mercredi 27 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2303751 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | JACQUES ALISON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 septembre 2023, M. B A, retenu au centre de rétention administrative d'Oissel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 septembre 2023 par lequel le préfet de la Sarthe l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard et de procéder au réexamen de sa situation.
Il soutient que les décisions attaquées :
- ont été prises par une autorité incompétente ;
- ne sont pas motivées ;
- sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaissent sa vie privée et familiale.
Par un mémoire enregistré le 27 septembre 2023, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. F comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. F,
- les observations de Me Jacques, représentant M. A, qui reprend les conclusions et les moyens exposés dans la requête, et qui ajoute que le requérant n'a plus d'attaches dans son pays d'origine, qu'il partage désormais sa vie avec Mme C et les enfants de cette dernière, de sorte que sa cellule familiale se trouve sur le sol français. Elle ajoute que le couple a un projet de mariage et qu'une attestation de vie commune est produite. Elle fait valoir que M. A s'est conformé aux obligations imposées par son contrôle judiciaire, et que l'obligation de quitter le territoire français si elle devait être exécutée en compromettrait le respect. Enfin, elle fait valoir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est d'une durée excessive dès lors que M. A ne constitue pas une menace actuelle de trouble à l'ordre public.
- et les observations de M. A, qui précise qu'il n'a plus de famille en Tunisie et qu'il vit désormais avec Mme C, qu'il ne travaille pas de sorte qu'il n'a aucun revenu, dépendant financièrement exclusivement de sa concubine.
En application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, la clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 14h07.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien, né le 15 mars 1990 à Sfax, demande l'annulation de l'arrêté du 20 septembre 2023 par lequel le préfet de la Sarthe l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme D G, chef du bureau de l'asile, de l'éloignement et du contentieux à la préfecture de la Sarthe. Par arrêté du 20 juin 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de ce département lui a donné délégation à l'effet de signer notamment les décisions portant obligation de quitter le territoire français, refusant un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et celles portant interdiction de retour sur le territoire. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée manque en fait.
3. En deuxième lieu, il ressort des termes de la décision attaquée qu'elle comporte les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement et que le préfet de la Sarthe a procédé à un examen particulier de la situation de M. A, de son parcours et de sa vie privée et familiale, quand bien même elle ne fait pas expressément référence au contrôle judiciaire dont il fait l'objet. Les moyens tirés de l'insuffisante motivation et du défaut d'examen de sa situation ne peuvent qu'être écartés.
4. En troisième lieu, la circonstance que M. A a fait l'objet d'une mesure de contrôle judiciaire est sans influence sur la légalité de l'arrêté en litige obligeant l'intéressé à quitter le territoire français et fait seulement obligation à l'autorité préfectorale de s'abstenir à mettre à exécution cette mesure d'éloignement jusqu'à la levée par le juge judiciaire de cette mesure. Le fait qu'une personne étrangère fasse l'objet d'un contrôle judiciaire est sans incidence sur la légalité d'une mesure d'éloignement dès lors qu'une telle décision n'a pas pour objet de la soustraire aux obligations qui découlent du contrôle mais l'exécution ne pourra toutefois intervenir qu'une fois l'interdiction de quitter le territoire levée par le juge judiciaire.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. Le requérant fait valoir qu'il est entré en France en 2011, qu'il n'a plus de famille dans son pays d'origine, et que sa cellule familiale se trouve désormais en France aux côtés de Mme C. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le requérant ne justifie d'aucune insertion particulière en France, le requérant soutenant ne pas pouvoir travailler du fait de sa situation irrégulière. Si M. A déclare à l'audience que sa vie personnelle se trouve auprès de Mme C et de ses enfants, il ressort des pièces du dossier et notamment de son audition du 19 septembre 2023 devant les services de police du Mans qu'il déclare résider " chez sa copine à la Ferté-Bernard ", Mme E. Si une attestation de vie commune est produite au soutien des allégations de M. A, il n'est pas contesté à l'audience que le contenu de celle-ci est illisible, la seule copie de la carte nationale d'identité de Mme C et la copie d'une facture du fournisseur d'énergie aux noms de Mme C et de M. A étant insuffisantes à établir la réalité de la prétendue vie commune. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle doit également être écarté.
Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
6. Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
7. M. A soutient que la durée d'interdiction de retour sur le territoire français dont il fait l'objet est disproportionnée. Toutefois, eu égard à son parcours pénal sur le territoire français, à la gravité des faits pour lesquels il est actuellement soumis à une mesure de contrôle judiciaire, aux faits à l'origine de son interpellation par les services de police le 19 septembre 2023, à l'absence de preuve de liens privés et familiaux de l'intéressé en France et au fait qu'il a déjà fait l'objet de cinq mesures d'éloignement qu'il n'a pas exécutées, le préfet n'a pas, en fixant à trois années la durée de l'interdiction sur le territoire français, commis une erreur d'appréciation. Ce moyen doit donc être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 20 septembre 2023 du préfet de la Sarthe doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Sarthe.
Lu en audience publique le 27 septembre 2023.
Le magistrat désigné,
Signé :
V. F La greffière,
Signé :
P. His
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026