mercredi 6 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2303479 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | KOUM DISSAKE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 1er septembre 2023, M. A B, représenté par Me Koum-Dissake, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 28 août 2023, notifié le 31 août 2023, par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prolongé son assignation à résidence ;
M. B soutient que :
- la prolongation d'assignation à résidence ne comporte pas de mention du lieu d'assignation ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il présente des garanties de représentation et qu'il a remis son passeport à la police.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 septembre 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
M. Bouvet a été désigné par le président du tribunal comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, le rapport de M. Bouvet, magistrat désigné, a été entendu.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B ressortissant égyptien né le 17 janvier 2002, a fait l'objet, le 24 juillet 2023, d'un arrêté d'éloignement sans délai du préfet de la Seine-Maritime. Par un arrêté du même jour, l'intéressé a été assigné à résidence au Havre, pour une durée de quarante-cinq jours, en vue de l'exécution de cette mesure. Par un arrêté en date du 28 août 2023, le préfet de la Seine-Maritime a prolongé cette assignation à résidence pour une nouvelle durée de quarante-cinq jours. M. B demande l'annulation de ce dernier arrêté.
Sur l'aide juridictionnelle :
2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside. ".
4. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des termes de l'arrêté litigieux du 28 août 2023, que l'autorité administrative a procédé au renouvellement de l'assignation à résidence dont faisait l'objet le requérant depuis le 24 juillet 2023, pour une durée supplémentaire de quarante-cinq jours. Il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est, d'ailleurs, pas allégué, que le requérant aurait changé de domicile, dont l'adresse est indiquée dans l'arrêté d'assignation à résidence du 24 juillet 2023, versé aux débats par M. B lui-même, depuis l'édiction de l'assignation à résidence initiale. L'arrêté attaqué doit dès lors être regardé comme prolongeant l'assignation à résidence du requérant au lieu de ce domicile. Il suit de là que M. B n'est pas fondé à soutenir qu'en ne précisant pas le lieu d'assignation à résidence dans l'arrêté du 28 août 2023, l'administration n'aurait pas suffisamment circonscrit la mesure de renouvellement d'assignation à résidence dont il fait l'objet. A le supposer soulevé en ce sens, ce moyen doit ainsi être écarté.
5. En second lieu, si M. B fait valoir qu'il a remis son passeport à la police aux frontières du Havre, il n'en justifie nullement, et ce, alors que l'administration, démontre, en défense, qu'il n'a remis qu'une photocopie partielle de son passeport égyptien. En outre, en se bornant à faire valoir qu'il dispose de " garanties de représentation ", alors que l'absence de telles garanties ne figure pas au nombre des conditions encadrant le renouvellement d'une mesure d'assignation à résidence, le requérant n'établit pas l'erreur manifeste d'appréciation qu'il invoque. Par suite, ce moyen doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation formées par M. B doivent être rejetées de même que, par voie de conséquence, ses conclusions relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Koum-Dissake et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 septembre 2023.
Le magistrat désigné,
Signé :
C. BOUVET
La greffière,
Signé :
P. HIS
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2303479
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026