mercredi 14 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2302305 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | FRANCE TERRE D'ASILE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juin 2023, M. A D, retenu au centre de rétention administrative d'Oissel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 juin 2023 par lequel le préfet de l'Eure l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé son pays de destination et a prononcé une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard et de procéder au réexamen de sa situation.
Il soutient que les décisions attaquées :
- ont été prises par une autorité incompétente ;
- ne sont pas motivées ;
- sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaissent sa situation personnelle.
Par deux mémoires enregistrés le 14 juin 2023, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Ripoll, représentant M. D, qui reprend les conclusions et les moyens exposés dans la requête, et qui ajoute que le requérant a été opéré en France, qu'une plaque, dont l'ablation est aujourd'hui nécessaire, a été posée sur son fémur, que son état de santé s'aggrave, qu'il bénéficie d'un rendez-vous médical et que les médecins polonais refusent de reprendre une chirurgie pratiquée par des praticiens hospitaliers français,
- et les observations de M. D, assisté de Mme C interprète en polonais.
Le préfet de l'Eure n'était ni présent ni représenté.
En application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, la clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant polonais né le 18 novembre 1978, demande l'annulation de l'arrêté du 10 juin 2023 par lequel le préfet de l'Eure l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il serait reconduit et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de trois ans.
2. Par un arrêté n° 2022-28 du 28 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs, le préfet de l'Eure a donné délégation à Mme Isabelle Dorliat-Pouzet, secrétaire générale de la préfecture, à l'effet de signer tous les arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Eure, à l'exception de certains actes parmi lesquels ne figurent pas les décisions en litige. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées manque en fait et doit, par suite, être écarté.
3. L'arrêté attaqué comporte, eu égard à l'objet de chacune des décisions contestées, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il est, par suite, suffisamment motivé.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. D, qui déclare effectuer depuis 2004 des allers-retours entre la France et la Pologne, a été contrôlé le 9 juin 2023 par les services de la gendarmerie et placé en garde à vue en raison d'un port d'arme illégal. Il est constant que le requérant a été condamné le 26 mai 2021 à douze mois d'emprisonnement dont six mois avec sursis ainsi qu'à une interdiction de détenir une arme pendant dix ans par le tribunal correctionnel de Bobigny pour des faits de détention non autorisée d'une arme de catégorie B et de violence avec menace ou usage d'une arme sans incapacité. M. D, dont l'ensemble des membres de la famille réside en Pologne, ne justifie d'aucune attache personnelle sur le territoire français ni d'aucune insertion professionnelle, l'intéressé étant par ailleurs inscrit, comme l'indique le préfet qui n'est pas contesté, au fichier des personnes recherchées par le juge de l'application des peines de Bobigny pour soustraction au contrôle du service pénitentiaire d'insertion et de probation. Il ne ressort pas enfin des pièces du dossier que M. D ne pourrait pas être soigné en Pologne. Dès lors, en prenant l'arrêté litigieux, le préfet n'a pas commis une erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle du requérant.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet de l'Eure.
Lu en audience publique le 14 juin 2023.
Le magistrat désigné,
S. B La greffière,
A. LENFANT
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026