mardi 26 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2301042 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | ALLIX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 mars 2023, Mme C B, épouse A, représentée par Me Allix, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté non daté, notifié le 3 décembre 2022, par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une carte de séjour temporaire, dans un délai de trente jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation dès lors, notamment, que le préfet n'a pas examiné sa demande formulée sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 423-1 et L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par exception de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par exception de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative ;
- l'ordonnance du 9 juin 2023 fixant la clôture de l'instruction au 21 août 2023 à 12h ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Vaillant, conseiller,
- et les observations de Me Allix, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante camerounaise née le 28 avril 1987, déclare être entrée irrégulièrement en France en août 2017. Le 28 mai 2021, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement, notamment, des dispositions de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet de la Seine-Maritime a rejeté cette demande par un arrêté du 28 juin 2021, assorti d'une obligation de quitter le territoire français. Le 17 juillet 2021, l'intéressée a épousé M. A, ressortissant français. Le 26 septembre 2022, elle a, à nouveau, sollicité son admission au séjour en qualité de conjointe d'un Français. Par l'arrêté attaqué, non daté et notifié le 3 décembre 2022, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :
2. L'arrêté attaqué vise notamment les dispositions des articles L. 423-1, L. 423-2, L. 611-1 et L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont il a été fait application à Mme A. Il mentionne également les considérations de fait, propres à cette dernière, qui constituent le fondement des décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de ces décisions doivent être écartés.
Sur le refus de séjour :
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, en particulier du formulaire de demande de titre de séjour de Mme A produit par le préfet, que la requérante a sollicité son admission au séjour, exclusivement, au regard de sa qualité de conjointe d'un ressortissant français. Si le courrier de l'intéressée, daté du 29 août 2022 et joint à cette demande, fait état d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour, celui-ci ne mentionne aucun fondement spécifique. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen, pris en sa première branche, doit être écarté. Pour les mêmes motifs et dès lors que le préfet n'a examiné le droit au séjour de Mme A sur aucun de ces deux fondements, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont inopérants.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. " Aux termes de l'article L. 423-1 du même code : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; / 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; / 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. " Aux termes de l'article L. 423-2 de ce code : " L'étranger, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. "
5. Si la requérante a épousé un ressortissant français le 17 juillet 2021, il est constant qu'elle ne justifie pas d'un visa de long séjour et qu'elle est entrée irrégulièrement sur le territoire français. Par suite, c'est sans faire une inexacte application des dispositions des articles L. 423-1 et L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité de conjointe d'un ressortissant français.
6. En dernier lieu, la requérante se prévaut de l'ancienneté de son séjour et de sa vie commune avec M. A, de l'exercice d'une activité professionnelle et d'activités bénévoles, ainsi que de la présence en France de membres de sa famille. Cependant, il ressort des pièces du dossier que la requérante, entrée irrégulièrement en France, a fait l'objet, antérieurement à son mariage, d'une première obligation de quitter le territoire français qu'elle n'a pas exécutée. Si elle allègue avoir exercé une activité professionnelle pendant quatre ans et être depuis lors à la recherche d'un emploi, elle n'en justifie par aucune pièce. Elle ne justifie par ailleurs pas des activités bénévoles dont elle se prévaut. En outre, si l'une de ses sœurs ainsi qu'une de ses tantes résident en France, elle a elle-même déclaré que le reste de sa fratrie, son père ainsi que son fils résident au Cameroun. S'agissant en particulier de ce dernier, si elle affirme qu'il est désormais majeur, elle ne justifie pas de son âge, qu'elle n'a d'ailleurs pas renseigné dans son formulaire de demande de titre de séjour. Enfin, si elle allègue qu'elle encourrait des risques en cas de retour au Cameroun, pays qu'elle aurait fui afin d'échapper à un mariage forcé, elle se borne à faire état de quelques éléments généraux relatifs à cette pratique et n'apporte aucun élément personnalisé ou actualisé sur la réalité et la persistance de ces craintes. Ainsi, elle ne justifie d'aucun obstacle à ce qu'elle retourne dans son pays d'origine où elle a vécu au moins jusqu'à l'âge de trente ans, afin d'y solliciter la délivrance d'un visa de long séjour en qualité de conjointe d'un ressortissant français. Dans ces conditions, en ayant refusé de délivrer un titre de séjour à Mme A, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée, eu égard aux buts poursuivis par cette décision. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et, pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, doivent être écartés.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour.
8. En deuxième lieu, si Mme A soutient qu'elle risque d'être soumise à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations, ainsi présenté et dirigé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de départ volontaire de trente jours, est inopérant. À supposer même que la requérante ait entendu diriger ce moyen contre la décision par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée d'office en cas d'inexécution de cette mesure d'éloignement, ainsi qu'il a été dit au point 6, elle n'apporte aucun élément de nature à établir, ni même à faire présumer, l'existence et l'actualité des risques dont elle se prévaut.
9. En dernier lieu, pour les motifs exposés au point 6, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
Sur le pays de destination :
10. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 7, Mme A n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour.
11. En second lieu, si elle soutient que la décision fixant le pays destination est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle, elle n'assortit ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
12. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles relatives aux frais liés à l'instance, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, épouse A et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
Mme Jeanmougin, première conseillère,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2023.
Le rapporteur,
A. LE VAILLANT
Le président,
P. MINNELe greffier,
N. BOULAY
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026