n'apporte pas d'éléments suffisants de nature à établir qu'il réside habituellement en France depuis qu'il a atteint l'âge de treize ans. Si le requérant produit par ailleurs des bulletins de paie établis en 2017 et 2019, ces éléments, eu égard en particulier à leur ancienneté, ne saurait suffire pour caractériser une insertion professionnelle durable. Il ressort également des pièces du dossier que M. B a notamment été condamné en 2013 à une peine de trois mois d'emprisonnement pour menace de crime ou de délit contre les personnes ou les biens à l'encontre d'une personne dépositaire de l'autorité publique, en 2017 à une peine de dix mois d'emprisonnement assortie d'une mise à l'épreuve de deux ans pour des faits de violence par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, et en 2019 à une peine de deux ans d'emprisonnement pour récidive de faits de violence par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité. Ainsi, en prenant les décisions contestées, le préfet n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts en vue desquelles elles ont été prises. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

14. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 6 février 2023 du préfet de la Seine-Maritime.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Merhoum-Hammiche et au préfet de la Seine-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mars 2023.

La magistrate désignée,

Signé :

H. C

La greffière,

Signé :

M. ELa République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions