jeudi 14 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2303390 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3P |
| Avocat requérant | SOUTY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 août 2023, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 21 juillet 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a ordonné son transfert vers l'Autriche.
Un mémoire en production de pièces a été produit par le préfet de la Seine-Maritime le 5 septembre 2023.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme D comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
- les autres pièces du dossier notamment celles produites à l'audience par M. B.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 7 septembre 2023, Mme D a présenté son rapport et entendu les observations de Me Souty, représentant M. B, assisté de M. C, interprète en langue kurde, qui demande son admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire et le versement de la somme de 700 euros au titre des frais d'instance et soutient que l'arrêté en litige n'a pas été pris après un examen sérieux de sa situation, que son entretien n'a pas été confidentiel et a été réalisé par une personne qui n'était pas qualifiée et qu'ainsi son droit à être entendu a été méconnu, que dès lors qu'il est passé par la Bosnie, qui n'est pas membre de l'Union européenne, la France devenait responsable de l'examen de sa demande d'asile et que l'article 17 du règlement Dublin a été méconnu compte tenu de ses liens familiaux en France, le préfet de la Seine-Maritime n'étant ni présent ni représenté.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience, en application des dispositions des articles R. 777-3-6 et R.776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, de nationalité turque, doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 21 juillet 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a ordonné son transfert vers l'Autriche.
2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence, d'accorder à M. B, qui est assisté à l'audience par Me Souty, le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier qu'il a été procédé, le 4 juillet 2023, conformément à l'article 5 du règlement européen n° 604/2013, à un entretien entre l'intéressé et, comme en atteste le tampon apposé sur son résumé, un agent de la préfecture de la Seine-Maritime, soumis aux obligations d'obéissance hiérarchique, de discrétion professionnelle, de moralité, de probité et de neutralité, avec l'assistance d'un interprète en langue turque que l'intéressé comprend. M. B a pu, au cours de cet entretien, faire état de sa situation personnelle et a signé sans réserve le compte-rendu de cet entretien qui ne mentionnait ni que des membres de sa famille résideraient en France ni qu'il aurait résidé en Bosnie-Herzégovine avant de rejoindre la France. Rien ne permet de présumer que l'entretien n'aurait pas été confidentiel ou qu'il aurait été mené par une personne non qualifiée pour poser des questions pertinentes et retranscrire les réponses apportées. Il n'est donc pas établi que les exigences de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 n'auraient pas été respectées. De plus, M. B, qui était en mesure de présenter des observations complémentaires pendant tout le temps de l'instruction de sa demande, ne démontre pas, par les pièces qu'il produit, de lien de parenté avec les personnes dont il produit la carte d'identité ou le titre de séjour. Il n'établit donc pas que les observations complémentaires qu'il aurait pu faire sur ses liens sur le territoire français auraient été de nature à influer sur le sens de la décision en litige. Le moyen tiré de la méconnaissance du droit à être entendu droit donc être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 19 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 relation à la cessation de la responsabilité : " () 2. Les obligations prévues à l'article 18, paragraphe 1, cessent si l'État membre responsable peut établir, lorsqu'il lui est demandé de prendre ou reprendre en charge un demandeur ou une autre personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point c) ou d), que la personne concernée a quitté le territoire des États membres pendant une durée d'au moins trois mois, à moins qu'elle ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité délivré par l'État membre responsable. / Toute demande introduite après la période d'absence visée au premier alinéa est considérée comme une nouvelle demande donnant lieu à une nouvelle procédure de détermination de l'État membre responsable. () "
5. M. B soutient qu'ayant séjourné en Bosnie-Herzégovine entre son départ d'Autriche et son entrée en France, la France est nécessairement devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile. Mais d'une part, la seule réservation d'une chambre d'hôtel de Sarajevo entre le 5 et le 13 décembre 2022 n'atteste pas par elle-même de la réalité du séjour de l'intéressé dans ce pays, qui n'est pas membre de l'Union européenne. D'autre part, les dispositions de l'article 19 du règlement du 26 juin 2013 ne permettraient la cessation de responsabilité de l'Autriche, qui a au demeurant explicitement accepté le transfert de l'intéressé, que dans le cas où le séjour de M. B hors du territoire des États membres aurait duré plus de trois mois. Le requérant n'établissant pas un séjour de plus de trois mois hors des États membres de l'Union européenne, il n'est pas fondé à soutenir que c'est la France et non plus l'Autriche qui est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile.
6. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le transfert en litige aurait été pris sans que soit réalisé, au préalable, un examen sérieux de la situation personnelle de M. B.
7. En dernier lieu, M. B, entré récemment en France, n'établit pas, pas les pièces qu'il produit, avoir de liens de parenté avec les personnes dont il produit la carte d'identité ou le titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 21 juillet 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a ordonné son transfert vers l'Autriche. Par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des frais d'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Vincent Souty et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 septembre 2023.
La magistrate désignée,
Signé
H. DLa greffière,
Signé
C. DUPONT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
C. DUPONT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026