vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2301124 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge Unique 4 |
| Avocat requérant | MUKENDI NDONKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 mars 2023 et des pièces complémentaires enregistrées le 4 avril 2023, M. A D, représenté par Me Mukendi Ndonki, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 10 mars 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour de trois mois ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime en cas de reconnaissance du bien-fondé de la requête, de réexaminer la situation de M. D et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai d'un mois suivant le jugement à intervenir. Cette injonction sera également assortie d'une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de procéder à l'effacement du signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 200 euros à Me Mukendi sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou à titre subsidiaire le versement de la même somme à M. D sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire prise sur le fondement de l'article L. 611-1 5° est entachée d'erreur de droit dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnait les dispositions de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant refus d'octroi d'un départ volontaire est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de renvoi est entachée d'un défaut de motivation ;
- est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- la décision portant interdiction de retour est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- elle méconnait les dispositions de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les observations de Me Mukendi, représentant M. D qui mentionne que son client n'a pas été extrait de la maison d'arrêt de Rouen pour se présenter à l'audience, conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et soulève un moyen nouveau tiré de l'absence de saisine du collège des médecins de l'OFII à l'égard de la décision portant obligation de quitter le territoire et un moyen nouveau tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en raison du fait qu'il est chrétien, il précise que la communauté de vie est réelle depuis 2018 et produit des documents, que l'intéressé est suivi médicalement sur le territoire en raison d'un diabète, qu'il est chrétien et ne peut retourner dans son pays d'origine et que l'interdiction de retour est disproportionnée compte tenu de sa vie familiale.
Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1.M. D, ressortissant algérien, né le 14 juin 1987 à Tizi Ouzou est entré irrégulièrement sur le territoire en 2015. Par un arrêté du 10 mars 2023, dont M. D demande l'annulation, le préfet de la Seine-Maritime a pris à son encontre une décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de destination assortie d'une interdiction de retour sur le territoire de trois mois.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2.Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, d'admettre M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :
3.En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du même code : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ". Aux termes de l'article R. 611-1 de ce même code : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ". Aux termes de l'article R. 611-2 du code précité : " L'avis mentionné à l'article R. 611-1 est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu : / 1° D'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement l'étranger ou un médecin praticien hospitalier ; () ".
4.S'il est constant que la décision attaquée est intervenue sans saisine préalable, pour avis, du collège de médecins de l'OFII et que, même en l'absence de demande de titre de séjour, le préfet qui dispose d'éléments suffisamment précis et circonstanciés établissant qu'un étranger est susceptible de bénéficier des dispositions citées au point précédent, doit saisir le collège de médecins de l'OFII préalablement à l'intervention d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, aucune pièce du dossier ne permet d'établir que les éléments médicaux produits à l'instance ont été portés à la connaissance du préfet, préalablement à la décision attaquée. Dans ces conditions, le préfet ne peut être regardé comme ayant disposé d'éléments suffisants lui imposant de saisir le collège de médecins de l'OFII préalablement à l'intervention de la décision contestée. En tout état de cause, M. D ne démontre pas, par les documents qu'il produit, que son état de santé nécessiterait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité ni que son suivi médicamenteux ne pourrait être poursuivi dans son pays d'origine. Par suite le moyen tiré de l'irrégularité de procédure en l'absence de saisine du collège des médecins de l'OFII doit être écarté.
5.En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ".
6.Pour fonder sa décision portant obligation de quitter le territoire, le préfet de la Seine-Maritime a relevé que M. D est entré irrégulièrement sur le territoire alors que l'obligation de visa long séjour lui est opposable en application des dispositions de l'article 9 de l'accord franco-algérien et qu'il s'est maintenu volontairement en situation irrégulière sur le territoire. Par suite et alors même que M. D ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, le préfet de la Seine-Maritime pouvait sans erreur de droit l'obliger à quitter le territoire pour ces seuls motifs sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 précité sur lequel la décision a été prise. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
7.En troisième lieu, il ressort des termes même de la décision contestée, que l'autorité administrative a procédé à un examen particulier de la situation de M. D avant d'obliger l'intéressé à quitter le territoire français. Le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation doit être écarté.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9.M. D déclare être entré en France en 2015 et s'y maintenir depuis. Il est toutefois constant qu'il s'y maintient en situation irrégulière et ne présente aucun signe d'intégration professionnelle. S'il produit une attestation de 2018 montrant sa participation aux réunions de l'église de l'Assemblée de Rouen entre 2016 et 2017 ainsi qu'une attestation relative à sa participation aux activités proposées par l'aumônerie de la maison d'arrêt de Rouen où il est incarcéré depuis le 13 septembre 2022, M. D ne justifie pas davantage d'une intégration sociale sur le territoire français où il soutient résider depuis plus de sept ans. Il est constant que M. D a épousé le 15 mai 2021, Mme C de nationalité française mère d'enfants nés d'une précédente union. Toutefois les documents qu'il produit dans ses écritures comme à l'audience, ne sont pas de nature à justifier d'une vie commune antérieure à cette date. En outre, s'il soutient que les liens sont maintenus malgré son incarcération depuis le 4 mars 2021, il n'en justifie pas par les documents produits. Si M. D invoque également son état de santé il n'établit pas, par les ordonnances, comptes rendus d'examens et rendez-vous médicaux produits en nombre, que la poursuite de ce suivi ne pourrait être assuré en Algérie. Dans ces conditions, en prenant la mesure contestée le préfet de la Seine-Maritime qui a d'ailleurs pris en considération le mariage de l'intéressé avec une ressortissante française n'a pas porté une atteinte excessive au droit au respect de la vie familiale et privée de M. D, il n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
10.Enfin, la circonstance que le requérant aurait été empêché d'assister en personne à l'audience publique est sans incidence sur la légalité de l'arrêté contesté, dès lors qu'il était dûment représenté par son avocat, qu'il a lui-même désigné.
Sur la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
11. En premier lieu, la décision en litige cite notamment le 3° de l'article L. 612-2 et l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et énonce notamment que M. D n'a pas déféré à de précédentes mesures d'éloignement et ne présente pas de garantie de représentation. Elle est, ainsi, suffisamment motivée.
12.En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
13. En troisième lieu, le premier alinéa de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision ". L'article L. 612-2 du même code prévoit que par dérogation, " l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ", risque qui, aux termes de l'article L. 612-3 dudit code, " peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ".
14.Il ressort des pièces du dossier que M. D n'a présenté lors de son audition par les services de police le 2 mars 2023 aucun document de voyage ou d'identité en cours de validité ni aucun titre l'autorisant à séjourner sur le territoire français. Le préfet mentionne en outre qu'il s'est soustrait aux précédentes mesures d'éloignement prises à son encontre. M. D présente ainsi un risque de soustraction à la mesure d'éloignement justifiant le refus de lui accorder un délai de départ volontaire. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit donc être écarté.
15.En dernier lieu, M. D ne se prévaut d'aucun élément qui justifierait qu'un délai de départ volontaire lui soit octroyé. Dans ces conditions le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
Sur la décision fixant le pays de destination :
16.En premier lieu, en prenant sa décision notamment au visa de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale et en indiquant que l'intéressé ne prouve pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, le préfet de la Seine-Maritime a suffisamment motivé sa décision.
17.En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français pour contester la décision fixant le pays de destination.
18. Si à l'audience M. D par la voie de son conseil soutient qu'étant chrétien il ne peut retourner sans crainte dans son pays d'origine, il ne produit aucun élément qui constituerait un début de preuve du caractère fondé de ses craintes. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant interdiction de retour de trois mois :
19.Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Enfin, aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens en France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
20.Si M. D n'a pas régularisé sa situation administrative et qu'il est aujourd'hui incarcéré pour une durée de douze mois pour récidive de tentative de vol, il n'est pas établi que M. D aurait fait l'objet d'autres condamnations depuis son arrivée en France, il n'est pas contesté qu'il réside sur le territoire depuis plus de sept ans et il est constant qu'il est marié depuis plus de deux ans avec une ressortissante française. Dans ces conditions, il est fondé à soutenir qu'en prenant à son encontre une interdiction de retour de trois mois, le préfet de la Seine-Maritime a entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation.
21.Il résulte de ce qui vient d'être dit que M. D est fondé sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à son encontre à demander l'annulation de la décision d'interdiction de retour sur le territoire de trois mois prise à son encontre.
22.Il résulte de tout ce qui précède que M. D est seulement fondé à demander l'annulation de la décision du 10 mars 2023 portant interdiction de retour sur le territoire pour une durée de trois mois. En revanche ses conclusions tendant à l'annulation des décisions du 10 mars 2023 portant obligation de quitter le territoire sans délai et fixant le pays de renvoi doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
23.La présente décision, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 10 mars 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime en tant qu'il a prononcé à l'encontre de M. D une obligation de quitter le territoire sans délai et a fixé le pays de destination n'appelle aucune mesure d'injonction.
24.Toutefois la présente décision implique qu'il soit mis fin au signalement de M. D dans le système d'information Schengen procédant de l'interdiction de retour du 10 mars 2023, annulée par le présent jugement. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre au préfet territorialement compétent au regard du lieu de résidence du requérant, de prendre toutes mesures propres à mettre fin à ce signalement.
Sur les frais liés au litige :
25.Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que le conseil du requérant demande en application des dispositions des articles L. 761- 1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 11 juillet 1991.
D E C I D E
Article 1er : Le bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle est accordé à M. D.
Article 2 : La décision du 10 mars 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a fait interdiction à M. D de retour sur le territoire pour une période de trois mois est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au préfet compétent de mettre fin au signalement de M. D dans le système d'information Schengen procédant de l'interdiction de retour du 10 mars 2023.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à Me Mukendi Ndonki et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.
La magistrate désignée,
C. B Le greffier,
J.-B. MIALON
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026