vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2302645 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | BARHOUM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juin 2023 au tribunal administratif de Lille, M. A C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 14 juin 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prolongé d'une durée de deux ans l'interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre le 29 avril 2023
Il soutient que la prolongation de l'interdiction de retour sur le territoire français :
- a été signée par un auteur incompétent ;
- est insuffisamment motivée ;
- est fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense enregistré le 16 juin 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par le requérant n'est fondé.
Vu :
- l'ordonnance de renvoi du tribunal administratif de Lille du 26 juin 2023 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B, qui a également informé les parties, en application des articles R. 611-7 et R. 776-25 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, en ce que cette décision est devenue définitive et ne peut donc plus voir sa légalité contestée ;
- les observations de Me Barhoum, représentant M. C, absent, qui reprend les conclusions et moyens exposés dans la requête, en précisant que l'intéressé n'a pas commis de nouvelles infractions depuis que le préfet a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, le 29 avril 2023. Elle invoque un nouveau moyen tenant à la méconnaissance par la décision attaquée de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant congolais (République Démocratique du Congo) né le 19 février 1991 à Kinshasa, déclare être entré en France en 2008. Par arrêté du 29 avril 2023, le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par un arrêté du même jour, il l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Interpellé le 14 juin 2023 et placé en garde à vue pour des faits de soustraction à une obligation de quitter le territoire français et pour non respect des modalités de l'assignation à résidence dont il a fait l'objet, le préfet a pris un arrêté prolongeant de deux ans l'interdiction de retour sur le territoire français. M. C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 14 juin 2023.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 43 du décret du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements : " Le préfet de département peut donner délégation de signature () 7° Aux agents en fonction dans les préfectures, pour les matières relevant des attributions du ministre de l'intérieur () ". L'arrêté attaqué a été signé par l'adjointe à la cheffe du bureau éloignement qui disposait à cet effet d'une délégation consentie par un arrêté n° 23-033 du préfet de la Seine-Maritime du 30 janvier 2023, publiée le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, qui n'a pas à faire référence à l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressé, mentionne les dispositions dont il fait application et indique que M. C n'a pas exécuté la précédente mesure d'éloignement dont il a fait l'objet. Il fait état de sa situation personnelle et familiale sur le territoire français et de la persistance de son séjour irrégulier, qui justifient la prolongation de l'interdiction de retour sur le territoire français. Il comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, l'illégalité d'un acte administratif non réglementaire ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. Cette exception n'est recevable que si l'acte n'est pas devenu définitif à la date à laquelle elle est invoquée.
5. A l'appui de ses conclusions dirigées contre la prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français dont il a fait l'objet, M. C se prévaut de l'illégalité des décisions contenues dans l'arrêté préfectoral du 29 avril 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour sur le territoire français. Toutefois, M. C n'établit pas, ni même ne soutient, avoir formé un recours contre cet arrêté dans le délai de recours contentieux, de sorte que ces décisions étaient devenues définitives à la date à laquelle le moyen tiré par voie d'exception de leur illégalité a été soulevé. Dans ces conditions, ce moyen présenté tardivement n'est pas recevable.
6. En dernier lieu, il résulte de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, () ". L'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ; () / Compte tenu des prolongations éventuellement décidées, la durée totale de l'interdiction de retour ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, sauf menace grave pour l'ordre public ".
7. D'une part, le seul motif tiré du non respect de l'obligation de quitter le territoire français sans délai, prise à son encontre le 29 avril 2023, suffisait à fonder légalement la mesure en litige. Dans ces conditions, la circonstance que M. C n'a pas commis de nouvelles infractions depuis l'édiction de la mesure d'éloignement prise à son encontre est sans influence sur la légalité de la décision attaquée.
8. D'autre part, le requérant déclare être entré en France en 2008, alors qu'il était âgé de dix-sept ans, qu'il a été titulaire d'une carte de résident de 2009 à 2019, et que toutes ses attaches sont en France. Toutefois, le requérant n'apporte aucune précision ni aucun élément sur la réalité, la nature, l'intensité et la stabilité des liens familiaux qu'il aurait en France. Il ne produit aucun élément de nature à établir son insertion personnelle, sociale ou professionnelle sur le territoire français. En revanche, il n'est pas contesté qu'il s'est rendu coupable et a été condamné à plusieurs reprises pour des faits de détention, acquisition non autorisée, transport, offre ou cession non autorisée de stupéfiants, en état de récidive, de vol aggravé par deux circonstances en récidive et de proxénétisme aggravé en récidive. La nature, la gravité et la réitération de ces faits établissent que, comme l'a retenu le préfet de la Seine-Maritime, le comportement du requérant constitue une menace pour l'ordre public. Enfin, si M. C se déclare père de deux enfants français, il n'en apporte aucun commencement de preuve et aucun élément au dossier ne permet d'établir qu'il aurait des relations régulières avec eux. Au regard de l'ensemble de ces éléments, la mesure de prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français contestée n'apparaît pas disproportionnée. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime aurait porté une atteinte disproportionnée au droit de M. C au respect de sa vie privée et familiale et méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour ces mêmes motifs, et alors que M. C ne justifie d'aucune intégration particulière ni de motifs humanitaires, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C ne peut qu'être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.
La magistrate désignée,
Signé :
L. BLa greffière,
Signé :
P. HIS
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026