jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2300826 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | BOYLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 février 2023 et le 9 mai 2023, Mme C G, représentée par Me David Boyle, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 novembre 2022 par lequel le préfet de l'Eure a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) de demander la communication de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Eure de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " en qualité d'" étranger malade " ou à défaut une autorisation provisoire de séjour lui permettant de déposer des éléments supplémentaires à l'appui de sa demande de titre de séjour, et de procéder à un nouvel examen approfondi de sa situation dans le délai d'un mois, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, en application des dispositions des articles L. 911-1, L. 911-2 et L. 911-3 du code de justice administrative ;
4°) sous réserve de l'admission définitive de la requérante à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Boyle renonce à percevoir la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; à défaut de l'admission de la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de condamner l'État à lui verser une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
* Les décisions comprises dans l'arrêté :
- ont été signées par une autorité ne disposant pas d'une délégation à cette fin ;
- sont insuffisamment motivées, s'agissant, notamment, du refus de lui accorder un délai de départ volontaire supérieur à trente jours et de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;
- sont entachées d'une erreur d'appréciation concernant la disponibilité des soins et médicaments dans son pays d'origine ;
- sont entachées d'une erreur d'appréciation sur les conditions d'existence de l'intéressée et son insertion dans la société française ;
- sont entachées d'une erreur d'appréciation sur l'intensité, l'ancienneté et la stabilité des liens personnels et familiaux en France ;
* La décision portant interdiction de retour sur le territoire français méconnaît l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 avril 2023, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été reportée au 11 mai 2023 à 12 heures par ordonnance du 26 avril 2023.
Des pièces ont été produites pour Mme G les 9 et 27 juin 2023.
Mme G a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- les observations de Me Boyle, pour Mme C G.
Le préfet de l'Eure n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1.Mme G, ressortissante congolaise née le 20 juin 1968 en République du Congo, est entrée en France irrégulièrement le 8 janvier 2012. Le 27 février 2014, elle s'est vu délivrer un titre de séjour en raison de son état de santé, qui a été renouvelé jusqu'au 23 février 2017. Elle a ensuite bénéficié d'une carte pluriannuelle de séjour valide du 24 février 2017 au 17 décembre 2020. Par un arrêté du 7 août 2020, le préfet du Haut-Rhin a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. L'arrêté a été confirmé par un jugement en date du 1er décembre 2020 du tribunal administratif de Strasbourg. Le 19 avril 2022, l'intéressée a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté du 15 novembre 2022 attaqué, le préfet de l'Eure a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions :
2. En premier lieu, par un arrêté n° DCAT-SJIPE-2022-28 du 23 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Eure le même jour, le préfet de ce département a donné délégation à Mme Isabelle Dorliat-Pouzet, secrétaire générale de la préfecture de l'Eure, à l'effet de signer, notamment, les décisions en litiges. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les article 8 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dont le préfet de la Seine-Maritime a fait application. L'autorité préfectorale, qui n'avait pas à faire référence à l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressé, y mentionne, notamment, sa situation administrative, sa vie privée et familiale et son état de santé. Par ailleurs, le préfet ayant accordé à Mme G un délai de départ volontaire de trente jours, délai de droit commun prévu par l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel ne méconnaît pas le 2° de l'article 7 de la directive " retour ", il n'était pas tenu de motiver spécifiquement cette décision dès lors qu'il n'est ni établi ni allégué que la requérante avait formulé une demande tendant à ce qu'un délai plus long lui soit accordé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des décisions litigieuses doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) s'est prononcé le 8 août 2022 sur la situation médicale de la requérante. Cet avis indique qu'il a été rendu aux termes d'une délibération collégiale et Mme G ne justifie, en tout état de cause, d'aucun élément permettant de remettre en cause ce caractère collégial. En outre, il ressort des pièces du dossier que le Dr A B, médecin rapporteur, n'a pas siégé au sein du collège. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis du collège des médecins de l'OFII, présenté dans le cadre des développements du moyen relatif à la motivation, doit être écarté
.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. ". Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de 1'Office français de 1'immigration et de 1'intégration, de leurs missions : " L'avis du collège de médecins de l 'OFII est établi sur la base du rapport médical élaboré par un médecin de l'office selon le modèle figurant dans l'arrêté du 27 décembre 2016 mentionné à l'article 2 ainsi que des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays dont le demandeur d'un titre de séjour pour raison de santé est originaire. Les possibilités de prise en charge dans ce pays des pathologies graves sont évaluées, comme pour toute maladie, individuellement, en s'appuyant sur une combinaison de sources d'informations sanitaires. L'offre de soins s'apprécie notamment au regard de l'existence de structures, d'équipements, de médicaments et de dispositifs médicaux, ainsi que de personnels compétents nécessaires pour assurer une prise en charge appropriée de 1'affection en cause. L'appréciation des caractéristiques du système de santé doit permettre de déterminer la possibilité ou non d'accéder effectivement à l'offre de soins et donc au traitement approprié. Afin de contribuer à 1'harmonisation des pratiques suivies au plan national, des outils d'aide à 1'émission des avis et des références documentaires présentés en annexe II et III sont mis à disposition des médecins de l'office. ".
6. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
7. D'une part, il ne ressort pas des dispositions de l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de 1'Office français de 1'immigration et de 1'intégration, de leurs missions que le rapport médical sur la base duquel est établi l'avis du collège de médecins de l'OFII doive mentionner les éléments relatifs à la disponibilité des soins et des traitements de la pathologie du requérant dans son pays d'origine.
8. D'autre part, il ressort de l'avis émis par le collège de médecins de l'OFII le 8 août 2022, que l'état de santé de Mme G nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'un traitement est disponible en République du Congo (RC) et que la requérante peut y voyager sans risque. Pour contester cet avis, Mme G expose qu'elle est atteinte d'une maladie psychiatrique pour laquelle elle suit un traitement quotidien permanent et lourd de quinze comprimés par jour. Elle soutient notamment que le traitement qui lui est nécessaire est indisponible dans son pays d'origine. Afin de démontrer l'inaccessibilité à ses médicaments en RC, la requérante produit deux attestations provenant d'un médecin généraliste et d'un pharmacien résidant en RC indiquant que l'accès à son traitement est difficile en RC, un certificat du Dr D du 20 octobre 2020 indiquant que la poursuite des soins n'est guère envisageable dans son pays d'origine et un certificat médical du 1er mars 2022 du Dr F indiquant qu'il " semble " que les médicaments pris par la requérante ne sont pas disponibles dans son pays d'origine et qu'ils ne soient pas substituables. Toutefois, en admettant même que ces éléments suffisent à établir que son traitement ne serait pas effectivement disponible dans son pays d'origine, le seul certificat médical du 1er mars 2022 ne saurait à lui-seul établir qu'elle ne pourrait pas substituer certains de ces médicaments à d'autres. La requérante soutient également que les soins en service de psychiatrie qui lui sont nécessaires ne sont pas disponibles dans son pays d'origine. Au soutien de ses allégations, la requérante fait référence à une publication sur le site internet du ministère de la santé et de la population en RC sur l'état du seul service de psychiatrie en RC pour indiquer que le service ne compte que vingt-sept lits, que les conditions d'hygiène n'étaient pas réunies et que les soins n'étaient pas administrés en respectant une approche compatible avec la dignité humaine. Toutefois, il ressort également de ce même document, daté du 25 janvier 2017, que les problèmes liés à l'hygiène et à l'administration des soins étaient seulement présents " initialement ", à la création du service. Dans ces conditions, les éléments médicaux produits aux débats par Mme G ne sont pas suffisants pour remettre en cause l'avis du collège de médecins de l'OFII, dont le préfet de l'Eure a pu s'approprier les conclusions, en ce qui concerne l'accessibilité, dans son pays d'origine, des traitements adaptés à son état de santé et la possibilité pour elle d'y voyager sans risque. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation concernant la disponibilité des soins et des médicaments dans son pays d'origine doit être écarté.
9. En cinquème lieu, Mme G fait valoir que les décisions sont entachées d'une erreur d'appréciation relative à l'intensité, l'ancienneté et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France dès lors qu'elle réside en France depuis 10 ans, qu'elle n'a aucune famille ni attache au Congo, pays qu'elle a quitté depuis 2009 et que ses liens sociaux principaux sont en France. Toutefois, elle ne démontre pas résider en France depuis 10 ans, elle est célibataire et sans enfant à charge et n'établit pas être dépourvue de toutes attaches familiales dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 44 ans. De plus, la production d'une attestation en date du 9 janvier 2023, au demeurant postérieure à l'arrêté litigieux, indiquant son engagement dans une association, ne permet pas de caractériser une insertion sociale d'une particulière intensité. Par ailleurs, la requérante soutient également que le préfet de l'Eure aurait commis une erreur manifeste d'appréciation concernant ses conditions d'existence et d'insertion dans la société française, dès lors qu'elle a rejoint la vie religieuse pendant 22 ans, qu'elle a suivi une formation dans les sciences éducatives et pédagogiques validée au moyen d'un diplôme, qu'elle réside en France depuis 2012, qu'elle est reconnue handicapée avec un taux d'invalidité supérieur à 80%, qu'elle a participé à des formations et qu'elle exerce des activités bénévoles. Cependant, les diplômes qu'elle a obtenus l'ont été au Congo, elle a rejoint la vie religieuse au moins douze ans avant d'arriver en France et elle ne démontre pas résider en France depuis 2012. S'il ressort des pièces du dossier qu'elle a effectué deux cent cinquante-sept heures de formation du 20 octobre 2014 au 18 décembre 2014, vingt-et-une heure de formation du 16 au 19 avril 2018 et qu'elle est bénévole depuis une durée indéterminée, ces éléments ne permettent pas de caractériser une insertion professionnelle d'une certaine intensité. Par suite, Mme G n'est pas fondée à soutenir que le préfet de l'Eure aurait entaché ses décisions d'une erreur d'appréciation relative à l'intensité, l'ancienneté et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France ou sur ses conditions d'existence et d'insertion dans la société française.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
10. Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L 612-8 ()".
11. Mme G justifie d'une durée de présence régulière en France de six années. Il est constant qu'elle ne constitue aucune menace pour l'ordre public. Elle n'est pas dépourvue de tout lien sur le territoire français dès lors notamment qu'elle participe, avec d'autres bénévoles, plusieurs fois par semaine, à la prise en charge d'un enfant autiste sévère. Dans ces conditions et alors même que Mme G s'est soustraite à l'exécution de la mesure d'éloignement dont elle a fait l'objet le 7 août 2020, le préfet de l'Eure a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an, soit la moitié de la durée maximale possible d'interdiction dans sa situation. Par suite, la décision portant interdiction de retour contenue dans l'arrêté du 15 novembre 2022 doit être annulée.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
12. La présente décision, qui se borne à annuler la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an, n'implique nécessairement ni que le préfet de l'Eure délivre un titre de séjour à Mme G, ni même qu'il réexamine sa situation et la mette en possession d'une autorisation provisoire de séjour. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent, par suite, être rejetées.
13. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme G présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an contenue dans l'arrêté du préfet de l'Eure du 15 novembre 2022 est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C G est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C G, à Me David Boyle et au préfet de l'Eure.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Anne Gaillard, présidente,
M. Colin Bouvet, premier conseiller,
M. Robin Mulot, premier conseiller.
Assistés de M. Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
La présidente- rapporteure,
A. E
L'assesseur le plus ancien,
C. BOUVETLe greffier,
H. TOSTIVINT
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2300826
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026