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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2301839

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2301839

mercredi 25 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2301839
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1 ère Chambre
Avocat requérantBERRADIA NEJLA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 6 mai 2023, 10 mai 2023 et le 6 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Berradia, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 avril 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de renouveler sa carte de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois et de le munir d'une autorisation provisoire de séjour.

M. B soutient que :

* Le refus de séjour :

- est insuffisamment motivé ;

- est entaché d'une erreur d'appréciation dans la mise en œuvre de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

* L'obligation de quitter le territoire français :

- est illégale en raison de l'illégalité entachant le refus de séjour ;

- constitue une mesure disproportionnée compte tenu de la poursuite des études.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 mai 2023 et le 17 juillet 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.

Vu :

- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative ;

- l'ordonnance du 8 août 2023 fixant la clôture de l'instruction au 8 septembre 2023 à 12h ;

- la décision du 19 avril 2023 admettant M. B au bénéficie de l'aide juridictionnelle totale ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Minne, président de chambre,

- et les observations de Me Berradia, pour M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant de la République démocratique du Congo né le 11 mars 1998, est entré en France le 11 août 2018 muni d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ", et a bénéficié jusqu'en novembre 2022 de cartes de séjour en qualité d'étudiant. Par l'arrêté du 3 avril 2023 attaqué, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de renouveler son dernier titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a désigné le pays de destination.

2. En premier lieu, l'arrêté préfectoral en litige reproduit les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont M. B a demandé le bénéfice en qualité d'étudiant. Il mentionne également les considérations de fait, propres à l'intéressé, qui constituent le fondement du refus de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant" d'une durée inférieure ou égale à un an. () " Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant, de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement ses études. Le renouvellement de ce titre de séjour est ainsi subordonné à la réalité des études et à la progression du bénéficiaire dans celles-ci.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. B s'est inscrit pour l'année universitaire 2018-2019 en première année de licence informatique, électronique, énergie électrique, automatique (IEEEA), à l'université de Rouen, à l'issue de laquelle il a été ajourné avec une moyenne de 7,17 sur 20. Il a ensuite validé sa première année de licence lors de l'année universitaire 2019-2020 en obtenant une moyenne de 11,48 sur 20. Il s'est inscrit en deuxième année de licence IEEEA pour l'année universitaire 2020-2021, à laquelle il a été ajourné avec une moyenne de 4,33 sur 20. Il s'est réinscrit en deuxième année de licence au titre de l'année universitaire 2021-2022, qu'il n'a pas validée avec une moyenne de 6,03 sur 20. L'intéressé s'est réinscrit une troisième fois en deuxième année de licence informatique au titre de l'année universitaire 2022-2023. Si le requérant soutient que ses échecs trouvent leur origine dans des différends familiaux qui l'auraient affecté, la production de l'attestation d'un frère affirmant avoir constaté l'existence d'une discorde entre leurs parents ne constitue pas un élément suffisant pour expliquer ses échecs répétés pendant plusieurs années. Dans ces conditions, M. B, qui n'a obtenu aucun diplôme après quatre années de présence en France, ne démontre pas la réalité et le sérieux de ses études. Par suite, le préfet n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni commis d'erreur d'appréciation de sa situation.

5. En dernier lieu, l'obligation de quitter le territoire français, qui ne repose pas sur une décision de refus de séjour entachée d'illégalité, ne constitue pas une mesure disproportionnée compte tenu des motifs qui précèdent.

6. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 3 avril 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de renouveler sa carte de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Nejla Berradia et au préfet de la Seine-Maritime.

Délibéré après l'audience du 10 octobre 2023 à laquelle siégeaient :

M. Minne, président,

Mme Jeanmougin, première conseillère,

M. Le Vaillant, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2023.

Le président-rapporteur,

P. MINNEL'assesseure la plus ancienne,

H. JEANMOUGIN

Le greffier,

N. BOULAY

N°2301839

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