vendredi 2 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2301778 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 3 |
| Avocat requérant | MARY-INQUIMBERT |
Vu la procédure suivante :
I/ Par une requête enregistrée le 2 mai 2023 sous le numéro 2301778, M. C B, représenté par la SELARL Mary et Inquimbert, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 6 avril 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat et au bénéfice de son conseil la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
L'obligation de quitter le territoire français :
- est insuffisamment motivée ;
- a été adoptée en méconnaissance de son droit d'être entendu ;
- méconnaît les articles L. 542-1 et L. 542-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision fixant son pays de destination :
- a été adoptée en méconnaissance de son droit d'être entendu ;
- est insuffisamment motivée ;
- est illégale pour être fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale ;
- est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- procède d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 mai 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
II/ Par une requête enregistrée le 2 mai 2023 sous le numéro 2301802, Mme A D, représentée par la SELARL Mary et Inquimbert, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 6 avril 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat et au bénéfice de son conseil la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
L'obligation de quitter le territoire français :
- est insuffisamment motivée ;
- a été adoptée en méconnaissance de son droit d'être entendu ;
- méconnaît les articles L. 542-1 et L. 542-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision fixant son pays de destination :
- a été adoptée en méconnaissance de son droit d'être entendue ;
- est insuffisamment motivée ;
- est illégale pour être fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale ;
- est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- procède d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 mai 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bouvet comme juge du contentieux des décisions relatives à l'éloignement et à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter et VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bouvet, magistrat désigné ;
- les observations de Me Inquimbert, représentant M. B et Mme D, qui reprend et développe les moyens soulevés dans la requête et qui fait valoir, en outre, que les mesures d'éloignement sont entachées d'un défaut d'examen particulier de la situation personnelle des requérants au regard de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
- les observations de M. B et de Mme D.
Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent ni représenté.
En application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, la clôture d'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 10 décembre 1979, et son épouse, Mme D, née le 17 août 1986, tous deux ressortissants congolais (RDC), déclarent être entrés en France, en compagnie de leurs deux enfants, le 1er janvier 2019, pour y demander l'asile. M. B et Mme D ont fait l'objet d'arrêtés de transfert vers l'Italie, le 5 mars 2019. Le 2 mai suivant, le tribunal administratif de Rouen a rejeté les recours en annulation introduits par les requérants contre ces arrêtés. Le 30 octobre 2019, M. B et Mme D ont été déclarés en fuite. Le 18 décembre 2020, ils ont déposé une demande d'asile qui a été traitée en procédure accélérée. Le 30 décembre 2022, leur demande a été définitivement rejetée par la CNDA. Le 22 février 2023, ils ont sollicité le réexamen de leur demande par l'OFPRA. Le 27 février 2023, l'OFPRA a rejeté cette demande de réexamen comme irrecevable. Par deux arrêtés en date du 6 avril 2023, notifiés le 18 avril, le préfet de la Seine-Maritime a obligé M. B et Mme D à quitter le territoire français sous trente jours et a fixé leur pays de destination. Les requérants demandent, à titre principal, l'annulation de ces arrêtés.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Dans les circonstances de l'espèce, eu égard à l'urgence, il y a lieu d'admettre M. B et Mme D, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la jonction :
3. Les décisions contestées, qui concernent la situation d'un couple de ressortissants congolais, présentent à juger des mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Dès lors, il y a lieu de joindre les requêtes pour statuer par un seul jugement.
Sur les moyens communs aux décisions contestées :
4. En premier lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente serait tenue, dans tous les cas, d'entendre les intéressés lorsque ceux-ci ont déjà eu la possibilité de présenter leur point de vue de manière utile et effective.
5. En l'espèce, les requérants ont pu faire valoir leurs observations de manière utile et effective dans le cadre de l'instruction de leur demande d'asile. Le droit des intéressés à être préalablement entendus ainsi satisfait n'imposait par conséquent pas à l'administration de les mettre à même de réitérer leurs observations ou d'en présenter de nouvelles, préalablement à l'intervention des arrêtés attaqués, pris en application du rejet de leur demande d'asile. Dès lors, faute de justifier d'un élément qui aurait été de nature à influencer le sens de la décision contestée, et qu'ils n'auraient pas été en mesure de faire valoir en temps utile, M. B et Mme D ne sont pas fondés à soutenir que les actes contestés ont été édictés en méconnaissance de leur droit à être préalablement entendus. Le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
6. En second lieu, les arrêtés contestés mentionnent les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles se fondent les décisions qui le composent, ainsi que les articles 3 et 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ils font état d'éléments concernant la situation personnelle des requérants, tant en France que dans leur pays d'origine et indiquent que ceux-ci n'établissent pas être exposés au risque de subir des traitements inhumains ou dégradants en République Démocratique du Congo. Au regard de ces éléments, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, il ressort des termes des décisions litigieuses que le préfet de la Seine-Maritime a bien procédé à un examen particulier de la situation personnelle des requérants, y compris au regard des dispositions de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
8. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 531-32 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides peut prendre une décision d'irrecevabilité écrite et motivée, sans vérifier si les conditions d'octroi de l'asile sont réunies, dans les cas suivants : / () 3° En cas de demande de réexamen lorsque, à l'issue d'un examen préliminaire effectué selon la procédure définie à l'article L. 531-42, il apparaît que cette demande ne répond pas aux conditions prévues au même article. ". Aux termes de l'article L. 531-42 du même code : " A l'appui de sa demande de réexamen, le demandeur indique par écrit les faits et produit tout élément susceptible de justifier un nouvel examen de sa demande d'asile. / L'Office français de protection des réfugiés et apatrides procède à un examen préliminaire des faits ou des éléments nouveaux présentés par le demandeur intervenus après la décision définitive prise sur une demande antérieure ou dont il est avéré qu'il n'a pu en avoir connaissance qu'après cette décision. / Lors de l'examen préliminaire, l'office peut ne pas procéder à un entretien. / Lorsque, à la suite de cet examen préliminaire, l'office conclut que ces faits ou éléments nouveaux n'augmentent pas de manière significative la probabilité que le demandeur justifie des conditions requises pour prétendre à une protection, il peut prendre une décision d'irrecevabilité. ".
9. D'autre part, aux termes de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français ". Aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ". Aux termes de l'article L. 542-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / () 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : / () b) une décision d'irrecevabilité en application du 3° de l'article L. 531-32, en dehors du cas prévu au b du 2° du présent article ; () ".
10. Enfin, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3°. ".
11. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des extraits de l'application " TelemOfpra " versés aux débats par l'administration, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que la demande d'asile présentée par M. B et Mme D a été rejetée par l'OFPRA le 31 juillet 2021 et par la CNDA le 30 décembre 2022. En outre, la demande de réexamen présentée par les requérants a été rejetée par une décision d'irrecevabilité de l'OFPRA en date du 27 février 2023, qui leur a été notifiée le 3 mars 2023. Dans ces conditions, M. B et Mme D ne bénéficiaient plus, en application des dispositions de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point n°9, du droit de se maintenir sur le territoire français à la date de l'arrêté attaqué, quoique leur recours dirigé contre la décision d'irrecevabilité du 27 février 2023 de l'OFPRA soit toujours pendant devant la CNDA. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 542-1 et L. 542-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à le supposer ainsi soulevé, doit être écarté.
12. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
13. Si les requérants, qui ont tous deux la nationalité congolaise, font valoir, sans l'établir, qu'ils demeurent en France depuis le 1er janvier 2019, il ressort des éléments versés aux débats, ainsi qu'il a été dit au point n°1, qu'ils se sont soustraits à l'exécution d'un arrêté de transfert vers l'Italie et ont été déclarés en fuite, le 30 octobre 2019, avant de déposer une demande d'asile, en décembre 2020, une fois la France devenue responsable de leur demande. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de leur durée de séjour. En outre, il n'est nullement établi que les quatre enfants du couple, de nationalité congolaise et nés respectivement en 2012 et 2014, au Brésil, et en 2019 et 2021, en France, ne pourront suivre une scolarité normale en République Démocratique du Congo, de sorte que l'obligation faite à M. B et Mme D de quitter le territoire français, qui n'a ni pour objet ni pour effet de séparer les enfants de leurs parents, ne peut être regardée comme lésant leur intérêt supérieur. Enfin, les requérants n'établissent pas, par la seule production de deux attestations faisant état de leur investissement ponctuel dans des activités de bénévolat, avoir tissé en France des liens personnels d'une particulière intensité. Les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions citées au point n°11 doivent ainsi être écartés.
14. En dernier lieu, au regard de l'ensemble des éléments précédemment exposés, l'erreur manifeste d'appréciation invoquée par les requérants n'est pas établie.
Sur la décision fixant le pays de destination :
15. En premier lieu, il résulte de ce qui a été exposé précédemment que les mesures d'éloignement édictées à l'encontre des requérants ne sont pas illégales. Par suite, l'exception d'illégalité de ces décisions soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre les décisions fixant le pays à destination duquel les intéressés pourront être reconduits, ne peut qu'être écartée.
16. En second lieu, en vertu de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
17. M. B et Mme D allèguent craindre pour leur sécurité en cas de retour dans leur pays d'origine en raison des activités politiques de M. B, qui était sympathisant de l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS). Toutefois, ils ne produisent aucun élément actuel et circonstancié de nature à établir qu'en cas de retour en République Démocratique du Congo, ils seraient effectivement exposés au risque de subir des traitements contraires à l'article 3 de la convention précitée, éléments nouveaux qui seraient de nature à remettre en cause les décisions précitées du juge de l'asile. Il sera, au surplus, relevé que l'UDPS n'est plus un parti d'opposition, l'actuel président de la république de la République Démocratique du Congo, Felix Tshisekedi, étant, d'ailleurs, issu de ses rangs. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'erreur de droit dans la fixation du pays de destination et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés. Par ailleurs, et eu égard à ce précède, l'acte attaqué ne révèle nullement que le préfet, qui s'est livré à une analyse de la situation du requérant, se serait cru en situation de compétence liée à la suite de l'intervention de la décision de l'OFPRA.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés attaqués. Leurs conclusions à fin d'annulation doivent dès lors être rejetées de même que, par voie de conséquence, leurs conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : M. B et Mme D sont admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. B et Mme D est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B, à Mme D, à la SELARL Mary et Inquimbert et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juin 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
C. BOUVET
La greffière,
Signé
C. DUPONT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
C. DUPONT
Nos 2301778 ; 230180
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026