lundi 31 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2303052 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | JACQUES ALISON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 juillet 2023, M. F D, représenté par Me Jacques, demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du 26 juillet 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
2) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer sa situation et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard.
M. D soutient que les décisions contestées :
sont entachées d'incompétence ;
sont insuffisamment motivées ;
procèdent d'une erreur manifeste d'appréciation car il souffre de problème de santé alors qu'il a fait une demande d'asile en Allemagne et souhaite y retourner.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu :
la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. C comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
les autres pièces du dossier.
Vu :
la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
le règlement UE n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir au cours de l'audience publique du 31 juillet 2023, présenté son rapport et entendu les observations orales de :
* Me Jacques, avocate commise d'office représentant M. D qui soutient que :
- il a obtenu l'asile et est en situation régulière en Allemagne ;
- il ne fait que des séjours ponctuels en France pour y visiter sa famille et des amis ;
- il éprouve des craintes pour sa vie et sa liberté en cas de retour en Algérie ;
- les précédentes mesures d'éloignement prises à son encontre ont été exécutées ;
- la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français est excessive ;
* M. D qui, sous couvert de M. B, interprète, soutient que :
- il a obtenu l'asile en Allemagne en 2015 ;
- il ne vient en France que de façon occasionnelle, pour des raisons familiales.
L'instruction étant close à l'issue de l'audience à 16 heures 30, en application de l'article R.776-26 du code de justice administrative ;
1. M. D, ressortissant algérien, né le 18 février 1990, est, selon ses dires, entré pour la dernière fois sur le territoire français en mai 2023. Par arrêté du 26 juillet 2023, le préfet de la Seine-Maritime a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans aux motifs qu'il est entré irrégulièrement sur le territoire français, qu'il n'a fait aucune démarche tendant à ce que lui soit délivré un titre de séjour depuis son arrivée en France, qu'il n'apporte pas la preuve de la pathologie alléguée, que, condamné par jugement du 21 décembre 2020 du Tribunal judiciaire de Rouen à dix mois d'emprisonnement pour des faits de violence ayant entraîné une incapacité de travail n'excédant pas huit jours et transport sans motif légitime d'une arme blanche ou incapacitante de catégorie D et vol, condamné par jugement du 10 novembre 2021 du Tribunal judiciaire de Rouen à huit mois d'emprisonnement dont quatre mois avec sursis probatoire durant deux ans pour des faits de menace de mort ou atteinte aux biens dangereux pour les personnes à l'encontre d'un chargé de mission de service public ou menace de mort ou d'atteinte aux biens dangereux pour les personnes à l'encontre d'un magistrat ou juré, condamné par jugement du 17 septembre 2021 du Tribunal judiciaire de Rouen à six mois d'emprisonnement pour des faits de récidive de tentative d'escroquerie, récidive d'escroquerie et récidive de recel de bien provenant d'un vol, il est très défavorablement connu des services de police et de justice, qu'il est connu de l'administration et des services de police sous différentes identités, que le 14 octobre 2019 il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français de trois ans prolongée le 7 juillet 2020 pour une durée de deux ans à laquelle il n'a pas déféré, qu'il a fait l'objet d'une mesure de réadmission vers l'Allemagne le 17 septembre 2020 et est revenu en France la même année, que le 12 janvier 2022, les autorités allemandes, auprès desquelles il ne justifie pas avoir sollicité l'asile, ont refusé une nouvelle réadmission, que le 24 janvier 2022 une obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français de trois ans prolongée de deux ans le 29 décembre 2022 a été prise à son encontre à laquelle il n'a pas déféré, qu'il ne dispose pas de ressources ni d'une assurance maladie et de rapatriement, qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit du requérant, célibataire et sans charge de famille, au respect de sa vie privée et familiale et que M. D n'allègue pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. M. D demande l'annulation de ces décisions.
Sur les moyens communs aux décisions :
2. En premier lieu, Mme A E qui a signé les décisions attaquées, bénéficiait d'une délégation de signature du préfet de la Seine-Maritime en date du 30 janvier 2023, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet notamment de signer les décisions en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées manque en fait.
3. En deuxième lieu, les décisions attaquées, qui contrairement à ce que soutient le requérant n'ont pas à viser l'ensemble des éléments relatifs à sa vie personnelle, comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Ces décisions, prises après un examen particulier de la situation de M. D par le préfet de la Seine-Maritime sont donc suffisamment motivées.
Sur l'obligation de quitter le territoire français sans délai :
4. M. D, qui serait entré pour la dernière fois sur le territoire français en mai 2023, soutient que l'Allemagne lui a accordé l'asile en 2015 et qu'il ne séjourne en France que pour de brèves périodes afin de visiter sa famille et ses amis. Il ressort des pièces du dossier, tout d'abord, que les autorités allemandes, d'une part, ont accepté la reprise de l'intéressé en 2020 au titre du b) du 1 de l'article 18 du règlement UE n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 applicable lorsque la demande d'asile est en cours d'examen et, d'autre part, ont refusé la reprise en charge de M. D en 2022 au motif qu'elles n'étaient plus responsables de l'examen de sa demande d'asile. Par suite, alors qu'il ne produit aucun élément de nature à justifier que sa demande d'asile aurait été accueillie par l'Allemagne, M. D ne démontre pas que les autorités allemandes auraient fait droit à sa demande d'asile. Ensuite, l'intéressé, célibataire et sans enfant, n'est entré pour la dernière fois en France qu'à l'âge de trente-trois ans après avoir vécu dans son pays d'origine jusqu'en 2014 où réside encore sa mère. Il ne justifie pas avoir constitué de vie familiale en France, ni être particulièrement inséré socialement et professionnellement dans la société française. Tout au contraire, comme rappelé au point 1, usant de divers alias, il a fait l'objet de nombreuses condamnations en France et de mesures d'éloignement et d'interdictions de retour sur le territoire français qu'il n'a pas respectées. Dans ces conditions, eu égard à la durée et aux conditions du séjour de l'intéressé en France, lequel ne dispose pas d'un travail et n'apporte aucun élément relatif à son état de santé, il n'est pas établi que les décisions en litige du préfet de la Seine-Maritime en date du 26 juillet 2023 aient porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elles ont été prises et qu'elles auraient procédé d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle.
Sur la décision fixant le pays de destination :
5. En premier lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté pour les motifs exposés au point 4.
6. En second lieu, si M. D soutient que sa vie serait menacée en cas de retour dans son pays d'origine, il n'apporte toutefois au soutien de ses allégations aucun élément de nature à justifier de leur bien-fondé alors qu'il résulte de ce qui a été dit au point 4 qu'il ne justifie pas, contrairement à ce qu'il allègue, que sa demande d'asile aurait été accueillie en Allemagne.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
7. En premier lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté pour les motifs exposés au point 4.
8. En second lieu, si M. D soutient que l'interdiction de retour sur le territoire français adoptée à son encontre présente un caractère disproportionné en raison de sa durée de trois ans, il résulte de ce qui a été dit aux points 1 et 4 que, notamment, les précédentes mesures portant interdiction de retour sur le territoire français adoptées à son encontre n'ont pas été respectées. Par suite, en prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas décidé d'une durée disproportionnée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 26 juillet 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F D et au préfet de la Seine-Maritime.
Lu en audience publique le 31 juillet 2023.
Le magistrat désigné,La greffière,
T. CA. LENFANT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026