vendredi 15 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2303629 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | PRELAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 juin 2023 au greffe du tribunal administratif de Nantes, M. A C, placé au centre de rétention de Oissel, représenté par Me Prelaud, demande au tribunal :
1) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2) d'annuler l'arrêté du 15 juin 2023 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
3) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 au bénéfice de Me Prelaud.
M. C soutient que :
* La décision portant obligation de quitter le territoire français :
a été signée par une autorité incompétente ;
souffre d'une motivation insuffisante ;
méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
procède d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.
* La décision de refus d'un délai de départ volontaire :
est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;
n'a pas été adoptée à la suite d'un examen complet de sa situation ;
procède d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.
* La décision fixant le pays de destination :
est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;
souffre d'une motivation insuffisante.
* La décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;
souffre d'une motivation insuffisante ;
procède d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense et un mémoire en production de pièces, enregistrés le 10 juillet 2023 et le 8 septembre 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu :
la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. E comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
la décision du 13 septembre 2023 de la magistrate désignée du tribunal administratif de Nantes transmettant le dossier de M. C ;
les autres pièces du dossier.
Vu :
la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir au cours de l'audience publique du 15 septembre 2023 , présenté son rapport et entendu les observations orales de
* Me Ripoll, qu'il a un projet de mariage avec sa compagne qu'il connaît depuis quatre ans ;
* de M. C sous couvert de l'interprétariat de Mme D.
L'instruction étant close à l'issue de l'audience à 16 heures 45, en application de l'article R.776-26 du code de justice administrative ;
1. M. C, ressortissant algérien, né le 23 décembre 1998, est, selon ses dires, entré sur le territoire français en dernier lieu en octobre 2022. Par arrêté en date du 15 juin 2023, le préfet de la Loire-Atlantique a pris à son encontre une décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français aux motifs qu'il est entré irrégulièrement sur le territoire français, qu'il est défavorablement connu de services de police en raison des faits de vol commis lors de son précédent séjour en France, qu'il a été interpellé par les services de police le 14 juin 2023 pour des faits de vol avec violence, qu'il n'a fait aucune démarche tendant à ce que lui soit délivré un titre de séjour depuis son arrivée en France notamment en raison de son handicap, qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit du requérant, qui ne justifie ni de sa relation alléguée avec une ressortissante française ni de de son projet de mariage, au respect de sa vie privée et familiale et que M. C n'allègue pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. M. C demande l'annulation de ces décisions.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président [] ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " [] L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. " Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'accorder, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. C à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions :
3. En premier lieu, Mme F B qui a signé les décisions attaquées, bénéficiait d'une délégation de signature du préfet de la Loire-Atlantique en date du 30 janvier 2023, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet notamment de signer les décisions en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées manque en fait.
4. En deuxième lieu, les décisions attaquées, comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Ces décisions, prises après un examen particulier de la situation de M. C par le préfet de la Loire-Atlantique sont donc suffisamment motivées.
En ce qui concerne les moyens propres à l'obligation de quitter le territoire français sans délai :
5. M. C, qui serait entré sur le territoire français pour la dernière fois en octobre 2022, soutient que les décisions méconnaissent sa vie privée et familiale. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressé, célibataire et sans enfant, n'est entré en France pour la dernière fois qu'à l'âge de vingt-trois ans après avoir vécu la majeure partie de son existence dans son pays d'origine où résident ses parents et sa fratrie. S'il indique avoir une relation avec une femme résidant en France et avoir le projet de se marier avec celle-ci, il n'en justifie pas. Ainsi, il ne justifie pas avoir constitué de vie familiale en France, ni être particulièrement inséré socialement et professionnellement dans la société française alors, tout au contraire, qu'il avait été interpellé lors de son précédent séjour en France pour des faits de vol avec violence et qu'il a de nouveau été interpellé pour des faits similaires le 14 juin 2023. Dans ces conditions, eu égard à la durée et aux conditions du séjour de l'intéressé en France, il n'est pas établi que les décisions en litige du préfet de la Loire-Atlantique en date du 15 juin 2023 aient porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elles ont été prises et qu'elles auraient méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Les décisions contestées ne sont pas davantage entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur la situation personnelle de M. C.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision fixant le pays de destination :
6. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
7. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
8. En second lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté pour les motifs exposés au point 5.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 15 juin 2023 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais d'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Ripoll et au préfet de la Loire-Atlantique.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Maritime
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2023.
Le rapporteur,
Signé :
T. E
La greffière,
Signé :
P. HIS
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026