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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2301227

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2301227

mercredi 5 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2301227
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique
Avocat requérantELATRASSI-DIOME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 mars 2023, M. F E B, représenté par Me Elatrassi, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 mars 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a ordonné son transfert en Slovénie ;

2°) d'enjoindre à l'autorité préfectorale de lui délivrer une

autorisation provisoire de séjour en qualité de demandeur d'asile dans un délai

de quinze jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour

de retard ;

3°) d'accorder à M. B le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat, à titre principal, le versement à Me Elatrassi, d'une somme de 1 000 euros en application des dispositions combinées des articles 37 alinéa 2 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de renonciation à la part contributive de l'Etat, ou à titre subsidiaire, en application de dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le versement de la somme de 1 500 euros à M. B.

M. B soutient que :

- la décision est insuffisamment motivée en droit en méconnaissance des dispositions de l'article L.571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'administration ne justifie pas lui avoir remis les brochures A et B et le guide du demandeur d'asile lors de l'enregistrement de sa demande d'asile en méconnaissance de l'article 4 du règlement n°604/2013 ;

- il n'est pas démontré que l'entretien individuel prévu à l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 a été réalisé dans les formes requises, qu'il a été mené par un agent qualifié et qu'il a été suivi de la remise d'une copie de cet entretien ;

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013, les stipulations de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européennes et de l'article 3 de la convention de sauvegarde des libertés et des droits fondamentaux, en raison des défaillances systémique de la Slovénie ;

- est entachée d'erreur d'appréciation quant à l'application des dispositions issues des articles 17-1 et 17-2 du règlement (UE) n° 604/2013, de la violation de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et de l'article 53-1 de la Constitution en raison des traitements inhumains dont le requérant a fait l'objet ou est susceptible de faire l'objet en cas de transfert en Slovénie ;

-elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation du fait du refus de se déclarer responsable de sa demande d'asile.

Par un mémoire enregistré le 28 mars 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête, les moyens présentés n'étant pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-la Constitution du 4 octobre 1958 ;

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Mme A a été désignée par le président du tribunal comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 3 avril 2023, en présence de Mme Savornin, greffière d'audience, après avoir présenté son rapport, ont été entendues :

- les observations orales de Me Yousfi substituant Me Elatrassi qui maintient les conclusions et moyens de la requête et insiste sur les défaillances systémiques de la Slovénie qui dispose d'un seul centre d'accueil et renvoi les migrants en Croatie, dont les pratiques ont été jugée contraires à l'accord européen par l'Italie et l'Autriche, il soutient que M. B est resté 10 jours en Slovénie où il n'a pu disposer de nourriture conforme à ses pratiques religieuses et où ses difficultés psychologiques n'ont pas été prises en charge ;

- et les observations de M. B assisté d'un interprète en bengali.

Le préfet n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. F E B, né le 17 septembre 1996 à Sunamganj (Bengladesh), de nationalité bangladaise, entré irrégulièrement sur le territoire, a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile le 27 décembre 2022. Par un arrêté du 7 mars 2023, notifié le 10 mars suivant, dont il demande l'annulation, le préfet de la Seine-Maritime a décidé de son transfert aux autorités slovènes.

Sur l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, d'admettre provisoirement M. F E B à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions en annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré de l'insuffisance de motivation :

3. Aux termes de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre Etat peut faire l'objet d'un transfert vers l'Etat responsable de cet examen. / Toute décision de transfert fait l'objet d'une décision écrite motivée prise par l'autorité administrative () ". L'arrêté attaqué du 7 mars 2023 vise notamment le règlement n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, outre la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la convention de Genève du 28 juillet 1951 et le règlement (CE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003. Il énonce que la Slovénie a explicitement accepté de reprendre en charge le requérant sur le fondement du b) du 1 de l'article 18 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013. Il mentionne les considérations de droit et de fait sur lesquelles il est fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 :

4. Il résulte de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application des dispositions du règlement du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et, en tout état de cause, avant la décision par laquelle l'autorité administrative décide de le remettre aux autorités responsables de l'examen de sa demande d'asile, une information complète sur ses droits et les modalités d'application du règlement, par écrit et dans une langue qu'il comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Cette information doit comporter l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de ce même article 4 et constitue une garantie pour le demandeur d'asile.

5. Il ressort des pièces du dossier, que M. B a apposé sa signature le 27 décembre 2022 sur les pages de présentation de la brochure A " Information sur la demande d'asile et le relevé d'empreintes ", de la brochure B " Information sur la procédure Dublin ", documents remis en langue bengali, relatifs à la mise en œuvre du règlement Eurodac II et a eu communication des informations légales relatives à sa demande d'asile, par le truchement d'un interprète en langue bengali, comme l'atteste le compte-rendu de son entretien avec un agent de la préfecture de la Seine-Maritime. Par suite, le moyen tiré de ce que M. B n'aurait pas reçu les informations prévues par l'article 4 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 :

6. Aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. /()/5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national " /()/ /()/ 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé ".

7. Il ressort des pièces du dossier et notamment du compte-rendu d'entretien, qui n'en constitue qu'un résumé, que M. B a bénéficié, le 27 décembre 2022, d'un entretien individuel au cours duquel il était assisté de M. D, interprète en langue bengali d'ISM Interprétariat, et qu'à cette occasion, il a notamment pu faire état de sa situation personnelle et familiale et de son parcours ainsi que de son état de santé. En outre, il ne conteste pas que le compte-rendu d'entretien comporte le cachet de la préfecture, que cet entretien s'est bien déroulé dans les locaux de la préfecture, et n'apporte aucun élément sérieux de nature à établir que l'entretien n'aurait pas été mené par un agent de la préfecture, lequel doit être regardé comme une personne qualifiée en vertu du droit national au sens des dispositions du paragraphe 5 de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013. Enfin, M. B a signé le même jour le résumé de l'entretien dont il a forcément eu connaissance et dont il n'établit pas avoir demandé une copie. Par suite et alors encore qu'il n'est pas établi que l'entretien n'aurait pas été conduit dans des conditions permettant d'en garantir la confidentialité, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 doit, dans toutes ses branches, être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance des stipulations de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013, les stipulations de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européennes et de l'article 3 de la convention de sauvegarde des libertés et des droits fondamentaux :

8. Aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " () 2. Lorsque aucun État membre responsable ne peut être désigné sur la base des critères énumérés dans le présent règlement, le premier État membre auprès duquel la demande de protection internationale a été introduite est responsable de l'examen / Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. / Lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur en vertu du présent paragraphe vers un État membre désigné sur la base des critères énoncés au chapitre III ou vers le premier État membre auprès duquel la demande a été introduite, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable devient l'État membre responsable () ". Aux termes l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

9. Les dispositions du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, régissant la détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande d'asile et le transfert des demandeurs, doivent être appliquées dans le respect des droits garantis par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par ailleurs, eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un Etat autre que la France, que cet Etat a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire.

10. La Slovénie est un État membre de l'Union européenne, partie à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New-York, et à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il doit alors être présumé que le traitement réservé aux demandeurs d'asile dans cet État membre est conforme aux exigences de la convention de Genève ainsi qu'à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cependant, cette présomption peut être renversée s'il y a des raisons sérieuses de croire qu'il existe des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs d'asile, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux, notamment en raison du fait que, en cas de transfert, le demandeur de protection internationale se trouverait, indépendamment de sa volonté et de ses choix personnels, dans une situation de dénuement matériel extrême.

11. M. B fait valoir que la Slovénie est défaillante dans la prise en charge des demandeurs d'asile, qui écarte rapidement les demandes d'asile sans les examiner au fond et ne réserve pas aux migrants des conditions d'accueil dignes. Toutefois en se bornant à se prévaloir du rapport 2020/2021 d'Amnesty International ainsi que d'un article paru le 3 novembre 2022 dans Cairn.info, le requérant, qui ne fait état d'aucune difficulté rencontrée lors de sa prise d'empreintes en Slovénie, se borne à produire des documents d'ordre très général relatifs à la politique conduite par le gouvernement slovène qui ne permettent de regarder comme établie l'existence d'un risque actuel et sérieux que sa demande d'asile ne soit pas traitée dans ce pays, qui est membre de l'Union européenne et partie à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dans des conditions respectueuses des garanties imposées par le respect du droit d'asile. Si M. B soutient à l'audience que la Slovénie poursuit une politique de zéro réfugiés, qu'il a été hébergé dans le seul centre d'accueil existant dans le pays et qu'aucune nourriture conforme à ses pratiques religieuses et à ses habitudes alimentaires ne lui a été servie, aucune de ces allégations n'est étayée de pièce probante ni d'un récit circonstancié. Dans ces conditions, M. B n'établit pas qu'il existerait une défaillance systémique en Slovénie et que son transfert vers ce pays l'exposerait à des traitements inhumains ou dégradants et qu'ainsi le préfet de la

Seine-Maritime aurait méconnu les dispositions précitées.

En ce qui concerne les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations combinées des articles 17-1 et 17-2 du règlement (UE) n° 604/2013, de l'article 3 de la convention de sauvegarde des libertés et des droits fondamentaux, des stipulations de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européennes et des dispositions de l'article 53-1 de la Constitution :

12. Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'Etat membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'Etat membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () ". Aux termes de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CEDH) : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines et traitements inhumains et dégradants ". Aux termes de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Nul ne peut être soumis à la torture, ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Enfin, aux termes de l'article 53-1 de la Constitution : " La République peut conclure avec les États européens qui sont liés par des engagements identiques aux siens en matière d'asile et de protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales, des accords déterminant leurs compétences respectives pour l'examen des demandes d'asile qui leur sont présentées. Toutefois, même si la demande n'entre pas dans leur compétence en vertu de ces accords, les autorités de la République ont toujours le droit de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté ou qui sollicite la protection de la France pour un autre motif ".

13. La faculté laissée à chaque Etat membre, par l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.

14. L'arrêté attaqué, dans lequel le préfet de la Seine-Maritime a examiné la situation de M. B au regard des articles 3 et 17 du règlement (UE) n° 604/2013 susvisé, a seulement pour objet de renvoyer l'intéressé en Slovénie et non dans son pays d'origine, et ne l'expose donc pas, par lui-même, pour les motifs exposés au point 11, à des peines ou traitements inhumains et dégradants. En outre, le requérant, célibataire et sans enfant et ne contestant pas ne pas avoir de lien sur le territoire français ne se prévaut d'aucun autre élément de nature à justifier qu'à titre dérogatoire sa demande d'asile soit examinée par le France. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet en ne faisant pas usage des dispositions précitées doit donc être écarté.

15. Pour les mêmes motifs le moyen tiré de ce que l'arrêté serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 7 mars 2023 par lequel le préfet de la Seine Maritime a ordonné son transfert vers la Slovénie. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des frais d'instance doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. E B est admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F E B, à Me Elatrassi et au préfet de la Seine-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2023.

La magistrate désignée,

Signé :

C. A

La greffière,

Signé :

M. C

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2301227

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