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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2302106

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2302106

jeudi 5 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2302106
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2 ème Chambre
Avocat requérantLEPEUC MARIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 mai 2023, M. D, représenté par Me Lepeuc, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 décembre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ; ou à défaut de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir et de lui délivrer un récépissé dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

La décision portant refus de séjour :

- illégale dès lors qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public ;

- n'a pas été précédée de la saisine pour avis de la commission du titre de séjour ;

- est entachée d'un vice de procédure tiré du défaut de production de l'avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est illégale en raison du défaut de saisine du collège des médecins de l'OFII ;

- est illégale par exception de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

La décision fixant le pays de destination :

- est insuffisamment motivée ;

- est illégale par exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français

- méconnaît les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a produit des observations enregistrées le 11 septembre 2023.

Il soutient, à titre principal, à l'absence de conséquences d'une exceptionnelle gravité en cas d'arrêt de son traitement par M. C, et à titre subsidiaire, à l'existence d'un traitement adapté dans son pays d'origine.

M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Le Duff,

- les observations de Me Lepeuc, représentant M C.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant géorgien né le 25 janvier 1989, déclare être entré en France en octobre 2017 accompagné de son épouse et de leurs deux enfants. Par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 12 juin 2018, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 22 novembre 2019, l'intéressé s'est vu refuser le bénéfice de l'asile. Par arrêté du 4 juillet 2019, le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination. Cette décision a été confirmée par jugement du tribunal administratif de Rouen n°1902615 du 23 octobre 2019. M. C s'étant maintenu sur le territoire français malgré cette décision, a sollicité, par courrier du 18 juin 2000, son admission au séjour sur le fondement des dispositions des 7° et 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 19 septembre 2021, le préfet de l'Orne a pris un nouvel arrêté portant obligation de quitter le territoire français, et lui interdisant le retour pour une durée de deux ans. Par jugement du tribunal administratif de Rouen du 3 mars 2022 n°2103588, il a été enjoint au préfet territorialement compétent de réexaminer la demande de M. C. Par un nouvel arrêté du 12 décembre 2022, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans. M. C demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la décision portant refus de séjour :

2. En premier lieu, pour refuser d'admettre M. C au séjour, le préfet de la Seine-Maritime s'est notamment fondé sur la circonstance que l'intéressé représentait une menace pour l'ordre public. Il ressort à cet égard des pièces du dossier et en particulier du bulletin n°2 du casier judiciaire que M. C, connu sous cinq identités différentes, a été condamné le 6 septembre 2018 par le tribunal correctionnel du Havre à un mois d'emprisonnement assorti du sursis pour des faits de vol simple et le 7 mai 2019, à une peine de 500 euros d'amende pour des faits analogues. Par ordonnance du 11 septembre 2020, le président du tribunal judiciaire de Rouen a condamné M. C à une amende délictuelle de 300 euros pour des faits de vol commis en état de récidive légale, puis par ordonnance du 12 janvier 2021, M. C a été condamné à une amende délictuelle de 200 euros ainsi qu'à la suspension de son permis de conduire pendant deux ans pour des faits de circulation d'un véhicule terrestre à moteur sans assurance. Enfin, par ordonnance du 21 mai 2021, le président du tribunal judiciaire de Rouen l'a condamné à une amende délictuelle de 300 euros pour des faits de vol commis en état de récidive légale. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, eu égard, au nombre et à la nature des faits reprochés à M. C, commis pour certains en état de récidive légale, la menace à l'ordre public dont se prévaut l'autorité préfectorale est suffisamment caractérisée. Dans ces conditions, c'est sans erreur d'appréciation que le préfet de la Seine-Maritime a considéré que la présence en France de M. C constitue une menace à l'ordre public.

3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a été rendu le 24 octobre 2022, et a été versé à l'instance par le préfet. M. C n'est donc pas fondé à soutenir que le préfet de la Seine-Maritime n'établit pas avoir saisi le collège de médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / () ".

5. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

6. Pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. C, le préfet de la Seine-Maritime s'est notamment fondé sur l'avis émis le 24 octobre 2022 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, selon lequel, si l'état de santé de M. C nécessite une prise en charge médicale, un défaut de prise en charge ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et il peut voyager sans risque vers son pays d'origine.

7. M. C justifie faire l'objet d'un suivi médical pour un syndrome anxiodépressif, et bénéficie à ce titre d'un traitement médicamenteux délivré par ordonnances du pôle de psychiatrie générale des deux rives du centre hospitalier de Etienne-du-Rouvray basé sur l'association de différents médicaments, classés comme neuroleptiques, antipsychotiques, psychotropes et anxiolytiques. Il apporte à l'appui de ses allégations des certificats médicaux faisant état de son diagnostic et de son suivi régulier entre 2019 auprès d'un psychiatre. Toutefois, les documents produits n'établissent pas quelles seraient les conséquences pour lui en cas d'arrêt de son traitement. En outre, il n'est pas établi par les pièces du dossier que les origines de son stress post traumatique seraient en lien avec des évènements vécus dans son pays d'origine. Il ressort du rapport médical confidentiel établi à la suite de la visite médicale du 5 octobre 2022 et destiné au collège des médecins de l'OFII que M. C souffre d'importants troubles psychiatriques pour lesquels il a entamé un traitement dans son pays d'origine en 2010, et qu'il est désormais suivi par un médecin généraliste dans le cadre du renouvellement de ses ordonnances. Ainsi, les éléments que le requérant produit ne sont pas de nature à remettre en cause le sens de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration précisant que le défaut de prise en charge médicale ne devrait pas entrainer de conséquences d'une exceptionnelle gravité et au vu duquel le préfet a rendu sa décision. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté en toutes ses branches.

8. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. " et aux termes des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. "

9. Si M. C fait état de sa présence en France depuis 2017, aux côtés de sa compagne, ainsi que des deux enfants de cette dernière, nés le 23 janvier 2009 et le 2 août 2010, de leur scolarisation respectivement en classe de 5e et de 6e et le fait que sa compagne ait donné naissance à deux autres enfants, nés respectivement le 28 juin 2018 et le 3 juin 2020, il ressort toutefois des pièces du dossier que celle-ci, également ressortissante géorgienne, fait aussi l'objet d'un arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire assorti d'une interdiction de retour d'une durée d'un an depuis le 14 septembre 2021. Le requérant, ne soutient ni même n'allègue être dépourvu de famille dans son pays d'origine, où résident ses deux parents, sa sœur ainsi que ses grands-parents. En outre, la cellule familiale peut se reconstituer dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à ses 28 ans selon ses propres déclarations. Par suite, la décision de refus de délivrance du titre de séjour litigieux n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de M. C au respect de sa vie privée et familiale et n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

10. En cinquième lieu, eu égard aux conditions d'entrée et de séjour de l'intéressé sur le territoire français, à l'absence d'insertion professionnelle, et alors que par ailleurs sa compagne fait également l'objet d'une mesure d'éloignement, le moyen tiré de ce que la décision portant refus de séjour contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de M. C doit être écarté.

11. Il résulte de ce qui a été dit au point 9 que M. C ne remplit pas les conditions prévues pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet n'était donc pas tenu de saisir la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure en l'absence de saisine de cette commission préalablement à l'édiction de la décision attaquée ne peut, dès lors, qu'être écarté.

12. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demande l'annulation de la décision du 12 décembre 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour.

Sur la décision portant l'obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 3 et 7, les moyens tirés du vice de procédure relatif au recueil préalable de l'avis du collège de médecins de l'OFII et de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doivent être écartés.

14. En deuxième lieu, faute pour M. C d'avoir démontré l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français par voie de conséquence de la décision refusant le titre de séjour ne peut qu'être écarté.

15. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

16. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 12 décembre 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français.

Sur la décision portant fixation du pays de destination :

17. En premier lieu, faute pour M. C d'avoir démontré l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de la décision fixant le pays de destination par voie de conséquence de la décision d'obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

18. En deuxième lieu, la décision fixant le pays de destination en cas de reconduite forcée satisfait aux exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que cette décision doit être regardée comme suffisamment motivée, en droit, par le visa du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, en fait, par l'indication que l'intéressé est de nationalité géorgienne et qu'il pourra être reconduit d'office en Géorgie, pays dont il est ressortissant ou tout autre pays non membre de l'Union européenne ou avec lequel ne s'applique pas l'acquis de Schengen où elle est légalement admissible. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.

19. En troisième lieu, en vertu des dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile désormais codifié à l'article L. 721-4 dudit code, un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. L'article 3 de cette convention stipule que nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants.

20. Si M. C fait état de risques de violences de la part de l'ex-époux de Mme B, qu'il encourrait en cas de retour dans son pays d'origine, il n'apporte aucun élément de nature à établir la réalité et la gravité de ces risques alors qu'au demeurant sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile respectivement en 2018 et 2019. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction, de même que celles relatives aux frais de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Lepeuc et au préfet de la Seine-Maritime.

Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Bailly, présidente,

M. Le Duff, premier conseiller, et Mme Esnol, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.

Le rapporteur,

V. Le Duff

La présidente,

P. BaillyLa greffière,

A. Hussein

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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