jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2300693 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | SINOIR AURELIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête sommaire et des mémoires complémentaires, enregistrés le 18 février 2023, le 5 mars 2023, le 22 mars 2023 et le 18 mai 2023, M. A B, représenté par Me Sinoir, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions, contenues dans l'arrêté du 16 septembre 2022, par lesquelles le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- sa requête est recevable, dès lors que le problème d'acheminement qu'a rencontré le pli contenant l'arrêté du 16 septembre 2022 ne lui est pas imputable ;
- il justifie à cet égard avoir reçu plusieurs courriers à l'adresse à laquelle ce pli lui a été adressé, au cours de la période où il a été expédié par les services de la préfecture ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 423-1 et L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en tant qu'il fixe l'Iran comme pays de destination ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive, dès lors que le pli contenant l'arrêté du 16 septembre 2022 a été expédié le 19 septembre 2022 et a été retourné le 21 septembre 2022 avec la mention " destinataire inconnu à l'adresse " ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative ;
- la décision du 18 janvier 2023 par laquelle M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
- l'ordonnance du 12 avril 2023 fixant la clôture de l'instruction au 31 mai 2023 à 12h ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Vaillant, conseiller,
- et les observations de Me Sinoir, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant iranien né le 7 octobre 1992, déclare être entré en France le 28 mai 2018, afin d'y solliciter l'asile. Sa demande de protection internationale a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) par une décision du 26 mars 2019, qui n'a pas été remise en cause par la Cour nationale du droit d'asile par un arrêt du 5 octobre 2020. La demande de réexamen de cette demande d'asile a été rejetée pour irrecevabilité par l'OFPRA le 7 janvier 2021. Par un arrêté du 23 octobre 2020, le préfet de la Seine-Maritime a obligé M. B à quitter le territoire français et, par un arrêté du 9 juin 2021, il lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Le 28 juillet 2022, M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjoint d'un ressortissant français. Il demande l'annulation des décisions, contenues dans l'arrêté du 16 septembre 2022, par lesquelles le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur la fin de non-recevoir :
2. L'arrêté attaqué a été expédié par les services de la préfecture de la Seine-Maritime le 19 septembre 2022, par lettre recommandée avec demande d'accusé de réception, à la dernière adresse connue de M. B, à savoir rue Paul Foliot, bâtiment Charles Gounod, 76140 Le Petit-Quevilly. Ce pli a été retourné à son expéditeur assorti de la mention " destinataire inconnu à l'adresse ". Cependant, il ressort des pièces du dossier que M. B recevait à cette adresse, qui est celle du domicile commun avec son époux figurant sur leur acte de mariage du 15 juillet 2012, dans les mois qui ont précédé ainsi que dans les mois qui ont immédiatement suivi l'expédition de l'arrêté litigieux, des courriers adressés tant aux deux noms des époux qu'à son nom propre. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué ne saurait être regardé comme ayant été régulièrement notifié à la date de son expédition. Le délai de recours ouvert contre les décisions qu'il comporte demeurait ouvert à la date d'enregistrement, le 18 février 2023, de sa requête sommaire. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête, opposée par le préfet de la Seine-Maritime en défense, doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. "
4. M. B a épousé, le 15 juillet 2022, M. C, ressortissant français, avec qui il justifie entretenir une relation depuis le courant de l'année 2021 et résider depuis le début de l'année 2022. Il justifie également de son insertion au sein de sa belle-famille, dont les membres font état par des attestations circonstanciées. Le requérant fait, par ailleurs, état d'éléments relatifs aux risques encourus par les personnes homosexuelles en Iran où cette orientation sexuelle fait l'objet d'une pénalisation allant jusqu'à la peine de mort et où des condamnations pour ce crime étaient toujours prononcées et exécutées jusqu'à la date de la décision attaquée, justifiant d'ailleurs des prises de positions et dénonciations officielles des autorités françaises et européennes. Ainsi, si la relation de M. B avec son époux, et à plus forte raison leur mariage, étaient récents à la date de la décision attaquée, l'intéressé justifie d'obstacles sérieux à un retour dans son pays d'origine afin d'y solliciter la délivrance d'un visa de long séjour en qualité de conjoint d'un ressortissant français. Par conséquent, dans les conditions très particulières de l'espèce, en ayant refusé de délivrer à M. B un titre de séjour, le préfet de la Seine-Maritime a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée eu égard aux buts poursuivis par cette décision. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision portant refus de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision, contenue dans l'arrêté du 16 septembre 2022, par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour et, par voie de conséquence, des décisions, contenues dans le même arrêté, portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'annulation des décisions attaquées, eu égard au motif qui la fonde, implique nécessairement que le préfet territorialement compétent délivre à M. B une carte de séjour temporaire, dans un délai qu'il y a lieu de fixer à deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Sinoir, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Sinoir de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions, contenues dans l'arrêté du 16 septembre 2022, par lesquelles le préfet de la Seine-Maritime a refusé de délivrer à M. B un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Sinoir la somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Sinoir renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Aurélie Sinoir et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
Mme Jeanmougin, première conseillère,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
Le rapporteur,
Signé :
A. LE VAILLANT
Le président,
Signé :
P. MINNELe greffier,
Signé :
N. BOULAY
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N. BOULAY
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026