mercredi 12 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2301421 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | MONTREUIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 avril 2023, M. B C, représenté par Me Montreuil, demande :
1°) de prononcer, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 27 janvier 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de renouveler son certificat de résidence temporaire et a refusé de lui en délivrer un certificat de résidence de longue durée, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de le munir immédiatement d'une autorisation provisoire de séjour permettant l'exercice d'une activité professionnelle ou de réexaminer sa situation dans le délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, le tout sous astreinte journalière de 50 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. C soutient que la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué est remplie dès lors que :
- la compétence de l'auteur du refus de renouvellement du titre de séjour n'est pas justifiée ;
- la commission du titre de séjour n'a pas été saisie ;
- le refus de renouvellement du titre de séjour méconnaît le 2 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le refus de délivrance d'un certificat de résidence d'une durée de dix ans méconnaît le a) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien ;
- les décisions de refus de séjour méconnaissent l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- en ayant affirmé qu'il n'avait pas respecté son contrôle judiciaire alors que l'autorité judiciaire a autorisé sa venue en préfecture avec son épouse pour la journée du 6 janvier 2023, le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation ;
- en affirmant qu'il représente une menace pour l'ordre public au motif qu'il est convoqué devant le tribunal correctionnel le 12 mai 2023, le préfet porte atteinte à la présomption d'innocence garantie par l'article 9 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen et le III de l'article préliminaire du code de procédure pénale ;
- la communauté de vie exigée par le 2 de l'article 6 et par l'article 7 de l'accord franco-algérien doit être tenue pour établie dans la mesure où s'il ne vit pas effectivement avec son épouse, ce n'est pas de son fait mais en raison des mesures imposées par l'autorité judiciaire et ce, alors pourtant que son intention, partagée avec son épouse, est de cohabiter ;
- ses attaches en France sont constituées par son mariage, sa fille née le 14 avril 2022, son insertion professionnelle, son diplôme d'enseignement supérieur en électromécanique, son inscription au registre du commerce en qualité d'autoentrepreneur livreur et son hébergement par un compatriote en situation régulière ;
- le refus de séjour porte atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant au sens du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le refus de séjour est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence de son auteur ;
- l'obligation de quitter le territoire français, qui repose sur un refus de séjour illégal, doit être suspendue par voie de conséquence ;
- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît le 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant ;
- la décision fixant le pays de destination est entachée d'incompétence de son auteur ;
- la décision fixant le pays de destination, qui repose sur une obligation de quitter le territoire français illégale, doit être suspendue par voie de conséquence.
Vu :
- la décision par laquelle M. A a été désigné comme juge des référés ;
- la requête, enregistrée le 7 avril 2023 sous le n° 2301422, tendant, notamment, à l'annulation de l'arrêté préfectoral du 27 janvier 2023 attaqué ;
- la décision du 8 mars 2023 d'attribution de l'aide juridictionnelle ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- la convention relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " En vertu de l'article L. 522-3 du même code, lorsque, notamment, la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou est irrecevable, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. En vertu de l'article R. 522-1 du même code, la requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit justifier de l'urgence de l'affaire.
2. En premier lieu, en vertu du premier alinéa de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert devant le tribunal administratif, pour contester cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur la légalité de ces décisions s'il a été saisi. En l'espèce, le tribunal est saisi d'une requête tendant à l'annulation de la décision d'obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de destination contenues dans l'arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 27 janvier 2023 attaqué.
3. Eu égard à l'effet suspensif qui s'attache de plein droit à ce recours au fond, la demande de suspension de l'exécution de ces mesures d'éloignement est manifestement irrecevable.
4. En second lieu, M. C, ressortissant algérien, a été titulaire d'un certificat de résidence en qualité de conjoint d'une Française jusqu'au 3 octobre 2022. Il indique lui-même en avoir demandé le renouvellement le 6 janvier 2023, postérieurement à l'expiration de sa durée de validité. Ainsi, en dépit de la maladresse de formulation commune aux écrits du requérant et à l'arrêté attaqué, l'intéressé, qui doit être considéré comme auteur, non pas d'une demande de renouvellement, mais d'une première demande de certificat de résidence. Il ne peut donc être réputé placé dans une situation d'urgence dès lors qu'il avait perdu son droit au séjour depuis plus de trois mois lors sa demande d'admission au séjour. En tout état de cause, et quelle qu'en soit la raison, il lui est interdit, par une mesure de contrôle judiciaire, d'entrer en contact avec son épouse jusqu'à l'audience correctionnelle à laquelle il est convoqué. Hébergé par un compatriote, le requérant ne justifie concrètement d'aucune relation avec sa fille, née en avril 2022 et n'a, du reste, pas demandé de titre de séjour en qualité de parent d'une enfant française. S'il a exercé la profession de peintre en bâtiment en qualité de salarié jusqu'en novembre 2022, il ne justifie, depuis lors, que de l'inscription au registre du commerce et des sociétés d'une activité de livreur en auto-entreprise sans démontrer le caractère effectif de cette activité non salariée. Dans ces conditions, l'atteinte à la situation professionnelle et familiale et, plus largement personnelle, de M. C, portée par la décision de refus de séjour contenue dans l'arrêté préfectoral du 27 janvier 2023 n'apparaît pas grave et immédiate au point d'imposer le prononcer une mesure de suspension sans attendre le jugement au fond.
5. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander la suspension des effets de la décision du 27 janvier 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer le certificat de résidence d'un an prévu par le 2 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et le certificat de résidence de dix ans prévu par le a) de l'article 7 bis de cet accord bilatéral. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés au litige doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et à Me Elie Montreuil.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Rouen, le 12 avril 2023.
Le juge des référés,
P. A
N°2301421
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026