jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2300966 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | BOYLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 mars et 28 avril 2023, M. A, représenté par Me Boyle, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 novembre 2022, par lequel le préfet de l'Eure a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Eure, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", subsidiairement, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de sa situation, ensemble dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que l'arrêté attaqué :
- est entaché d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entaché d'une erreur d'appréciation concernant la disponibilité des soins et des médicaments dans son pays d'origine pour la pathologie de sa compagne ;
- méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle ainsi que celle de sa conjointe.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2023, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 8 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bailly ;
- et les observations de Me Boyle, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien, né le 15 juillet 1990, est entré en France le 15 mars 2020 et a sollicité le 21 juillet 2020 son admission au séjour au titre de l'asile. Par décision du 30 juillet 2021, notifiée le 13 août 2021, l'Office français de la protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande, décision confirmée par décision rendue le 25 février 2022, par la Cour nationale du droit d'asile. Par un arrêté du 9 mars 2022, le préfet de l'Eure a rejeté sa demande d'admission au séjour et l'a obligé à quitter le territoire français, annulé par jugement en date du 5 mai 2022 par le tribunal administratif de Rouen, dans l'attente de la demande de sa conjointe en qualité d'étranger malade et a obtenu une autorisation provisoire de séjour du 30 juin 2022 au 29 décembre 2022. Par l'arrêté attaqué du 17 novembre 2022, notifié le 4 janvier 2023, le préfet de l'Eure a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination.
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que par arrêté n°21-014 en date du 22 mars 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de l'Eure a autorisé Mme Dorliat-Pouzet, secrétaire générale de la préfecture de l'Eure et signataire de l'arrêté en litige à signer les décisions portant refus de délivrance de titre de séjour. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, la décision portant refus de titre de séjour vise, notamment, les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont il a été fait application à M. A. Il mentionne également les considérations de fait, propres à cette dernière, qui constituent le fondement de la décision portant refus de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
5. Pour refuser d'accorder le titre de séjour sollicité, le préfet a estimé, en suivant l'avis émis par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 19 septembre 2022, que l'état de santé de sa conjointe, Mme C, nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que son état de santé peut lui permettre de voyager sans risque. Pour contester ces conclusions, l'intéressé soutient que sa conjointe suit, actuellement, des soins psychiatriques au nouvel hôpital de Navarre qui nécessitent une surveillance régulière et un suivi continu. Toutefois, les certificats médicaux ne se prononcent pas sur l'existence d'un suivi psychiatrique possible au sein de leur pays d'origine ni les conséquences de l'arrêt des soins. Les éléments versés par le requérant ne permettent pas de remettre en cause l'appréciation portée par le préfet, qui a suivi l'avis du collège de médecins, selon lequel sa conjointe peut être soignée dans son pays d'origine et son état de santé peut lui permettre de voyager sans risque. Par suite, les moyens tirés de l'erreur d'appréciation concernant la disponibilité des soins et médicaments dans leur pays d'origine pour la pathologie de sa compagne et la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ", et aux termes de l'article 3 de la même convention : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
7. M. A se prévaut de sa résidence en France depuis environ trois ans et de la présence à ses côtés de sa conjointe et de ses jeunes enfants, nés sur le territoire français. Même si M. A justifie d'un contrat à durée indéterminée depuis avril 2022, au regard de la durée et des conditions de leur séjour en France, et alors que sa conjointe se maintient également irrégulièrement sur le territoire français et qu'il n'établit pas, non plus, avoir noué des liens personnels, intenses et stables sur le territoire national, ni être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu au moins jusqu'à l'âge de 30 ans, le préfet a pu rejeter sa demande d'admission au séjour sans méconnaître les stipulations précitées ni commettre d'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur sa situation personnelle.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 17 novembre 2022 rejetant la demande d'admission au séjour de M. A, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de sa destination doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles relatives aux frais liés au litige.
9. En revanche, M. A fait état de ce que la demande d'asile déposée au nom de sa fille, née le 3 janvier 2023, soit postérieurement à l'arrêté attaqué, en raison de risques d'excision en cas de retour dans leur pays d'origine, est toujours en cours d'examen. Cette circonstance de fait postérieure à l'arrêté, si elle est sans incidence sur la légalité de l'arrêté, fait obstacle à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, dès lors que M. A bénéficie d'un droit au maintien sur le territoire français durant l'examen de la demande d'asile de sa fille.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Boyle et au préfet de l'Eure.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Bailly, présidente,
- Mme E et Mme B, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
La présidente-rapporteure,
P. BaillyL'assesseure la plus ancienne,
D. E
Le greffier,
J-L. Michel
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2300966ah
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026