mardi 28 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2300732 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | SOUTY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 février 2023, M. C B, représenté par Me Souty, demande au tribunal :
- de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
- d'annuler l'arrêté du 20 février 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
- d'annuler l'arrêté du 20 février 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence ;
- d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
- de mettre à la charge de l'Etat représenté par le préfet, et au bénéfice de Me Souty, la somme de 1 200 euros en application des articles 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
M. B soutient que
les arrêtés attaqués :
sont insuffisamment motivés ;
procèdent d'une erreur manifeste d'appréciation ;
l'obligation de quitter le territoire français :
méconnaît le principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu ;
est entachée d'un défaut d'examen particulier et complet de sa situation ;
l'assignation à résidence est entachée d'une erreur de droit et de disproportion manifeste.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code des relations entre le public et l'administration ;
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A comme juge du contentieux des décisions relatives à l'éloignement et à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter et VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir au cours de l'audience publique du 24 février 2023, présenté son rapport et entendu les observations orales de Me Souty, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.
Le préfet n'étant ni présent ni représenté.
L'instruction étant close à l'issue de l'audience en application de l'article R.776-26 du code de justice administrative.
1. M. C B, ressortissant guinéen né le 13 mai 1983 à Boke, est entré sur le territoire français en 2017. Sa demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA le 27 décembre 2017, décision confirmée par la CNDA le 15 février 2019. Par arrêté en date du 1er mars 2019, le préfet de la Seine-Maritime a pris à son encontre une décision portant obligation de quitter le territoire français avec un délai de départ de trente jours. M. B s'est maintenu sur le territoire français, et par un arrêté du 10 août 2021, le préfet de la Seine-Maritime a pris à son encontre un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ, lui interdisant tout retour en France pour une durée de deux ans. Le 29 septembre 2021, le magistrat désigné du tribunal de céans a rejeté le recours de M. B contre cet arrêté. Par un jugement du 20 juin 2022, le magistrat désigné de ce tribunal a annulé l'arrêté du 9 juin 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime avait prolongé l'interdiction de retour de M. B sur le territoire français pendant deux ans. Par les arrêtés attaqués du 20 février 2023, le préfet de la Seine-Maritime a, d'une part, obligé le requérant à quitter sans délai le territoire français, fixé le pays de renvoi et lui a interdit tout retour en France pour une durée de deux ans, et, d'autre part, l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté portant mesure d'éloignement, pays de renvoi et interdiction de retour en France :
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B réside habituellement sur le territoire national depuis septembre 2017, soit depuis plus de cinq années à la date des arrêtés en litige, que sa relation avec une ressortissante française depuis juin 2019 est suffisamment établie par les pièces nombreuses et concordantes versées dans le cadre de la présente instance, ressortissante française avec laquelle il réside à Sotteville-lès-Rouen depuis le mois de février 2021, désormais sous le régime d'un pacte civil de solidarité en date du 13 décembre 2022, et que son degré d'insertion dans la société française est suffisamment établi par la densité de sa vie privée et familiale, son engagement associatif et l'exercice d'une profession que sa situation actuelle ne permet de régulariser. Dès lors, dans les circonstances particulières de l'espèce, le préfet de la Seine-Maritime doit être regardé comme ayant entaché la mesure d'éloignement attaquée d'un défaut d'examen particulier et sérieux de la situation du requérant. Par suite, M. B est fondé à en demander l'annulation, ainsi que, par voie de conséquences, de celles fixant le pays de renvoi, l'interdiction de retour en France, et de l'arrêté portant assignation à résidence.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
4. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance (), et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ". En application de ces dispositions, le présent jugement, qui fait droit aux conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français présentées par M. B, implique nécessairement qu'une autorisation provisoire de séjour lui soit remise jusqu'à ce que l'administration ait réexaminé sa situation dans le délai de deux mois. Il y a lieu, d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de remettre cette autorisation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
5. L'avocat de M. B peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Souty renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Souty de la somme de 900 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire est accordé à M. B.
Article 2 : Les arrêtés en date du 20 février 2023 par lesquels le préfet de la Seine-Maritime a obligé M. B à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux années, ainsi qu'une assignation à résidence, sont annulés.
Article 3 : Le préfet de la Seine-Maritime réexaminera la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Une autorisation provisoire de séjour sera remise à M. B dans le délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, jusqu'à ce que l'administration ait à nouveau statué sur son cas.
Article 4 : Sous réserve que Me Souty renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, l'Etat versera au conseil de M. B la somme de 900 euros au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Souty et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par la mise à disposition au greffe le 28 février 2023.
Le magistrat désigné,
C. A
La greffière,
A. LENFANT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026