vendredi 5 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2301750 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | PIAUD-PEREZ CHLOE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 mai 2023, M. E B, retenu au centre de rétention de Oissel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 avril 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prolongé pour une durée de deux ans l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard et de réexaminer sa situation ;
3°) d'enjoindre au préfet de supprimer le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision contestée ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- la décision est illégale du fait de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête au motif que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les observations de Me Piaud-Perez, avocate désignée d'office, représentant M. B, qui reprend les conclusions et moyens exposés dans la requête, ajoute qu'il ne peut être regardé comme n'ayant pas déféré à l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre alors qu'il a respecté les modalités de pointage de son assignation à résidence, qu'aucun texte ne permet au préfet de prononcer une deuxième prolongation de la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français et précise que M. B réside chez sa sœur avec laquelle il entretient un lien étroit, que son frère vit également en France,
- et les observations de M. B, assisté d'une interprète en langue arabe, qui fait valoir vivre en France depuis 2017, même s'il est reparti en Algérie en 2019 afin d'exécuter l'obligation de quitter le territoire français dont il avait fait l'objet en 2018, qu'il vit avec sa sœur qui l'a élevé, que son frère est également présent en France et qu'il a été scolarisé au lycée à Déville-lès-Rouen en 2017.
Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent ni représenté.
En application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, la clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 9 novembre 1999 à Mostaganem, déclare être arrivé en France en 2017. Il s'est vu notifié, le 9 septembre 2018, par le préfet d'Indre-et-Loire, un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans. Par un arrêté notifié le 2 janvier 2023, le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans. La durée de son interdiction de retour sur le territoire français a été prolongée par un nouvel arrêté du 14 février 2023 pour une durée d'un an. Par l'arrêté du 30 avril 2023, le préfet de la Seine-Maritime a prolongé son interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
2. En premier lieu, par un arrêté du 6 mars 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour, le préfet de la Seine-Maritime a donné délégation à M. C A, sous-préfet de Dieppe, à l'effet de signer, les décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée qui vise les textes dont le préfet a fait application et expose la situation administrative et personnelle de M. B, comprend les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est par conséquent suffisamment motivée.
4. En troisième lieu, le moyen tiré de l'exception d'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire n'est pas assorti de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ; / 2° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français au-delà du délai de départ volontaire qui lui avait été accordé ; / 3° L'étranger est revenu sur le territoire français après avoir déféré à l'obligation de quitter le territoire français, alors que l'interdiction de retour poursuivait ses effets. / Compte tenu des prolongations éventuellement décidées, la durée totale de l'interdiction de retour ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, sauf menace grave pour l'ordre public. "
6. Si, en vertu du dernier alinéa de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, compte tenu des prolongations éventuellement décidées, la durée totale de l'interdiction de retour ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, aucun texte ni aucun principe n'interdit au préfet d'adopter plusieurs prolongations successives dans la limite de cette durée. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. En cinquième lieu, la circonstance, à la supposer même établie que M. B aurait fait l'objet d'une mesure d'assignation à résidence qu'il aurait dûment respecté, est sans incidence sur le caractère exécutoire de la mesure d'éloignement dont il a fait l'objet. Au demeurant, l'intéressé n'apporte aucun élément quant à l'étendue, la durée et le respect de la mesure d'assignation à résidence dont il aurait fait l'objet. Ainsi, contrairement à ce qu'il soutient, M. B doit être regardé comme s'étant maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai. Par suite, ce moyen doit être écarté.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
9. M. B soutient qu'il est arrivé en France en 2017, réside chez sa tante et qu'il a été scolarisé au lycée à Déville-lès-Rouen durant deux ans. Toutefois, l'intéressé qui, selon ses propres déclarations est retourné en Algérie entre 2019 et 2021, est défavorablement connu des services de police, et ne justifie pas, alors même qu'il déclare travailler ponctuellement sur les marchés, d'une insertion professionnelle stable et pérenne, ni d'une intégration sociale. En outre, si M. B se prévaut de la relation intense qu'il entretient avec sa tante, présente à l'audience, qu'il considère comme sa sœur, et de la présence en France de son frère, âgé de dix-huit ans, cette circonstance ne suffit pas à elle seule, en l'absence de précisions quant aux relations entretenues, à caractériser des attaches intenses. Le requérant n'établit pas davantage être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où résident ces deux parents. Dans ces conditions, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées au point précédent en prolongeant de deux ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à l'encontre du requérant.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 30 avril 2023 du préfet de la Seine-Maritime. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B et au préfet de la Seine-Maritime.
Lu en audience publique le 5 mai 2023.
La magistrate désignée,
H. D
La greffière,
P. HISLa République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026