jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2302579 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | LARROUSSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 juin 2023, M. H G, représenté par Me Larrousse, demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du 23 juin 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a décidé son expulsion et a fixé le pays de son renvoi ;
2) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard.
M. G soutient que :
* l'arrêté d'expulsion :
est entaché d'incompétence ;
est insuffisamment motivé ;
méconnaît les dispositions de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qui concerne l'atteinte qu'il fait peser sur l'ordre.
* la décision fixant le pays de destination :
est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;
a été signée par une autorité incompétente ;
méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par mémoire en production de pièce et mémoire en défense enregistrés le 29 juin 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.
Vu :
la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. E comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
les autres pièces du dossier.
Vu :
la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir au cours de l'audience publique du 29 juin 2023, présenté son rapport, mis à même les parties de présenter leurs observations sur la substitution de base légale envisagée et entendu les observations orales de :
* Me Larrousse, avocat commis d'office représentant M. G qui soutient :
- que l'ensemble des membres de sa famille réside en France ;
- que sa situation personnelle n'a pas été prise en compte ;
* M. G qui, sous couvert de Mme B, interprète :
- soutient qu'il vit chez ses parents mais qu'il ne connaît pas adresse ;
- indique avoir bien fait l'objet d'une mesure d'éloignement en Allemagne sous le nom de C D.
L'instruction étant close à l'issue de l'audience à 15 heures 10, en application de l'article R.776-26 du code de justice administrative ;
1. M. G, ressortissant algérien, né le 17 mars 1993, est, selon ses dires, entré sur le territoire français en février 2023. Par arrêté en date du 23 juin 2023, le préfet de la Seine-Maritime a pris à son encontre un arrêté portant reconduite d'office à la frontière et fixant le pays de son renvoi aux motifs qu'il est entré irrégulièrement sur le territoire français, qu'il a fait l'objet d'une décision d'expulsion et d'un signalement de non admission dans l'espace Schengen par les autorités allemandes le 14 février 2023, que connu sous treize alias différents il est très défavorablement connu des services de police allemands pour des faits de vol avec armes, de vol grave et de trahison et a été écroué deux fois, qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale et que M. G n'allègue pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. M. G doit être regardé comme demandant l'annulation de ces décisions.
Sur le moyen commun aux deux décisions :
2. Mme A F, qui a signé les décisions attaquées, bénéficiait d'une délégation de signature du préfet de la Seine-Maritime en date du 30 janvier 2023, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet notamment de signer les décisions en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées manque en fait.
Sur les moyens propres à la décision de reconduite d'office :
3. En premier lieu, la décision attaquée, qui contrairement à ce que soutient le requérant n'a pas à viser l'ensemble des éléments relatifs à sa vie personnelle, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette décision, prise après un examen particulier de la situation de M. G par le préfet de la Seine-Maritime, est donc suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 615-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut décider de mettre en œuvre une décision obligeant un étranger à quitter le territoire d'un autre État dans les cas suivants : 1° L'étranger a fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission en vertu d'une décision de refus d'entrée ou d'éloignement exécutoire prise par l'un des autres États parties à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 et se trouve irrégulièrement sur le territoire métropolitain ; () ".
5. Lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.
6. Il ressort des termes de l'arrêté en litige que, si celui-ci vise l'article L. 615-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne cite pas les dispositions de cet article mais celles de l'article L. 531-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ont été abrogées à compter du 1er mai 2021. Toutefois, l'arrêté a eu pour objet de tirer les conséquences des mesures d'expulsion et de non admission sur le territoire Schengen adoptées par les autorités allemandes. La décision attaquée trouve ainsi son fondement légal dans les dispositions de l'article L. 615-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui peuvent être substituées à celles susévoquées dès lors, en premier lieu, que M. G se trouvait dans la situation où l'autorité administrative pouvait décider de la mise en œuvre d'une décision l'obligeant à quitter le territoire, en deuxième lieu, que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressé d'aucune garantie et, en troisième lieu, que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions.
7. En troisième lieu, comme il vient d'être dit, l'arrêté en litige a eu pour objet de tirer les conséquences des mesures d'expulsion et de non admission sur le territoire Schengen adoptées par les autorités allemandes. Cet arrêté mettant en œuvre une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger contre lequel un État partie à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 a précédemment adopté une mesure d'éloignement exécutoire, n'a donc en lui-même prononcé aucune une mesure d'expulsion, de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n'est d'ailleurs pas relatif aux expulsions mais à la présentation des demandes d'asile, doit être écarté.
8. En dernier lieu, M. G, qui serait entré sur le territoire français en février 2023, soutient que tous les membres de sa famille résident légalement en France et qu'il vit avec eux. L'intéressé, qui a déclaré lors de son audition du 23 juin 2023 ne pas résider chez ses parents et ne pas connaître leur adresse, ne justifie pas de ces éléments. En revanche, il ne conteste pas les éléments qui figurent dans l'arrêté en litige selon lesquels : il a fait l'objet d'une décision d'expulsion et d'un signalement de non admission dans l'espace Schengen par les autorités allemandes le 14 février 2023 ; il est, sous différents alias, très défavorablement connu des services de police allemands pour des faits de vol, avec armes, de vol grave et de trahison ; il a été écroué deux fois. Par ailleurs, alors que le requérant indique lui-même être arrivé en France il y a quatre mois pour travailler, il ne justifie pas avoir constitué de vie familiale en France, ni être particulièrement inséré socialement et professionnellement dans la société française. Dans ces conditions, eu égard à la durée et aux conditions du séjour de l'intéressé en France, il n'est pas établi que la décision en litige du préfet de la Seine-Maritime en date du 23 juin 2023 ait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision fixant le pays de destination :
9. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant reconduite d'office à la frontière doit être écarté.
10. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
11. Si M. G soutient que sa vie et sa liberté seraient menacées en cas de retour dans son pays d'origine, il n'apporte toutefois au soutien de ses allégations aucun élément de nature à justifier de leur bien fondé. Ainsi, M. G n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée aurait été adoptée en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. G n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 23 juin 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a décidé son expulsion et a fixé le pays de son renvoi. Par voie de conséquence les conclusions présentées à fin d'injonction doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. G est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. H G et au préfet de la Seine-Maritime
Lu en audience publique le 29 juin 2023.
Le magistrat désigné,La greffière,
T. EA. LENFANT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026