vendredi 16 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2301927 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 2 |
| Avocat requérant | BIDAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 mai 2023, M. A E, représenté par Me Bidault, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 2 mai 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler, pour excès de pouvoir, l'" interdiction " de solliciter l'abrogation de l'interdiction de retour sans avoir quitté le territoire français ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat, à titre principal, une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et à titre subsidiaire, la même somme à lui verser directement au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers en l'absence de mention de la qualité de son signataire ;
- a été signée par une autorité incompétente ;
- est intervenue au terme d'une procédure irrégulière en l'absence de respect de son droit à être préalablement entendu ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision portant refus de délai de départ volontaire :
- méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers en l'absence de mention de la qualité de son signataire ;
- a été signée par une autorité incompétente ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers en l'absence de mention de la qualité de son signataire ;
- a été signée par une autorité incompétente ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision portant " interdiction " de solliciter l'abrogation de l'interdiction de retour sans avoir quitté le territoire français :
- méconnaît les dispositions de l'article L. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun de ces moyens n'est fondé.
Par courrier du 26 mai 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des conclusions, présentées à titre subsidiaire, tendant à l'annulation de l'article 5 de l'arrêté du 2 mai 2023, " interdisant " de solliciter l'abrogation de l'interdiction de retour sans avoir quitté le territoire français, dès lors que les dispositions de cet article ne présentent pas le caractère d'une décision.
M. E a déposé une demande d'aide juridictionnelle enregistrée le 12 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Par une décision du 24 avril 2023, le président du tribunal a désigné M. C comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter et VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 14 juin 2023, a été entendu le rapport du magistrat désigné.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction est intervenue après appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A E, ressortissant algérien, déclare être entré en France le 3 décembre 2018. A la suite du placement en garde à vue de l'intéressé, le 4 juin 2022, pour des faits de vol en réunion, ayant conduit à la vérification de son droit au séjour, et par arrêté du 5 juin 2022, le préfet de la Seine-Maritime lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de deux ans. Par un arrêté du 29 juillet 2022, le préfet de la Seine-Maritime a prolongé de deux ans la durée de cette interdiction, puis, à nouveau, d'un an par un arrêté du 19 septembre 2022. Par jugement n° 2203171-2203839 du 28 septembre 2022, le tribunal administratif de Rouen a rejeté les recours de M. E contre ces deux derniers arrêtés. Par jugement du 21 avril 2023, le tribunal judiciaire de Rouen a condamné ce dernier à une peine de quatre mois d'emprisonnement pour des faits de violence sur sa compagne, en présence d'un mineur. Par l'arrêté attaqué du 2 mai 2023, le préfet de la Seine-Maritime a fait obligation à M. E de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour d'une durée de trois ans.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire en application des dispositions mentionnées au point précédent.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci () ".
5. Il ressort des mentions que comporte l'arrêté attaqué qu'il a été signé par Mme B D, cheffe du bureau de l'éloignement, laquelle a reçu, par arrêté du 30 janvier 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, délégation du préfet de la Seine-Maritime à l'effet de signer, pour les actes relevant des attributions du bureau, les mesures d'éloignement des étrangers, les décisions relatives au délai de départ volontaire, à l'interdiction de retour et les décisions fixant le pays de renvoi. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance d'une part, des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration et d'autre part, de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. E a été entendu, le 17 avril 2023, à l'occasion de sa garde à vue, pour des faits de violence intrafamiliale. Ainsi que le soutient le requérant, cette audition, antérieure à sa condamnation par le jugement du 21 avril 2023 cité au point 1, n'a pas immédiatement précédé la mesure d'éloignement attaquée et il n'a pas été de nouveau entendu alors qu'il était détenu à la maison d'arrêt de Rouen. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que lors de cette audition, il a pu faire part des éléments concernant sa situation familiale. Par ailleurs, s'il n'a pas été mis à même de s'exprimer sur ses perspectives d'insertion professionnelle à sa sortie de détention, il ne verse à l'instance aucun élément de nature à démontrer la réalité des éléments dont il aurait pu faire état, dont il ne se prévaut au demeurant pas, dans sa requête, pour démontrer ses attaches et son insertion en France. Dans ces conditions, M. E n'établit pas que le manquement à son droit à être préalablement entendu l'a effectivement privé de la possibilité de mieux faire valoir sa défense. Par suite, le moyen tiré de ce que ce droit n'a pas été respecté, doit être écarté.
7. En deuxième lieu, et d'une part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ".
8. D'autre part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. M. E soutient que, présent en France depuis environ cinq ans, il entretient une relation sentimentale avec une ressortissante française et que le couple attend son premier enfant, les démarches pour le reconnaître ayant été engagées alors qu'il était en détention. Il indique également avoir engagé une démarche de soins à l'unité psychiatrique de la maison d'arrêt de Rouen. Il estime en outre que c'est à tort que le préfet a estimé qu'il constituait une menace pour l'ordre public. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la présence en France de M. E n'est établie qu'à compter du 18 novembre 2020, ce dernier ne justifiant dès lors pas de l'ancienneté de séjour alléguée. En outre, les déclarations de l'intéressé lors de son audition, le 17 avril 2023, ne permettent pas de démontrer le caractère stable de sa relation avec sa compagne, avec laquelle la vie commune a cessé, et alors même que celle-ci est enceinte. Par ailleurs, M. E ne justifie d'aucune attache familiale en France, ni d'aucun gage d'insertion sociale ou professionnelle. Il ressort de plus des pièces du dossier que l'intéressé a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement. Enfin et au demeurant, il ressort de ses déclarations lors de son audition que M. E n'a pas pris conscience de la gravité des faits, qu'il n'a pas reconnus et pour lesquels il a ultérieurement été condamné à une peine de quatre mois d'emprisonnement, et peut dès lors, en dépit de la démarche de soins engagée, être regardé comme présentant une tendance à maintenir, à l'avenir, ce comportement délictueux, alors en outre qu'il a déjà été poursuivi, sous un alias, pour des faits de recel de bien provenant d'un vol, ayant justifié sa mise en détention provisoire. C'est donc à raison que le préfet a pu considérer que le comportement de M. E constituait une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, la décision attaquée ne porte pas au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations citées au point précédent doit être écarté. Il en va de même, pour les mêmes motifs, du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle de M. E.
En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
10. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".
11. M. E soutient que la décision attaquée ayant pour effet de le priver de la possibilité d'assister à la naissance de son enfant, elle est ainsi entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation " et porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Toutefois, la décision attaquée, qui n'a pas pour objet d'éloigner l'intéressé du territoire français, n'a pas les effets que lui prête le requérant, dès lors qu'il ressort des pièces que le terme de la grossesse de sa compagne est prévu au mois d'octobre 2023. Au demeurant, ainsi qu'il a été dit au point 9, le comportement de M. E peut être regardé comme constituant une menace pour l'ordre public au sens du 1° de l'article L. 612-2 précité. Une telle circonstance suffit à fonder la décision attaquée, alors en outre que l'intéressé ne peut justifier d'un document d'identité et que, au surplus, il s'est précédemment soustrait aux obligations lui incombant dans le cadre d'une précédente assignation à résidence, ainsi d'ailleurs qu'il l'a lui-même déclaré lors de son audition. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté. Il en va de même, pour les mêmes motifs, d'une part, du moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'autre part, du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle de M. E.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
12. M. E ne soulève aucun moyen au soutien des conclusions qu'il présente tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi, qui ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
14. M. E soutient qu'il est présent depuis environ cinq ans en France, où son comportement ne présente pas une menace pour l'ordre public, et que la naissance de son enfant est prévue le 31 octobre 2023. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 9, d'une part, l'intéressé ne démontre pas l'ancienneté de sa présence en France, qui est au plus d'environ deux ans et demi, ni la stabilité de la relation qu'il entretient avec une ressortissante française, fût-elle mère de son enfant à naître, laquelle considération ne constitue d'ailleurs pas une circonstance humanitaire au sens des dispositions précitées. D'autre part, le comportement de M. E doit être regardé comme présentant une menace pour l'ordre public. Par ailleurs, comme il a été dit précédemment, l'intéressé ne justifie d'aucune attache familiale en France, ni d'aucun gage d'insertion sociale ou professionnelle et a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté. Il en va de même, pour les mêmes motifs, d'une part, du moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'autre part, du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle de M. E.
15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions, présentées à titre principal, à fin d'annulation de l'arrêté du 2 mai 2023 du préfet de la Seine-Maritime doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant " interdiction " de solliciter l'abrogation de l'interdiction de retour sans avoir quitté le territoire français :
16. Aux termes de l'article L. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut à tout moment abroger l'interdiction de retour. / Lorsque l'étranger sollicite l'abrogation de l'interdiction de retour, sa demande n'est recevable que s'il justifie résider hors de France. Cette condition ne s'applique pas : / 1° Pendant le temps où l'étranger purge en France une peine d'emprisonnement ferme ; / 2° Lorsque l'étranger fait l'objet d'une mesure d'assignation à résidence prise en application des articles L. 731-1 ou L. 731-3 ".
17. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué du 2 mai 2023 que son article 5 prévoit que M. E " ne peut solliciter l'abrogation de l'interdiction de retour que s'il justifie avoir quitté le territoire français ". Contrairement à ce que soutient le requérant, par cette mention, le préfet s'est borné à rappeler les termes du deuxième alinéa de l'article L. 613-7 précité. Il n'a ce faisant pas entendu s'interdire d'abroger à tout moment l'interdiction de retour, ni s'affranchir des dispositions du 1° de cet article qui permettent, par dérogation, à un étranger de solliciter l'abrogation d'une telle interdiction alors qu'il purge en France une peine d'emprisonnement ferme, ni même priver M. E par avance du bénéfice de ces dispositions. Dans ces conditions, l'article 5 de l'arrêté du 2 mai 2023 ne présente pas le caractère d'une décision. Les conclusions présentées, à titre subsidiaire, par M. E tendant à son annulation doivent dès lors être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens :
18. Les conclusions de M. E aux fins d'injonction et d'astreinte et celles qu'ils présentent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doivent être rejetées par voie de conséquence du rejet de ses conclusions aux fins d'annulation, à titre principal et à titre subsidiaire, respectivement prononcé aux points 15 et 17.
D E C I D E :
Article 1er : M. E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. E est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A E, à Me Bidault et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 16 juin 2023.
Le magistrat désigné,
J. CLa greffière,
N. Drouilhet
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026