mercredi 17 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2301835 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3P |
| Avocat requérant | SODALO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 avril 2023, M. A B, représenté par Me Sodalo, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 31 mars 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a ordonné son transfert vers l'Italie ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui permettre de déposer sa demande d'asile en France, dans le délai de 15 jours à compter de la notification du jugement.
M. B soutient que l'arrêté attaqué :
- méconnaît l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 ;
- est illégal dès lors qu'il existe des défaillances systémiques en Italie pour l'examen des demandes d'asile et qu'il y a fait l'objet de violences graves ;
Le préfet de la Seine-Maritime a présenté un mémoire en production de pièces qui a été enregistré le 15 mai 2023.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme C comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 16 mai 2023, ont été entendus le rapport de Mme C et les observations de Me Sodalo, pour M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, mais soutient en outre que son entretien n'a pas été confidentiel, le préfet de la Seine-Maritime n'étant ni présent ni représenté.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience, en application des dispositions des articles R. 777-3-6 et R.776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, de nationalité camerounaise, demande l'annulation de l'arrêté du 31 mars 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a ordonné son transfert vers l'Italie.
Sur l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, de prononcer l'admission provisoire de M. B à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions en annulation :
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a été mis en possession, le 9 mars 2023, du guide du demandeur d'asile, de la brochure A et de la brochure B rédigées en langue française qu'il comprend et dont il a signé sans réserve les pages de couverture. Il a indiqué lors de son entretien du même jour que l'information sur les règlements communautaires lui avaient été remis et a signé sans réserve le compte-rendu de cet entretien mentionnant qu'il avait compris la procédure engagée à son encontre. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 4 du règlement n° 604/2013 doit donc être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces produites ni des allégations imprécises du requérant que l'entretien du 9 mars 2023 n'aurait pas eu lieu dans un espace confidentiel comme cela est- indiqué dans le compte-rendu de l'entretien, que M. B a signé sans réserve.
5. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'Italie présenterait des défaillances systémiques dans l'examen des demandes d'asile. Si M. B soutient y avoir subi des violences, il ne l'établit par aucune pièce ni allégation précise. Entré récemment en France, le requérant n'y établi pas d'attaches. Par suite, les moyens qui doivent être regardés comme tirés de la méconnaissance des articles 3 et 17 du règlement (UE) n° 604/2013 doivent être écartés.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 31 mars 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a ordonné son transfert vers l'Italie. Par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin d'injonction doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Sodalo et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2023.
La magistrate désignée,
Signé
H. CLa greffière,
Signé
C. DUPONT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
C. DUPONT
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