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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2302066

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2302066

mardi 30 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2302066
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique
Avocat requérantBERRADIA NEJLA

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête enregistrée sous le n° 2302065 le 26 mai 2023, M. A B, représenté par Me Berradia, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 24 mai 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de sa destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de procéder à un nouvel examen de sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son conseil renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

M. B soutient que :

La décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire :

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation des faits ", dès lors qu'il a attesté de ce qu'il était en train de constituer un dossier de demande de titre de séjour " étranger malade " ;

- a été prise en méconnaissance de sa situation médicale, dès lors que le préfet aurait dû saisir pour avis le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

La décision portant fixation du pays de destination :

- est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- est illégale, dès lors qu'il présente un état de santé incompatible avec tout voyage ;

La décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- est illégale, dès lors qu'il n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 mai 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

II. Par une requête enregistrée sous le n° 2302066 le 26 mai 2023, M. A B, représenté par Me Berradia, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 24 mai 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de procéder à un nouvel examen de sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son conseil renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

M. B soutient que l'arrêté attaqué :

- est entaché d'une " erreur manifeste d'appréciation des faits ", dès lors qu'il a attesté de ce qu'il était en train de constituer un dossier de demande de titre de séjour " étranger malade " ;

- est entaché d'une " erreur manifeste d'appréciation ", dès lors que l'obligation de signer deux fois par semaine pendant quarante-cinq jours est lourde de conséquences sur sa santé et constitue, de ce fait, un traitement inhumain ; en outre, le préfet ne justifie pas la possibilité réelle de mettre en œuvre son éloignement à bref délai, vu l'absence de passeport et son état de santé critique ;

- méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'elle conduit à le priver de soins et d'accès à ses médecins ;

- est illégal, en ce qu'il ne présente pas de risque de fuite.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 mai 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Thielleux en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Thielleux, magistrate désignée ;

- les observations de Me Merhoum, substituant Me Berradia, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'elle développe ; elle précise, à l'appui du moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise en méconnaissance de la situation médicale de M. B, faute de saisine préalable pour avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qu'aucun traitement approprié à l'état de santé de l'intéressé n'est effectivement disponible dans son pays d'origine ;

- et les observations de M. B, assisté de Mme C, interprète assermentée en langue marocaine, qui répond aux questions posées par le tribunal ;

- le préfet de la Seine-Maritime n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant marocain né le 2 août 1994 à Beni Mellel, serait entré en France au mois de juin 2021 selon ses déclarations et s'est fait interpeler à Rouen le 23 mai 2023 par les services de police et placé en garde-à-vue pour suspicion de vol en réunion avec dégradations alors qu'il avait pénétré dans l'enceinte d'un immeuble inoccupé en rénovation dans l'unique but d'y passer la nuit, sans dérober le moindre objet. Par deux arrêtés du 24 mai 2023, le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de sa destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an, et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par les requêtes nos 2302065 et 2302066, M. B demande l'annulation des deux arrêtés du 24 mai 2023.

Sur la jonction :

2. Les requêtes visées ci-dessus nos 2302065 et 2302066 concernent la situation d'un même étranger et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'aide juridictionnelle :

3. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, de prononcer l'admission provisoire de M. B à l'aide juridictionnelle dans l'instance n° 2302065.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai :

4. En premier lieu, la décision attaquée, qui n'avait par ailleurs pas à indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments afférents à la situation personnelle de M. B, mentionne, avec une précision suffisante, les circonstances de fait et de droit qui en constituent le fondement pour mettre utilement l'intéressé en mesure de discuter les motifs de cette décision et le juge d'exercer son contrôle. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

5. En second lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ". Aux termes de l'article R. 611-1 du même code : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. () ". Aux termes de l'article R. 611-2 du code précité : " L'avis mentionné à l'article R. 611-1 est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu : / 1° D'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement l'étranger ou un médecin praticien hospitalier ; () ".

6. D'une part, il est constant que la décision attaquée est intervenue sans saisine préalable, pour avis, du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

7. Toutefois, même en l'absence de demande de titre de séjour, le préfet qui dispose d'éléments suffisamment précis et circonstanciés établissant qu'un étranger est susceptible de bénéficier des dispositions citées au point précédent, doit saisir le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration préalablement à l'intervention d'une décision portant obligation de quitter le territoire français.

8. En l'espèce, M. B ne démontre pas avoir fait établir le certificat médical prévu aux dispositions précitées de l'article R. 611-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En tout état de cause, et contrairement à ce qu'il allègue, alors qu'il a pu faire valoir ses éventuelles observations de manière utile et effective dans le cadre de son audition par les services de police le 24 mai 2023, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'intéressé a fait état auprès du préfet, avant la décision attaquée, de son état de santé, alors qu'il a lui-même indiqué à l'occasion de cette audition " [n'avoir] plus de soins particuliers " concernant sa jambe amputée et " [être] suivi à Bois-Guillaume pour avoir une prothèse ". En outre, l'attestation établie le 25 mai 2023 par une accompagnatrice sociale, qui mentionne notamment qu' " un dossier est en cours pour une demande de Titre de séjour " étranger malade " ", ne permet à elle seule pas d'établir que M. B aurait sollicité son admission au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet fait à cet égard valoir sans être contesté que M. B est inconnu des logiciels préfectoraux. Il suit de là que le préfet ne pouvait être regardé, à la date de la décision en litige, comme disposant d'éléments suffisants lui imposant de saisir préalablement le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

9. D'autre part, les deux documents médicaux produits par le requérant à l'appui de ses écritures, datés des 21 septembre 2022 et 2 janvier 2023, consistent en une attestation d'un médecin adressant M. B à un confrère afin qu'une prothèse de la jambe gauche soit mise en place et en un rendez-vous en consultation au centre régional de médecine physique et de réadaptation pour le 16 février 2023. Ces seuls documents médicaux ne sauraient suffire à établir que l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sans que ne soit remise en cause la circonstance que M. B est amputé de la jambe gauche. En tout état de cause, le requérant ne produit aucune pièce démontrant qu'il ne pourra effectivement bénéficier d'un traitement approprié, dont il ne précise pas la nature, dans son pays d'origine.

10. Il suit de là que les moyens tirés de ce que la décision attaquée serait entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation des faits " et de ce qu'elle aurait été prise en méconnaissance de la situation médicale de M. B, faute d'avoir été précédée de la saisine, pour avis, du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration doivent être écartés.

11. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 24 mai 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai.

Sur la décision portant fixation du pays de sa destination :

12. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité de la décision attaquée par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

13. En second lieu, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que l'état de santé de M. B ne lui permettrait pas de voyager. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.

14. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 24 mai 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a fixé le pays de sa destination.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

15. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité de la décision attaquée par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

16. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

17. M. B, doit être regardé comme soutenant que la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation. Toutefois, et eu égard à ce qui a été dit précédemment, il ne justifie pas que des circonstances humanitaires s'opposeraient à ce qu'il fasse l'objet d'une interdiction de retour en France. Par ailleurs, si le requérant n'a fait l'objet d'aucune précédente mesure d'éloignement et si sa présence en France ne représente pas de menace pour l'ordre public, il est constant qu'il est célibataire et sans charge de famille en France, où il déclare résider, sans l'établir, depuis moins de deux ans, et ne justifie pas de liens stables sur le territoire national. Dans ces conditions, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation en fixant à un an la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français contestée.

18. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 24 mai 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur la décision portant assignation à résidence :

19. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour de étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".

20. En premier lieu, ainsi que cela a été dit au point 8 du présent jugement, la seule attestation établie le 25 mai 2023 par une accompagnatrice sociale, qui mentionne notamment qu' " un dossier est en cours pour une demande de Titre de séjour " étranger malade " ", ne permet pas d'établir que M. B aurait sollicité son admission au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet fait à cet égard valoir sans être contesté que M. B est inconnu des logiciels préfectoraux. Ce moyen doit, dès lors et en tout état de cause, être écarté.

21. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

22. D'une part, s'il est constant que M. B " doit entrer prochainement en protocole de soins au centre de rééducation des [Herbiers] situé à [Bois-Guillaume] " en vue de bénéficier d'une prothèse de la jambe gauche, ainsi que cela ressort de l'attestation établie le 25 mai 2023 par une accompagnatrice sociale, cette seule circonstance ne saurait suffire à établir que l'obligation de pointage imposée à l'intéressé par l'arrêté attaqué, soit un pointage tous les mercredi et vendredi à 09h10 dans les locaux de la police aux frontières, serait disproportionnée ou méconnaîtrait les stipulations citées au point précédent. Aucune pièce du dossier ne permet d'établir que M. B ne pourrait s'y rendre en raison de son état de santé ou que cette obligation le priverait de la possibilité d'accéder à des soins ou des médecins.

23. D'autre part, en se bornant à soutenir que le préfet de la Seine-Maritime n'apporte aucun élément de nature à considérer que son éloignement serait une perspective raisonnable, au sens des dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le requérant n'apporte aucun commencement de preuve permettant d'établir qu'une telle perspective est inexistante, alors en outre qu'il a déclaré, lors de son audition, disposer de documents d'identité laissés " dans un foyer pas loin de la gare de Rouen ".

24. Il suit de là que les moyens tirés de ce que l'arrêté attaqué serait entaché d'une " erreur manifeste d'appréciation " et méconnaîtrait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

25. En dernier lieu, l'existence d'un risque de soustraction à l'exécution d'une mesure d'éloignement n'est pas une condition de la légalité d'un arrêté d'assignation à résidence. Par suite, le requérant ne peut utilement soutenir que l'arrêté attaqué serait illégal en l'absence d'un tel risque. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.

26. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 24 mai 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

27. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des deux arrêtés du 24 mai 2023. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions des requêtes nos 2302065 et 2302066 présentées à fin d'injonction, ainsi que celles relatives aux frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire dans l'instance n° 2302065.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2302065 est rejeté.

Article 3 : La requête n° 2302066 est rejetée.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Berradia et au préfet de la Seine-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.

La magistrate désignée,

Signé :

D. Thielleux

La greffière,

Signé :

P. His

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Nos 2302065, 2302066

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