jeudi 21 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2303362 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 4 |
| Avocat requérant | KREUZER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 août 2023, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 11 août 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Il soutient que :
- il n'a pas pu présenter préalablement des observations écrites, ni n'a été mis en mesure de contacter un avocat ;
- il a été informé par la police aux frontières de son renvoi dans son pays d'origine le jour de sa libération sans recevoir de réelle explication, et sans en comprendre le contenu ;
- l'arrêté, motivé par l'existence d'une menace à l'ordre public, se fonde sur la condamnation pénale dont il a fait l'objet ;
- il ne prend pas en compte sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Delacour comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Delacour, magistrate désignée ;
- les observations de Me Kreuzer, représentant M. B, absent, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens, et soutient en outre que la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français est disproportionnée.
Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 3 avril 2000 à Cherif (Algérie), de nationalité algérienne, déclare être entré irrégulièrement sur le territoire français à la fin de l'année 2021. Par un arrêté du 26 juillet 2022, le préfet de la Loire-Atlantique l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par un jugement du 16 janvier 2023, le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire l'a condamné à six mois d'emprisonnement, ainsi qu'à la révocation de sa première condamnation à cinq mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de récidive de vol aggravé par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt, et récidive de recel de bien provenant d'un vol par effraction. Par un arrêté du 11 août 2023, dont le requérant demande l'annulation, le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier et notamment du procès-verbal d'audition du 19 juillet 2023 qu'il a été spécifiquement interrogé par les services de la police nationale sur sa situation administrative, familiale et personnelle, et a été mis en mesure de présenter des observations sur la perspective d'une mesure d'éloignement. Dès lors, le moyen soulevé en ce sens manque en fait et doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, en vertu de l'article L. 813-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'étranger auquel est notifié un placement en retenue est informé, notamment, du droit d'être assisté par un avocat désigné par lui ou commis d'office par le bâtonnier. Les mesures de retenue prévues par ces dispositions, qui sont uniquement destinées à la vérification du droit de séjour et de circulation de l'étranger pour permettre au procureur de la République, sous le contrôle duquel sont placées ces opérations, de prendre toutes mesures appropriées à cette situation, ne constituent pas une phase de la procédure à la suite de laquelle l'autorité administrative compétente peut statuer sur la situation de l'étranger. Ces mesures, dont il appartient au seul juge judiciaire de connaître, sont donc distinctes de la mesure par laquelle le préfet fait obligation à l'étranger de quitter le territoire français. Ainsi, les conditions dans lesquelles le requérant a été auditionné, en application des dispositions précitées de l'article L. 813-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sont sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, et à supposer que M. B ait entendu se prévaloir de la méconnaissance de ces dispositions, ce moyen ne peut qu'être écarté. Au surplus, aucune règle ni aucun principe n'impose à l'autorité préfectorale de mettre à même l'étranger, à l'encontre duquel elle entend adopter une obligation de quitter le territoire français, fixer le pays de renvoi ou prononcer une interdiction de retour sur le territoire français, de solliciter le concours d'un avocat avant l'adoption de sa décision.
4. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision administrative étant sans incidence sur la légalité de l'acte attaqué, le requérant ne peut utilement se prévaloir ni de ce que la notification de celui-ci n'a été accompagnée d'aucune explication, ni qu'il n'a pas été mis en mesure d'en comprendre le contenu.
5. En quatrième lieu, l'arrêté attaqué, qui fait état avec précision de la situation administrative, familiale et personnelle de l'intéressé, n'est pas entaché d'un défaut d'examen de sa situation. Le moyen, à le supposer soulevé, doit dès lors être écarté.
6. En cinquième lieu, l'arrêté attaqué, s'il fait référence à la menace à l'ordre public que représente M. B, ne s'appuie pas sur l'existence en elle-même des condamnations pénales dont il a fait l'objet, mais fait référence à la nature des faits pour lesquels il a été condamné. En outre, la mesure contestée ne se fonde pas sur cet unique motif à la fois pour obliger ce dernier à quitter le territoire français, et pour lui refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire. Dès lors et alors que le requérant ne conteste pas la légalité du motif tiré de son entrée irrégulière ainsi que de son maintien irrégulier sur le territoire français conformément aux dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni de celui tiré de l'absence de garantie de représentation résultant des dispositions du 8° de l'article L. 612-3 du code précité, le préfet a pu, sans méconnaître de telles dispositions ou commettre d'erreur d'appréciation, obliger M. B à quitter le territoire français sans délai.
7. En dernier lieu, M. B soutient que l'arrêté contesté méconnaît sa situation personnelle. Toutefois, le requérant, qui déclare être entré régulièrement sur le territoire français à la fin de l'année 2021, ne justifie pas d'une durée de présence significative sur le sol national. Condamné pénalement quelques mois après son arrivée, à deux reprises et à deux mois d'intervalle, à une peine d'emprisonnement pour des faits de vol, en dernier lieu pour des faits de vol aggravé par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt, et recel de bien provenant d'un vol par effraction, ayant conduit à la révocation du sursis prononcé initialement, il ne justifie en outre d'aucune intégration sociale ou professionnelle particulière en France, ni ne démontre l'existence d'attaches familiales et personnelles sur le sol français. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet a, en l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, méconnu sa situation personnelle ou entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
8. Selon l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
9. M. B soutient que la durée d'interdiction de retour sur le territoire français dont il fait l'objet est disproportionnée. Toutefois, eu égard à son entrée très récente sur le territoire français, à l'absence de preuve de liens privés et familiaux de l'intéressé en France et au fait qu'il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécuté, le préfet n'a pas, en fixant à trois années la durée de l'interdiction sur le territoire français, commis une erreur d'appréciation. Ce moyen doit donc être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 11 août 2023 du préfet de la Seine-Maritime doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2023.
La magistrate désignée,
L. DELACOUR
Le greffier,
J-B. MIALON
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026