mardi 28 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2300762 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | MARY-INQUIMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 février 2023, M. A B, représenté par Me Inquimbert, demande au tribunal :
- d'annuler l'arrêté du 19 octobre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
- d'annuler l'arrêté du 20 février 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a interdit tout retour en France pendant deux ans ;
- d'annuler l'arrêté du 20 février 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
- d'enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de séjour valable un an dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans le même délai et de lui remettre une autorisation provisoire de séjour dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, également sous astreinte de 100 euros ;
- de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 600 euros à la Selarl Mary-Inquimbert en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, cette condamnation valant renonciation à la part contributive de l'Etat et, à titre subsidiaire, le versement de la somme de 900 euros directement à son bénéfice sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
la décision lui refusant un titre de séjour :
- est insuffisamment motivée ;
- la procédure est entachée d'irrégularité faute pour l'administration de produire l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;
- méconnaît les articles L. 425-9 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
l'obligation de quitter le territoire français :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine préalable du collège de médecins de l'OFII ;
- est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- méconnaît le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
la décision fixant le pays de renvoi :
- ne respecte pas le principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu ;
- est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
l'interdiction de retour sur le territoire français :
- ne respecte pas le principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu ;
- est entachée d'un défaut de base légale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
l'assignation à résidence :
- ne respecte pas le principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un défaut de base légale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- est entachée d'une erreur de droit quant à l'application de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires enregistrés les 23 et 24 février 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 30 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les observations de Me Vercoustre, représentant M. B, qui reprend les conclusions et moyens exposés dans la requête.
Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent ni représenté.
En application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, la clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B est un ressortissant sénégalais né en 1991, entré en France en décembre 2017, dont la demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA et la CNDA respectivement les 9 mai 2018 et 9 novembre 2018. Par un arrêté du 19 octobre 2022, le préfet de le Seine-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour introduite le 21 décembre 2021, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par deux arrêtés du 20 février 2023, le même préfet a, d'une part, prononcé à son encontre une interdiction de retour en France d'une durée de deux années et, d'autre part, l'a assigné à résidence pendant quarante-cinq jours. M. B demande l'annulation de ces trois arrêtés.
Sur l'étendue du litige :
2. Conformément aux dispositions de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, il n'appartient pas au magistrat désigné, saisi selon la procédure prévue aux articles R. 776-14 et suivants du même code, de se prononcer sur la légalité de la décision par laquelle l'autorité préfectorale refuse de délivrer un titre de séjour à un étranger. En conséquence, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 19 octobre 2022 par laquelle le préfet a refusé d'accorder un titre de séjour au requérant sont renvoyées devant une formation collégiale de jugement. Il en va de même des conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte qui en sont l'accessoire, ainsi que de la demande relative aux frais d'instance.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
3. Il ressort des pièces suffisamment nombreuses versées au dossier que M. B, qui réside en France depuis 2017 où il a retrouvé sa mère qui y séjourne en situation régulière, a travaillé dès le mois d'août 2018 dans le domaine de l'hôtellerie à Paris. Le requérant exerce actuellement, et ce depuis juillet 2022, en qualité de valet de chambre au sein d'un hôtel parisien du neuvième arrondissement, ainsi qu'en atteste son dernier bulletin de salaire daté de janvier 2023, d'un montant net de 1497,42 euros. La circonstance qu'il dispose d'un emploi à Paris est à cet égard sans incidence sur celle relative à son logement au Havre, ainsi qu'en atteste la ressortissante française qui l'héberge rue Hugues Le Roux, ville où son état de santé fait l'objet d'un suivi régulier au sein du groupe hospitalier du Havre. Dès lors, dans les circonstances particulières de l'espèce, le préfet de la Seine-Maritime doit être regardé comme ayant porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. B, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, nonobstant la présence, dans son pays d'origine, de son enfant et de la mère de ce dernier, auxquels il demeure lié. Par suite, M. B est fondé, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, à demander l'annulation de la mesure d'éloignement du 19 octobre 2022 ainsi que, par voie de conséquence, de celle fixant le pays de destination et celles du 20 février 2023 prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et l'assignant à résidence pendant quarante-cinq jours.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance (), et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ". En application de ces dispositions, le présent jugement, qui fait droit aux conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français présentées par M. B, implique nécessairement qu'une autorisation provisoire de séjour lui soit remise jusqu'à ce que l'administration ait réexaminé sa situation. Il y a lieu, d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de remettre cette autorisation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 19 octobre 2022 du préfet de la Seine-Maritime est annulé en tant qu'il a obligé M. B à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé.
Article 2 : L'arrêté du 20 février 2023, par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prononcé à l'encontre de M. B une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, est annulé.
Article 3 : L'arrêté du 20 février 2023, par lequel le préfet de la Seine-Maritime a assigné M. B à résidence pendant quarante-cinq jours, est annulé.
Article 4 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de délivrer à M. B une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'à ce que l'administration ait réexaminé sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 5 : Les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour, et les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte en tant qu'elles s'y rattachent, sont renvoyées devant une formation collégiale du tribunal administratif de Rouen.
Article 6 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Inquimbert et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023.
Le magistrat désigné,
C. C La greffière,
A. LENFANT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 230076
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026