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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2301034

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2301034

mardi 14 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2301034
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique
Avocat requérantBIDAULT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

D une requête enregistrée le 11 mars 2023, M. A C, représenté D Me Bidault, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2) d'annuler pour excès de pouvoir :

- l'arrêté du 10 mars 2023 D lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

- l'arrêté du même jour D lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence à son domicile déclaré, lui a fait interdiction de quitter sans autorisation les communes de la circonscription de sécurité publique de Rouen et a défini ses obligations de présentation ;

3) d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de cent euros D jour de retard ;

4) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à défaut à son profit en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- l'auteur de l'acte ne justifie pas de sa compétence ;

- la décision ne comporte pas, en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, le nom, le prénom et la qualité de son signataire ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;

Sur la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :

- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;

Sur la décision fixant le pays de renvoi, elle repose sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle repose sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;

Sur l'arrêté portant assignation à résidence, il repose sur une obligation de quitter le territoire français sans délai elle-même illégale.

D un mémoire en défense enregistré le 12 mars 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête ; il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Mulot, premier conseiller, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement des étrangers.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique du 13 mars 2023, présenté son rapport et entendu :

- les observations de Me Bidault, avocate de M. C, qui reprend et précise les conclusions et moyens de la requête et produit une pièce nouvelle ; elle soulève en outre, à l'encontre de la décision privant le requérant de délai de départ volontaire, un moyen nouveau tiré de la liberté du mariage ; elle revient sur la date de mariage prévue le 29 avril 2023 et ajoute à cet égard que l'enquête pénale a été sans suites ; elle ajoute que le consulat algérien refuse de délivrer des laissez-passer et soulève à l'encontre de l'arrêté portant assignation à résidence un moyen nouveau tiré de l'absence de nécessité et de proportionnalité de la mesure ; elle ajoute que le requérant n'obtiendrait pas de visa de long séjour dans un délai raisonnable ; à cet égard, l'interdiction de retour sur le territoire français est elle aussi disproportionnée ; en outre, la compagne du requérant souffre d'un handicap invisible et a besoin de l'assistance de celui-ci dans sa vie quotidienne ;

- et les observations de M. C, assisté de M. B, interprète en langue arabe ; il indique vouloir se marier, rester en France et s'engage à respecter son assignation à résidence.

Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Il ressort des pièces du dossier que M. A C, ressortissant algérien né le 9 février 1987, a fait l'objet le 9 mars 2023 d'un contrôle D des fonctionnaires de police et a été placé en retenue pour vérification de son droit au séjour. A l'issue de cette mesure, il s'est vu notifier deux arrêtés du 10 mars 2023 du préfet de la Seine-Maritime, l'un portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, l'autre l'assignant à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. D la présente requête, M. C demande à titre principal l'annulation de ces décisions.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique prévoit que " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () D la juridiction compétente () ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. C, qui fait l'objet d'une mesure restrictive de liberté, il y a lieu de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les autres conclusions de la requête :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, la décision a été signée D l'adjointe à la cheffe du bureau de l'éloignement qui disposait à cet effet d'une délégation consentie D un arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 30 janvier 2023 publié le jour même au recueil des actes administratifs. D suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise D une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ".

5. L'arrêté contesté a été signé, ainsi qu'il vient d'être dit, D l'adjointe à la cheffe du bureau de l'éloignement. S'il est vrai que l'empreinte du tampon humide est imparfaite et qu'une partie de la qualité de l'autrice est difficilement lisible, cette circonstance n'est pas de nature à caractériser une illégalité au regard des dispositions précitées, dès lors que tant l'identité que la qualité de la signataire sont identifiables sans ambiguïté. D suite, le moyen tiré du vice de forme doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". En application de ces stipulations, il appartient à l'autorité administrative qui envisage de procéder à l'éloignement d'un ressortissant étranger en situation irrégulière d'apprécier si, eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour en France, ainsi qu'à la nature et à l'ancienneté de ses liens familiaux sur le territoire français, l'atteinte que cette mesure porterait à sa vie familiale serait disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision serait prise.

7. Il ressort des pièces du dossier et notamment des auditions de l'intéressé D les services de police que M. C est entré en France en 2020 pour des motifs économiques et a rejoint la France. Il a fait connaissance en février 2021 d'une ressortissante française avec qui il a noué rapidement une relation de couple avec qui il vivrait en concubinage depuis le mois de mai 2022 et avec laquelle il souhaite se marier, ce dont atteste l'intéressée. Il a également déclaré lors d'une audition avoir un frère et trois sœurs en France.

8. Toutefois, même à la supposer suffisamment établie en retenant les seules déclarations du couple, à l'exclusion de toute preuve rapportée de vie commune, la relation dont se prévaut M. C est récente, tout comme sa présence en France. Le couple n'était pas marié ni pacsé à la date à laquelle l'administration s'est prononcée, M. C est entré en France après avoir passé trente-trois ans dans son pays d'origine où il n'établit ni même n'allègue sérieusement être dépourvu de toute attache et où résident ses parents. En outre, M. C a fait l'objet le 25 novembre 2021 d'une obligation de quitter le territoire français à laquelle il n'a pas déféré, et a construit cette relation en toute connaissance de l'irrégularité de sa situation. Enfin, le caractère régulier du séjour de ses frères et sœurs n'est ni établi ni même allégué. Compte-tenu de ce qui précède, il n'est pas fondé à soutenir que la décision porterait à son droit de mener une vie privée et familiale normale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris.

9. En dernier lieu, outre ce qui vient d'être exposé, il ressort des pièces du dossier que M. C n'a effectué aucune démarche en vue de régulariser sa situation administrative, il n'a pas exécuté la précédente obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet, ne justifie d'aucune activité professionnelle actuelle ou passée depuis son arrivée sur le territoire ni d'aucune autre insertion personnelle ou amicale que celles évoquées précédemment. D suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

10. Le premier alinéa de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision ". L'article L. 612-2 du même code prévoit que D dérogation, " l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ", risque qui en application de l'article L. 612-3 dudit code, " peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ".

11. M. C est entré irrégulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement et est dépourvu de document d'identité ou de voyage ; il se trouvait ainsi dans trois situations dans lesquelles le risque de soustraction peut être regardé comme établi. Si M. C justifie de son projet de mariage, dont la célébration était prévue le 29 avril prochain, compte-tenu du risque important que le requérant se soustraie à la mesure d'éloignement, risque caractérisé notamment D sa carence, justifiée en défense, à respecter une précédente mesure d'assignation, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire, et n'a pas porté une atteinte excessive à sa liberté de se marier, rien ne faisant obstacle à ce que cette union soit célébrée en Algérie ou sur le territoire français après que le requérant aura obtenu un visa à cet effet. Pour les mêmes motifs, cette décision n'apparait pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de M. C.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

12. Les moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français ont tous été écartés. Dès lors, l'exception d'illégalité de cette décision soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays à destination duquel M. C pourra être éloigné ne peut qu'être écartée.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée D l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ", et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

14. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux.

15. Si aucune circonstance humanitaire au sens des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ressortirait des pièces du dossier n'était de nature à justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour, en fixant la durée de celle-ci à une année, compte-tenu du projet de mariage de M. C, qui apparait suffisamment établi, et de sa relation de couple avec une ressortissante française, qui n'est pas contestée, le préfet de la Seine-Maritime a fait une inexacte application des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et porté une atteinte excessive à son droit de mener une vie privée et familiale au regard des buts poursuivis D cette mesure.

16. Il résulte de ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision portant, à son encontre, interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :

17. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".

18. Les articles L. 733-1 à L. 733-4 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoient les modalités d'application de l'assignation à résidence d'un étranger. Dès lors que ces modalités limitent l'exercice de sa liberté d'aller et venir, une telle mesure doit être nécessaire, adaptée et proportionnée à l'objectif qu'elle poursuit, à savoir l'éloignement de l'étranger dans un délai aussi proche que possible de celui imparti D l'autorité administrative pour qu'il quitte le territoire français.

19. Pour prononcer la mesure en litige, le préfet de la Seine-Maritime s'est fondé sur la double circonstance que le requérant ne dispose pas d'un document de voyage en cours de validité et qu'il fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français exécutoire. Toutefois, en se déterminant ainsi, sans indiquer ni dans l'arrêté contesté ni dans son mémoire en défense quelle est la perspective raisonnable de l'éloignement de M. C au sens des dispositions précitées, et alors en outre que l'autorité administrative ne justifie pas de l'accomplissement de diligences et notamment d'aucune saisine des autorités algériennes en vue de la délivrance d'un laissez-passer, le préfet de la Seine-Maritime a méconnu les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

20. Il résulte de ce qui précède que M. C est également fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 10 mars 2023 l'assignant à résidence.

Sur les autres conclusions :

21. En premier lieu, le présent jugement, qui annule la décision portant, à l'encontre de M. C, interdiction de retour sur le territoire français et l'arrêté l'assignant à résidence n'appelle aucune mesure d'exécution au sens des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative et notamment pas que l'autorité administrative procède au réexamen de sa situation.

22. En second lieu, ainsi qu'il y a été statué précédemment, il y a lieu d'admettre provisoirement M. C à l'aide juridictionnelle. D suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Bidault, avocate de M. C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Bidault de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C D le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. C.

D É C I D E :

Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : L'arrêté du 10 mars 2023 du préfet de la Seine-Maritime relatif à l'éloignement de M. C est annulé en tant qu'il prononce, à l'encontre de M. C, une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

Article 3 : L'arrêté du 10 mars 2023 du préfet de la Seine-Maritime assignant M. C à résidence est annulé.

Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. C à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Bidault renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Bidault, avocate de M. C, une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C D le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. C.

Article 5 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Bidault et au préfet de la Seine-Maritime.

En application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative, copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Rouen.

Rendu public D mise à disposition au greffe le 14 mars 2023.

Le magistrat désigné,

R. Mulot

La greffière,

A. Lenfant

La République mande et ordonne au préfet de la région Normandie, préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2301034

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