mardi 20 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2302079 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 3 |
| Avocat requérant | MUKENDI NDONKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 mai 2023, M. B A, représenté par Me Mukendi Ndonki, demande au tribunal :
- de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
- d'annuler l'arrêté du 14 mai 2023 par lequel le préfet de l'Eure l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
- d'enjoindre au préfet de l'Eure de lui délivrer une attestation provisoire de séjour temporaire, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
- de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1200 euros au titre de l'article 37 alinéa 2 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ou de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- il ne peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement dès lors qu'il justifie d'un droit au séjour de plein droit ;
- l'acte attaqué est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est contraire à l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
s'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale dès lors qu'elle est fondée sur une mesure d'éloignement illégale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2023, et un mémoire complémentaire, enregistré le 19 juin 2023, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête. Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Leduc juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter du titre VII du livre VII de la partie règlementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- le rapport de M. Leduc, magistrat désigné ;
- les observations de Me Lepeuc, substituant Me Mukendi Ndonki, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A est un ressortissant algérien né le 29 août 1989, entré en France en 2017 au moyen d'un visa touristique d'une durée de validité d'un mois. Le 7 mai 2021, le préfet de la Seine-Maritime a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, dont la demande en annulation a été rejetée par le tribunal administratif de Rouen le 15 juillet 2021. Après son interpellation le 13 mai 2023 par les forces de l'ordre pour défaut de titre de conduite, le préfet de l'Eure, par l'arrêté attaqué du 14 mai 2023, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de renvoi.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, la mesure d'éloignement en litige énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles s'est fondé le préfet pour la prononcer, et il ressort de ses termes mêmes qu'elle a été précédée d'un examen particulier de la situation personnelle de M. A, nonobstant la regrettable absence de mention relative à son enfant né le 26 août 2020. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen doivent être écartés.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 visé ci-dessus : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ;() ". Contrairement à ce qu'il soutient, et alors en outre qu'il se borne à soulever ce moyen sans indiquer les raisons factuelles en justifiant, M. A ne relève pas d'une catégorie de ressortissants algériens susceptibles d'obtenir de plein droit un certificat de résidence d'un an. A la supposer invoquée à l'appui de ce moyen, la triple circonstance qu'il est entré régulièrement en France en 2017, a épousé en novembre 2020 une ressortissante algérienne dont le titre de séjour est valable jusqu'en 2027, et est le père d'un enfant né le 26 août 2020 de cette union, est, par suite, sans incidence sur la légalité de l'acte attaqué.
5. En troisième lieu, M. A soutient que l'acte attaqué méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant dès lors qu'il est le père d'un enfant né le 26 août 2020 de sa relation avec son épouse qui dispose d'un certificat de résidence, ressortissante algérienne qu'il connait depuis 2018, avec laquelle il vit depuis 2019. Il fait également valoir qu'il réside depuis plus de cinq ans en France, où il a retrouvé une sœur de nationalité française, et fait état de sa parfaite insertion professionnelle puisqu'il exerce en qualité de commerçant ambulant depuis mars 2021.
6. Il convient néanmoins de relever que M. A, dont la durée du séjour est liée au défaut d'exécution d'une mesure d'éloignement datant de 2021, a entamé sa vie familiale sur le territoire français à un moment où sa situation, présentée ci-dessus, était telle qu'elle ne pouvait que lui conférer un caractère précaire, dès lors qu'il n'a jamais entrepris de démarches tendant à la régularisation de sa situation administrative, et qu'il a fait l'objet de la mesure d'éloignement ainsi que d'une décision de justice auxquelles il n'a pas déféré. Il ne pouvait ainsi ignorer qu'il était susceptible de faire l'objet, eu égard à sa situation en France, d'une mesure d'éloignement. Par ailleurs, la durée de la vie commune du requérant et de la ressortissante algérienne précitée n'est pas établie depuis 2019, de même que ses allégations relatives à sa sœur française. Il n'établit pas ne pas disposer d'attaches familiales en Algérie, où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-sept ans, et où la cellule familiale avec, d'une part, son enfant, qui n'est pas même âgé de trois ans à la date de l'acte attaqué, et, d'autre part, son épouse de même nationalité que lui, qui ne travaille pas en France et dispose d'un titre de séjour dont le terme est fixé en 2027, pourra se reconstituer. Dans ces conditions, l'administration ne peut être regardée comme ayant porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale et à l'intérêt supérieur de son enfant une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision contestée a été prise. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
7. En premier lieu, l'acte attaqué énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles s'est fondé le préfet pour la prononcer. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
8. En second lieu, il résulte de ce qui a été relevé précédemment que le requérant n'est pas fondé à se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la mesure d'éloignement pour demander l'annulation de la décision attaquée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, à l'exception de celles relatives à l'aide juridictionnelle provisoire.
D E C I D E:
Article 1er: M. A est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2: Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3: Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Mukendi Ndonki et au préfet de l'Eure.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
C. LEDUCLa greffière,
Signé
C. DUPONT
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
C. DUPONT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026