mardi 2 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2301700 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | FRANCE TERRE D'ASILE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 27 avril et 2 mai 2023, M. C B, retenu au centre de rétention de Oissel, représenté par Me Molkhou, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 avril 2023 par lequel le préfet du Calvados l'a obligé à quitter le territoire français sans délai en fixant son pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard et de réexaminer sa situation ;
3°) d'enjoindre au préfet de supprimer le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
s'agissant de l'ensemble des décisions contestées :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de ces décisions ;
- les décisions sont insuffisamment motivées ;
s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été prise en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu préalablement à toute décision défavorable ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
s'agissant de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît l'article L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
s'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par trois mémoires en défense, enregistrés les 28 avril et 2 mai 2023, le préfet du Calvados conclut à titre principal au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce que soit minoré le montant des frais liés au litige.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les observations de Me Molkhou, représentant M. B, qui reprend les conclusions et moyens exposés dans la requête, et précise que les condamnations pénales prononcées à l'encontre de M. B remontent à 2017 et qu'il n'a fait l'objet d'aucune condamnation depuis cette date, qu'il justifie d'une communauté de vie depuis 2019 avec sa partenaire et entretient d'étroites relations avec sa fille ainsi qu'avec les enfants de sa compagne,
- les observations de M. B, qui explique qu'il entretient une relation constante avec sa fille qu'il accompagne deux fois par semaine à ses cours de sport, réside à proximité du logement de son ex-campagne afin de voir la régulièrement et que sa mère et sa fratrie résident en France,
- et les observations de Mme A, partenaire de M. B, qui indique qu'ils vivent ensemble depuis 2019, et qu'ils sont déclarés en ce sens auprès la caisse des allocations familiales et qu'il entretient d'étroites relations avec ses filles qui vivent avec eux depuis plus de quatre ans.
Le préfet du Calvados n'était ni présent ni représenté.
En application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, la clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain né le 18 juillet 1983 à Berkane, a été interpellé par des fonctionnaires de la gendarmerie de Vire, le 24 avril 2023, sans pouvoir justifier de la régularité de son séjour. Par l'arrêté attaqué du 25 avril 2023, le préfet du Calvados l'a obligé à quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de renvoi de la mesure d'éloignement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
3. Il ressort des pièces du dossier, ainsi que le préfet le fait valoir, que M. B a été condamné en 2015 à deux peines de six mois d'emprisonnement avec sursis et en 2017 à une peine d'emprisonnement de six mois ferme. Toutefois, en dépit de la gravité des faits commis, les condamnations pénales prononcées à l'encontre de M. B datent de plus de six ans à la date de la décision contestée. En outre, si le préfet affirme que M. B a été interpellé en 2021 pour des faits de vol et d'escroquerie, et en 2022 pour des faits d'ivresse publique et manifeste, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que des poursuites pour ces faits auraient été engagées à son encontre. Il ressort également des pièces du dossier que M. B est père d'une enfant française, présente à l'audience, née en 2013 d'une précédente relation et démontre, tant par les pièces du dossier que par ses observations lors de l'audience, précises et circonstanciées, entretenir une relation étroite avec sa fille. M. B justifie également de sa relation avec une ressortissante française, avec laquelle il a conclu un pacte civil de solidarité le 26 août 2022. En outre, le couple, présent à l'audience, a témoigné, par des déclarations crédibles et circonstanciées corroborées par les pièces du dossier, de la réalité de leur communauté de vie depuis 2019 et de la stabilité de leur relation. L'intéressé justifie en outre de la présence en France de son frère et de sa sœur. Dans ces conditions, en dépit des condamnations prononcées à son encontre, en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet a porté une atteinte disproportionnée au droit au respect à sa vie privée et familiale au regard des buts poursuivis par cette décision. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être accueilli.
4. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 25 avril 2023 portant obligation de quitter le territoire français et, par voie de conséquence, l'annulation des décisions du même jour portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire et fixant le pays de renvoi.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. L'exécution du présent jugement implique, conformément à l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet territorialement compétent réexamine la situation de M. B dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et lui délivre, jusqu'à ce qu'il soit statué sur son cas, une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette mesure de l'astreinte demandée.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 25 avril 2023 par lequel le préfet du Calvados a obligé M. B à quitter sans délai le territoire français et a fixé son pays de destination est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de réexaminer la situation de M. B dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement en lui remettant, jusqu'à ce qu'il soit statué sur son cas, une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet du Calvados.
Lu en audience publique le 2 mai 2023.
La magistrate désignée,
Signé :
H. D
La greffière,
Signé :
M. ELa République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026