lundi 20 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2300670 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 1 |
| Avocat requérant | DEMIR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 février 2023, un mémoire en production de pièces du 7 mars 2023 et un mémoire du 7 mars 2023, M. B A, représenté par Me Demir, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 février 2023 par lequel le préfet de l'Eure lui a refusé un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer, dans le délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, un titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
Le refus de séjour :
- n'est pas suffisamment motivé ;
- a été pris sans examen de sa situation personnelle ;
- méconnait l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
L'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination :
- sont illégales dès lors que le refus de titre de séjour est lui-même entaché d'illégalité ;
- sont illégales pour les mêmes motifs que ceux invoqués contre le refus de titre de séjour ;
- méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 mars 2023, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- le courrier du 3 mars 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de fonder son jugement sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre un refus de titre de séjour qui n'existe pas.
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Mme Jeanmougin, magistrate désignée, a présenté son rapport au cours de l'audience publique du 9 mars 2023 à laquelle aucune des parties n'étaient ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, de nationalité turque, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 6 février 2023 par lequel le préfet de l'Eure lui aurait refusé un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement.
Sur le refus de titre de séjour :
2. Il résulte clairement de l'arrêté du 6 février 2023 en litige que le préfet de l'Eure, qui n'était au demeurant saisi d'aucune demande de titre de séjour, n'a pas refusé à M. A un titre de séjour mais l'a seulement obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A n'est donc pas recevable à demander l'annulation d'une prétendue décision de refus de titre de séjour qui n'existe pas.
Sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination :
3. En premier lieu, les décisions en litige comportent les considérations de droit et de fait sur lesquelles elles sont fondées, notamment l'entrée et le séjour irréguliers de M. A en France et sa nationalité. Elles sont donc suffisamment motivées.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation personnelle de M. A n'aurait pas fait l'objet d'un examen complet et approfondi avant l'édiction des décisions querellées.
5. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 2 qu'aucun refus de titre de séjour n'a été pris à l'encontre de M. A. Le requérant ne peut dès lors utilement arguer, à l'encontre des décisions en litige, qu'elles sont dépourvues de base légale au motif qu'elles seraient fondées sur un refus de titre de séjour lui-même entaché d'illégalité.
6. En dernier lieu, si M. A soutient résider en France depuis trois ans, il a admis lors de son audition par les services de police du 6 février 2023 qu'il était entré une première fois le 5 octobre 2020 et qu'il avait quitté la France en décembre 2021 après le rejet de sa demande d'asile et qu'il était de nouveau entré sur le territoire en juillet 2022. Il ne démontre pas, par la seule attestation qu'il produit, qui indique qu'il est hébergé depuis trois mois, entretenir une relation stable avec une ressortissante française. Il ne démontre pas travailler ni avoir les ressources nécessaires à sa subsistance et ne conteste pas avoir une promesse d'embauche établie sous réserve de la régularisation de sa situation. Il n'a pas demandé la délivrance d'un titre de séjour depuis son entrée de juillet 2022. Il ne fait état d'aucune insertion sociale particulière en France et n'est pas dépourvu de toute attache en Turquie où il a vécu la majeure partie de sa vie et où réside son père. Dès lors, en obligeant M. A à quitter le territoire français à destination de son pays d'origine, le préfet n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni commis d'erreur manifeste d'appréciation.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas recevable à demander l'annulation d'un refus de titre de séjour qui n'existe pas et n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 6 février 2023 par lequel le préfet de l'Eure l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des frais d'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de l'Eure.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2023.
La magistrate désignée,
H. CLa greffière,
F. HAY
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026