mardi 26 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2303375 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 1 |
| Avocat requérant | CABOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 août 2023, M. E D, assistée par Me Cabot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 juillet 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime lui délivrer une autorisation provisoire dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, ou, à titre subsidiaire, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme D soutient que :
' L'obligation de quitter le territoire français :
- a été signée par une autorité incompétente ;
- est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été entendue préalablement à l'édiction de la décision ;
- méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
' La décision fixant le pays de destination :
- est entachée d'un défaut de motivation et d'examen sérieux ;
- est illégale pour être fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation sur sa nationalité ;
- méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 septembre 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que :
- le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation en raison d'une erreur sur le pays de renvoi contre la décision portant obligation de quitter le territoire français est inopérant ;
- les autres moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle M. B a été désigné comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 22 septembre 2023 à 9 h 00, le rapport a été présenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, qui se déclare de nationalité érythréenne, née le 14 janvier 1994, déclare être entrée en France le 20 juin 2022. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 31 octobre 2022 puis par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 16 mai 2023. Par l'arrêté du 18 juillet 2023 attaqué, le préfet de la Seine-Maritime l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, par arrêté du 30 janvier 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 76-2023-009 de la préfecture de la Seine-Maritime du même jour, Mme C A, cheffe du bureau du droit d'asile, a reçu délégation du préfet de la Seine-Maritime à l'effet de signer, pour les actes relevant des attributions du bureau, les mesures d'éloignement des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés attaqués doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il appartenait à Mme D, à l'occasion du dépôt de sa demande d'asile, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'elle estimait utiles, et notamment celles de nature à permettre à l'administration d'apprécier son droit au séjour au regard d'autres fondements que celui de l'asile. Le droit de l'intéressée d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de la reconnaissance de la qualité de réfugié, n'imposait pas à l'autorité administrative de la mettre à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination. Ainsi, la circonstance que Mme D n'ait pas été invitée à formuler des observations avant l'édiction de la décision d'éloignement et de la décision fixant le pays de son renvoi ne permet pas de considérer qu'elle aurait été privée de son droit à être entendu. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu, garanti par un principe général du droit de l'Union européenne, doit être écarté.
4. En troisième lieu, le doute sur la nationalité de Mme D est en tout état de cause sans influence sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français. Le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation doit par suite être écarté.
5. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que la présence en France de Mme D est récente. L'intéressée n'y a pas noué de liens personnels particuliers et ne présente pas de perspective d'insertion professionnelle. Elle n'y dispose pas davantage d'attaches familiales. Dans ces conditions, et contrairement à ce que Mme D soutient sans produire aucune pièce, elle ne peut être regardée comme ayant établi sa vie privée en France. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
6. En premier lieu, la décision fixant le pays de destination repose sur une obligation de quitter le territoire français qui n'est pas entachée d'illégalité, ainsi qu'il résulte des points 2 à 5.
7. En deuxième lieu, il ressort des motifs de la décision attaquée que celle-ci fait état des circonstances de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par ailleurs, il ne ressort pas des termes du même arrêté que le préfet de Seine-Maritime s'est abstenu d'examiner sérieusement la situation de Mme D. Par suite, les moyens tirés du défaut d'examen sérieux et du défaut de motivation doivent être écartés.
8. En troisième lieu, il est constant que Mme D, a déclaré, dans l'ensemble des procédures la concernant, être de nationalité érythréenne et elle se prévaut encore de cette qualité dans sa requête. Par suite, le préfet n'a pas commis d'erreur de fait ni d'erreur manifeste d'appréciation en lui ayant attribué la nationalité érythréenne.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. " Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. "
10. Si Mme D soutient que sa vie et sa liberté seraient menacées en cas de retour dans son pays d'origine en raison de ses convictions religieuses et craint d'être soumise au service militaire dont la durée est illimitée, elle n'apporte toutefois au soutien de ses allégations, aucune précision ni aucune justification permettant d'en apprécier le bien-fondé. Elle se borne au demeurant à produire les décisions de l'OFPRA et de la CNDA qui ont mis en doute la réalité des craintes qu'elle exprime à l'égard de l'Erythrée. S'il peut être tenu pour établi que la requérante ait vécu en Ethiopie avant d'arriver en Europe, elle n'articule aucune argumentation spécifique à l'égard de la situation en Ethiopie. Il ne ressort pas des pièces du dossier que, pour l'unique motif qu'elle a quitté l'Erythrée et a vécu en Ethiopie, elle se verrait imputer par les autorités érythréennes des opinions politiques qui lui vaudraient des mauvais traitements. Par suite, Mme D n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales auxquelles se réfèrent les dispositions précitées de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation l'arrêté du 18 juillet 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés au litige doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E D, à Me Héloïse Cabot et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2023.
Le magistrat désigné,
P. BLe greffier
N. BOULAY
N°2303375
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026