LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2300986

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2300986

jeudi 28 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2300986
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3 ème Chambre
Avocat requérantBOYLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 mars 2023, Mme F C, représentée par Me Boyle, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 décembre 2022 par lequel le préfet de l'Eure a refusé de lui délivrer une carte de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Eure de lui délivrer la carte de séjour mention " vie privée et familiale " demandée ou de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois, sous astreinte journalière de cent euros ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui restituer son passeport ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Mme D C soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence de leur auteur ;

- la décision lui accordant un délai de départ volontaire est insuffisamment motivée ;

- sa situation exceptionnelle impliquait un délai de départ supérieur à celui de trente jours ;

- le refus de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2023, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.

Vu :

- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative ;

- la décision du 8 février 2023 d'admission à l'aide juridictionnelle totale ;

- les autres pièces du dossier.

Vu

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la directive n° 2008/115/CE du 16 décembre 2008 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code civil ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bouvet, premier conseiller ;

- les observations de Me Niakate, pour la requérante.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D C, ressortissante congolaise née le 17 octobre 1984, est entrée en France le 17 juillet 2022, munie d'un visa de court séjour, en compagnie de ses deux enfants mineurs. Sa demande de délivrance de carte de séjour en qualité de parent d'un enfant français mineur, formulée le 5 décembre 2022, a été rejetée par l'arrêté contesté du 13 décembre 2022 du préfet de l'Eure, également attaquée en tant qu'il l'oblige à quitter le territoire français sous trente jours et fixe son pays de son renvoi.

2. En premier lieu, par arrêté du 23 août 2022, régulièrement publié, le préfet de l'Eure a donné délégation à Mme Isabelle Dorliat-Pouzet, secrétaire générale de la préfecture de l'Eure, à l'effet de signer les décisions litigieuses. Les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur des décisions contestées doivent, par suite, être écartés.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an () ".

4. Il résulte des termes mêmes de ces dispositions que le législateur, pour le cas où la carte de séjour temporaire " vie privée et familiale " est demandée par un étranger au motif qu'il est parent d'un enfant français, a subordonné la délivrance de plein droit de ce titre à la condition, notamment, que l'enfant réside en France. Ce faisant, le législateur n'a pas requis la simple présence de l'enfant sur le territoire français, mais a exigé que l'enfant réside en France, c'est-à-dire qu'il y demeure effectivement de façon stable et durable.

5. Il ressort des pièces du dossier que le jeune B, a vécu au Congo depuis sa naissance dans ce pays, le 18 octobre 2020, et qu'il est entré en France le 17 juillet 2022. Ainsi, compte tenu des 21 mois passés au Congo et de son entrée très récente sur le territoire national, intervenue cinq mois avant la demande de titre, il ne peut être considéré que l'enfant demeurait effectivement en France de façon stable et durable et ce, alors qu'il ressort par ailleurs des éléments versés aux débats que l'enfant ne réside pas au domicile de son père français, dont la contribution à l'entretien et à l'éducation du jeune B n'est, au surplus, pas démontrée. Dans ces conditions, le préfet ne s'est pas mépris dans l'application, au cas de Mme D C, des dispositions précitées de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ayant estimé que la condition de résidence de son enfant français faisait défaut.

6. En troisième lieu, la requérante qui est entrée pour la première fois sur le territoire français cinq mois avant l'édiction du refus de séjour litigieux, n'établit pas être dépourvue d'attaches personnelles et familiales au Congo, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 38 ans et où résident toujours sa mère et sa sœur, selon les indications non contestées de l'administration, en défense. Si Mme D C se prévaut, d'autre part, de ce qu'elle a entamé une formation professionnelle, elle n'en justifie nullement. De la même manière, si la requérante fait valoir que le jeune B est en cours d'inscription sur la liste des ayants droit de la personne de nationalité française qui l'a reconnu, cette circonstance n'est pas davantage justifiée et aucune preuve d'une contribution effective de l'intéressé à l'entretien et à l'éducation de cet enfant n'est versée au dossier, le courrier rédigé par M. A E ne pouvant être regardé comme tel. Il n'est pas contesté, en outre, que ce dernier réside à Saint-Germain-en-Laye, en compagnie de sa concubine, de nationalité française, et que la requérante est, pour sa part, hébergée dans une structure d'accueil. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet de l'Eure a, en prononçant le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire français attaqués, porté une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est pas fondé. Pour les mêmes motifs, eu égard aux caractéristiques de la vie privée et familiale de l'enfant, telles qu'exposées précédemment, le refus de séjour assorti d'une mesure d'éloignement n'a pas été édicté sans que l'intérêt supérieur de l'enfant B, qui n'encourt pas un changement du cadre familial qu'il a toujours connu, ait été une considération primordiale au sens des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

7. En quatrième lieu, le préfet ayant accordé à Mme D C un délai de départ volontaire de trente jours, délai de droit commun prévu par l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel ne méconnaît pas le 2° de l'article 7 de la directive " retour ", il n'était pas tenu de motiver spécifiquement cette décision dès lors qu'il n'est ni établi ni allégué que la requérante avait formulé une demande tendant à ce qu'un délai plus long lui soit accordé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision litigieuse doit être écarté.

8. En dernier lieu, pour les motifs énoncés précédemment, le préfet n'a pas entaché d'erreur d'appréciation la décision refusant d'envisager un délai de départ supérieur à celui de trente jours prévu en principe par la loi.

9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 13 décembre 2022 par lequel le préfet de l'Eure a refusé de lui délivrer une carte de séjour, l'a obligée à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé son pays de destination. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, à Me Boyle et au préfet de l'Eure.

Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Gaillard, présidente,

M. Bouvet, premier conseiller,

M. Mulot, premier conseiller,

Assistés de M. Tostivint, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.

Le rapporteur

signé

C. BOUVET

La présidente

signé

A. GAILLARD

Le greffier

signé

H. TOSTIVINT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

signé

S. Combes

2300986

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions