jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2301857 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CHALOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 mai 2023 à 10 h 29, Mme A B, représentée par Me Chalot, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 28 avril 2023 par lequel le chef d'établissement de la maison d'arrêt d'Évreux lui a refusé un permis de visite pour rendre visite à son compagnon, M. D C ;
2°) d'enjoindre au chef d'établissement de la maison d'arrêt d'Évreux de lui délivrer un permis de visite dans les 48 h de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou à titre subsidiaire de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle n'a pas pu rendre visite à son compagnon depuis 4 mois ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 mai 2023 à 14 h 06, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme E pour statuer sur les demandes de référé ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code pénitentiaire ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Après avoir convoqué les parties à l'audience publique.
Au cours de l'audience publique du 11 mai 2023 à 15 h 45, Mme Jeanmougin, juge des référés, a présenté son rapport et entendu les observations de Me Chalot pour Mme B.
La clôture de l'instruction est intervenue à 16 h 05 en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B doit être regardée comme demandant son admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Il y a lieu, eu égard au délai imparti au tribunal pour statuer sur la requête de Mme B, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
3. Aux termes de l'article L. 341-1 du code pénitentiaire : " Le droit des personnes détenues au maintien des relations avec les membres de leur famille s'exerce notamment par les visites que ceux-ci leur rendent. " Aux termes de l'article L. 341-7 du même code : " L'autorité administrative ne refuse de délivrer, suspend ou retire un permis de visite aux membres de la famille d'une personne condamnée, que pour des motifs liés au maintien du bon ordre et de la sécurité ou à la prévention des infractions. / L'autorité administrative peut également, pour les mêmes motifs ou s'il apparaît que les visites font obstacle à la réinsertion de la personne condamnée, refuser de délivrer un permis de visite à d'autres personnes que les membres de la famille, suspendre ce permis ou le retirer ".
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que Mme B a sollicité à plusieurs reprises l'autorisation de visiter M. C et que des refus lui ont été opposés le 10 mars 2023, le 27 mars 2023 et, par la décision contestée du 28 avril 2023, prise sur réexamen après que le juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a suspendu la décision du 27 mars 2023. La décision en litige prive la requérante de tout contact direct avec son compagnon pendant une durée indéterminée, alors que ce dernier est incarcéré depuis le 12 janvier 2023 pour plusieurs années, même si elle conserve la possibilité d'avoir des échanges par courrier, dans les conditions prévues à l'article R. 345-3 du code pénitentiaire, ou par téléphone dans les conditions prévues par l'article R. 345-14 du même code. Les motifs de la décision, tirés du risque d'introduction de stupéfiants dans la maison d'arrêt et de menaces proférées par courrier à l'encontre de M. C, laissent supposer qu'aucun permis ne sera délivré pendant tout le temps de l'incarcération de M. C, condamné à 42 mois d'emprisonnement. L'exécution de la décision contestée, compte tenu de l'écoulement du temps, est donc susceptible, dans les circonstances de l'espèce, de créer une situation d'urgence justifiant l'intervention du juge des référés dans le délai de 48 h.
5. En second lieu, les décisions tendant à restreindre, supprimer ou retirer les permis de visite affectent directement le maintien des liens des détenus avec leurs proches et sont susceptibles de porter atteinte à leur droit au respect de leur vie privée et familiale protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il appartient en conséquence à l'autorité compétente de prendre les mesures nécessaires, adaptées et proportionnées à assurer le maintien du bon ordre et de la sécurité de l'établissement pénitentiaire ou, le cas échéant, la prévention des infractions sans porter d'atteinte excessive au droit des détenus et au droit de leurs proches au respect de leur vie privée et familiale.
6. Il résulte de l'instruction que Mme B réside depuis le début de l'année 2021 avec M. C et qu'elle n'a pas pu le voir depuis l'incarcération de ce dernier en janvier 2023. Il ne ressort pas des pièces produites que la relation entre Mme B et M. C aurait été rompue, compte tenu notamment de la fréquence de leurs appels téléphoniques. Si le ministre de la justice indique qu'il existe un risque, d'une part, que Mme B, condamnée à 3 mois d'emprisonnement avec sursis notamment pour détention non autorisée de stupéfiants,, introduise des stupéfiants dans la maison d'arrêt et, d'autre part, s'en prenne à M. C, les permis de visite peuvent n'être délivrés que pour un nombre limité de visites et le ministre ne donne aucune indication précise sur les motifs qui compromettraient l'efficacité des mesures de sécurité particulières pouvant être prises pour prévenir les risques de sécurité allégués, en particulier les mesures de contrôle mentionnées à l'article R. 341-11 du code pénitentiaire, l'interdiction de remettre tout objet pendant les parloirs, prévue par l'article R. 341-12 de ce code, le dispositif de séparation mentionné à l'article R. 341-13 du même code, la présence d'un personnel de surveillance pénitentiaire prévue par les dispositions de l'article R. 341-14 du même code et le pouvoir de ce dernier de mettre un terme à la visite pour des raisons tenant au maintien du bon ordre et de la sécurité. Par suite, le refus de délivrer à Mme B un permis de visite porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à demander la suspension de la décision du 28 avril 2023 par laquelle le chef d'établissement de la maison d'arrêt d'Évreux lui a refusé un permis de visite pour rendre visite à son compagnon, M. D C et à ce qu'il soit enjoint à l'administration de délivrer un permis de visite à Mme B, dans le délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu'il y ait lieu de prononcer une astreinte.
8. Mme B a été admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 800 euros, sous réserve de l'admission définitive de la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle et sous réserve que son conseil renonce à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle. En cas de non admission définitive de la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à Mme B, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Aucun dépens n'ayant été engagé dans la présente instance, les conclusions présentées au titre de ces frais ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'exécution de la décision du 28 avril 2023 du directeur de la maison d'arrêt d'Évreux refusant un permis à Mme B pour rendre visite à M. C est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint à l'administration de délivrer un permis de visite à Mme B dans le délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 4 : L'État versera à Me Chalot la somme de 800 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de l'admission définitive de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle et sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État. En cas de non admission définitive de l'intéressée au bénéfice de l'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à Mme A B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus de la requête de Mme B est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Chloé Chalot et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Copie en sera adressée au directeur de la maison d'arrêt d'Évreux.
Fait à Rouen, le 11 mai 2023.
La juge des référés, La greffière,
Signé :Signé :
H. E P. HIS
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026