jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2300763 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | LEROY Magali |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 février 2023 et 20 avril 2023, M. A B, représenté par Me Leroy, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 décembre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à défaut, de réexaminer son admission au séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et, en tout état de cause, de lui remettre un document de séjour l'autorisant à travailler, au plus tard dans un délai de huit jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros hors taxes à verser à Me Leroy au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge, pour Me Leroy, de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
La décision portant refus de séjour :
- est entachée d'un défaut de base légale pour refus d'instruction de sa demande ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 144-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- méconnaît les principes du contradictoire, du droit d'accès aux informations et du droit d'être entendu, ainsi que les dispositions des articles L. 311-2 et L. 311-3 du code des relations entre le public et l'administration ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles 811-2 et 47 du code civil ;
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
Les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de sa destination :
- sont entachées d'un défaut de motivation ;
- sont entachées d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- sont illégales en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- méconnaissent le droit à une bonne administration ainsi que les droits de la défense ;
- ont été prises en violation des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- ont été prises en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de la jurisprudence Diaby ;
- sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de leurs conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 février 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 janvier 2023 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Rouen.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thielleux,
- et les observations de Me Leroy, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant guinéen né le 1er juillet 2003 à Boké, serait entré sur le territoire français au mois de juillet 2018 et a été placé, par un jugement du 30 octobre 2018 de la juge des enfants du tribunal de grande instance de Rouen, auprès des services de l'aide sociale à l'enfance. Par jugement du 7 février 2019, la juge des tutelles mineurs du même tribunal a ouvert une tutelle concernant M. B et a désigné le président du conseil départemental de la Seine-Maritime en qualité de tuteur de l'intéressé. Par un courrier du 26 avril 2021, complété par un courrier du 2 mai 2022, M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 435-3 et L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 2 décembre 2022, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française. ". Aux termes de l'article R. 431-10 de ce code : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; () ". Aux termes de l'article R. 811-2 du même code : " Lorsqu'un étranger présente une demande de visa pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois en se prévalant d'un acte d'état civil pour lequel il existe un doute sérieux sur son authenticité, les autorités diplomatiques et consulaires sursoient à statuer sur cette demande pendant une période maximale de quatre mois, qui suspend le délai d'instruction de la demande. () ".
3. Par ailleurs, l'article L. 111-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit, en son premier alinéa, que la vérification des actes d'état civil étrangers doit être effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. L'article 47 du code civil dispose quant à lui que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. () ".
4. Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties.
5. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conséquences à tirer de la production par l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée par principe à de tels documents.
6. En l'espèce, à l'appui de sa demande de titre de séjour, M. B a produit, afin de justifier de son état civil, un extrait du registre de transcription d'un jugement supplétif n° 1235 d'acte de naissance du 26 avril 2021, transcrit sous le n° 1147/BEC/CU/BOK/2021 le 6 mai 2021, ledit jugement supplétif n° 1235 du 26 avril 2021 tenant lieu d'acte de naissance, ainsi qu'un passeport. Ces documents indiquent que l'intéressé est né le 1er juillet 2003. Pour remettre en cause l'identité et l'âge de M. B, le préfet de la Seine-Maritime produit pour les deux premiers de ces documents les analyses techniques réalisées le 21 octobre 2022 par les services de cellule " fraude documentaire " de la direction interdépartementale de la police aux frontières du Havre.
7. S'agissant de l'extrait du registre de transcription, celui-ci a été considéré comme " irrégulier ". A cet égard, les analyses produites relèvent que les mentions pré-imprimées de ce document ne sont pas parfaitement alignées et centrées, ce qui n'est pas conforme, et que le timbre du ministère des affaires étrangères sec est partiellement illisible, ce qui n'est pas non plus conforme. Toutefois, l'extrait du registre de transcription ne constitue qu'une retranscription du jugement supplétif lui-même, délivré lors de la transcription au registre de l'état civil de ce jugement. En outre, cette appréciation, reprise à son compte par le préfet de la Seine-Maritime pour dénier toute valeur probante à ce document est sérieusement combattue par le requérant, qui soutient sans être contredit qu'aucune aucune règle n'impose que les en-têtes d'un tel document doivent être centrées ou alignées et que ce document a été légalisé, cette légalisation n'étant pas remise en cause par les services préfectoraux. Il soutient également sans être sérieusement contredit que cette non-conformité purement formelle n'est pas de nature à remettre en cause les informations relatives à son état civil y figurant. La circonstance que le timbre sec figurant sur cet extrait du registre de transcription serait partiellement illisible ne suffit pas davantage à rendre inauthentique les mentions de l'acte concernant l'identité et l'âge de l'intéressé.
8. S'agissant du jugement supplétif en lui-même, celui-ci a été considéré comme " falsifié par apposition d'un timbre contrefait ". Si l'analyse des services de la police aux frontières relève que le timbre sec est présent mais qu'une partie est illisible et que le timbre humide du chef du greffe, présent à deux reprises, comporte une erreur dans les mentions (" Chef du Greffé " au lieu de " Chef du Greffe "), le requérant soutient toutefois sans être sérieusement contredit qu'il ne s'agit pas d'une erreur dans le tampon mais d'un simple point résultant de la manière dont le tampon a été apposé, les autres mots figurant dans les tampons présents sur ce jugement et comportant la lettre " é " ne présentant au demeurant pas les mêmes caractéristiques. Les services de la police aux frontières ont en outre relevé que la légalisation était présente sans relever de non-conformité la concernant. Aucune des deux irrégularités ainsi relevées s'agissant de ce jugement supplétif, qui n'ont pas conduit à considérer que " les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ", au regard de l'article 47 du code civil, n'est relative à la réalité des informations y figurant, en particulier l'identité et la date de naissance du requérant. Enfin, de même que pour l'extrait du registre de transcription mentionné ci-dessus, la circonstance que le timbre sec figurant sur le jugement supplétif du 26 avril 2021 serait partiellement illisible ne suffit pas davantage à rendre inauthentique les mentions de l'acte concernant l'identité et l'âge de l'intéressé.
9. De plus, le requérant verse à l'instance son passeport qui lui a été délivré le 21 février 2018, soit, contrairement à ce que fait valoir le préfet, avant son départ de son pays d'origine, le jugement du 30 octobre 2018 de la juge des enfants du tribunal de grande instance de Rouen décidant de son placement auprès des services de l'aide sociale à l'enfance, indiquant notamment que " rien ne permet de conclure avec certitude A B serait majeur et ce, alors que son apparence juvénile et son manque d'assurance militent en faveur d'une minorité ", ainsi que le jugement du 7 février 2019 de la juge des tutelles mineurs mentionné au premier point du présent jugement, précisant notamment que " la représentante de l'Aide Sociale à l'Enfance présente à l'audience a indiqué que le service ne contestait plus désormais la minorité A ". Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime, qui n'a d'ailleurs pas interrogé M. B sur ces éléments avant de prendre la décision attaquée, aurait saisi pour avis les autorités consulaires françaises en Guinée ou le juge judiciaire compétent en matière de nationalité.
10. Compte tenu de l'ensemble des éléments produits à l'instance, le préfet de la Seine-Maritime n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, que l'identité de M. B et sa date de naissance au 1er juillet 2003 ne seraient pas établies. Par suite, c'est à tort qu'il lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. B a été confié à l'aide sociale à l'enfance avant l'âge de seize ans et qu'il a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans l'année qui a suivi son dix-huitième anniversaire. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier qu'après avoir suivi des cours de français au sein de l'université de Rouen, il a intégré, au titre de l'année scolaire 2019/2020, la classe de 3e dite " Unité pédagogique pour élèves allophones arrivants " du collège Fernand Léger au Petit-Quevilly, les professeurs attestant de son " sérieux " et de ses " progrès constants ". Durant cette année scolaire, il a effectué deux stages en entreprise, du 27 au 31 janvier 2020 et du 9 au 13 mars 2020, le tuteur de son second stage ayant noté que l'intéressé avait montré un intérêt soutenu face aux activités proposées. M. B, inscrit depuis le 18 juillet 2019 au sein de la mission locale de l'agglomération rouennaise, a participé à une " prépa apprentissage " à compter du 21 septembre 2020 au sein de l'institut des formations en alternance de Rouen et, après avoir effectué un stage auprès d'une entreprise spécialisée en travaux de peinture, a conclu un contrat d'apprentissage avec cette entreprise pour la période du 28 septembre 2020 au 23 septembre 2022 dans le cadre de sa formation de certificat d'aptitude professionnelle mention " peintre applicateur " suivie au centre de formation d'apprentis de Rouen, espace " Lanfry ". Si le requérant n'a pas validé son diplôme à l'issue de cette formation, ayant obtenu 8,80 sur 20 de moyenne générale, il soutient en revanche sans être contesté qu'il envisage de repasser les matières non validées. Il ressort également de ses bulletins de notes ainsi que d'une attestation établie par l'un de ses professeurs que M. B a des difficultés mais est sérieux et fournit des efforts. Le requérant produit en outre une attestation du 16 avril 2021 de l'entreprise spécialisée en travaux de peinture attestant de ce que " son contrat sera renouvelé en contrat à durée indéterminée suite à l'obtention de son diplôme ". Par ailleurs, M. B, qui a obtenu le diplôme d'études en langue française au mois d'octobre 2020, a conclu un contrat à durée déterminée d'insertion pour la période du 19 décembre 2022 au 18 avril 2023, renouvelable une fois, en qualité de peintre, dans le but, ainsi qu'il le soutient sans être contesté, d'achever sa formation professionnelle. Il ressort également des pièces du dossier, notamment d'une note d'évolution établie le 19 novembre 2019 par l'association ayant accueilli M. B, que ce dernier est autonome dans la gestion de son quotidien et qu'il est un élève sérieux et assidu. Il n'est enfin pas sérieusement contesté par le préfet de la Seine-Maritime que le père du requérant est décédé et que M. B n'entretient plus de liens avec les membres de sa famille restés dans son pays d'origine. Dans ces circonstances, et dès lors que le requérant est présent en France depuis ses quinze ans et fait état du caractère sérieux et suivi de sa formation ainsi que de son insertion dans la société française, c'est à tort que le préfet de la Seine-Maritime lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
12. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 2 décembre 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour et, par voie de conséquence, des décisions du même jour portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de sa destination.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
13. Eu égard aux motifs d'annulation retenus, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que le préfet de la Seine-Maritime ou tout préfet territorialement compétent délivre à M. B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
14. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Leroy, conseil de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Leroy d'une somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 2 décembre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé à M. B la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Maritime ou à tout préfet territorialement compétent de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Leroy une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Leroy renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Leroy et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 12 juin 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Bailly, présidente,
- M. Le Duff, premier conseiller, et Mme Thielleux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023.
La rapporteure,
D. ThielleuxLa présidente,
P. BaillyLa greffière,
A. Hussein
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026