jeudi 14 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2303303 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge Unique 1 |
| Avocat requérant | AIT-TALEB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 août 2023, M. A B, représenté par Me Aït-Taleb, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros en application du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou, à titre subsidiaire, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée de détournement de pouvoir.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée de détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 août 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. C comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties, régulièrement averties du jour de l'audience, n'y étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 16 décembre 1980, déclare être entré en France au cours de l'année 2021. Par un arrêté du 28 octobre 2021, le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an. M. B n'a pas pourvu à l'exécution de cette mesure d'éloignement. Au début du mois de juin 2023, l'intéressé et sa compagne, de nationalité française, ont déposé à la mairie de la commune de Petit-Quevilly un dossier en vue de la célébration de leur mariage. Informé par le maire de cette commune, le procureur de la République de Rouen a suspendu la célébration de ce mariage le 12 juin 2023 et diligenté une enquête auprès des services de la police aux frontières de Rouen. Le couple a été auditionné une première fois et M. B a fait l'objet d'une seconde audition, le 4 juillet 2023. Par l'arrêté attaqué du 12 juillet 2023, notifié à l'intéressé le 28 juillet 2023, le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :
2. L'arrêté attaqué vise notamment les dispositions des articles L. 611-1 et L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont il a été fait application à M. B. Il mentionne également les considérations de fait, propres à ce dernier, qui constituent le fondement des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de ces décisions doivent être écartés.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France au cours de l'année 2021, sans qu'il puisse justifier de la régularité de cette entrée et qu'il a fait l'objet, dès le 28 octobre 2021, d'une obligation de quitter le territoire français, devenue définitive, qu'il n'a pas exécutée. Si la décision litigieuse a été prise à la suite de l'audition du requérant par les services de police dans le cadre d'une enquête diligentée en raison de suspicions du caractère frauduleux de son projet de mariage avec sa compagne, de nationalité française, cette mesure apparaît légalement fondée sur les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sur la circonstance que M. B ne justifiait ni de la régularité de son entrée en France ni d'un titre de séjour en cours de validité, et proportionnée aux buts poursuivis. Par ailleurs, cette mesure d'éloignement, qui octroie à l'intéressé un délai de départ volontaire de trente jours, lui a été notifiée le 28 juillet 2023, soit près d'un mois après sa dernière audition par les services de police, qui a eu lieu le 4 juillet 2023 et non le 28 juillet 2023 comme l'allègue le requérant, et à une date à laquelle était presque atteinte la durée maximale de sursis à la célébration de son mariage susceptible d'être décidée par le Procureur de la République. En outre, la décision litigieuse n'a pas pour effet de priver M. B de son droit au mariage, ni de la possibilité de concrétiser son projet de mariage avec sa compagne, soit le cas échéant dans le cadre d'un retour régulier sur le territoire français, soit notamment dans son pays d'origine, à propos duquel il ne fait état d'aucun obstacle à ce que sa compagne l'y suive le temps nécessaire à l'accomplissement de ces démarches, ou selon toute autre modalité choisie par le couple. Par conséquent, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a ni pour objet, ni pour effet, ni pour motif déterminant, de faire obstacle au projet de mariage de M. B. Par suite, le moyen tiré du détournement de pouvoir doit être écarté.
Sur le pays de destination :
4. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
5. En second lieu, s'il formule, au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de destination, un moyen tiré du détournement de pouvoir, il n'assortit celui-ci d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 12 juillet 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles relatives aux frais liés à l'instance, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Akli Aït-Taleb et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 septembre 2023.
Le magistrat désigné,
A. C
Le greffier,
N. BOULAY
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026