jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2304089 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | MACREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 octobre 2023 et le 5 novembre 2023, M. A B, représenté par Me Boissy, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 octobre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois et, en attendant, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à exercer une activité professionnelle ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, outre les entiers dépens, la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient , dans le dernier état de ses écritures que :
- l'acte attaqué est entaché d'incompétence ;
- l'acte est insuffisamment motivé ;
- l'acte est entaché d'erreur manifeste d'appréciation, porte une atteinte excessive à sa vie privée et familiale protégée par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, méconnaît les dispositions de l'article L 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'acte est entaché d'une erreur de fait.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 octobre 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 6 novembre 2023, Mme D a présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Boissy, qui reprend ses conclusions et moyens et ajoute que son client est en situation régulière en France depuis plus de dix ans ;
- les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1.Par l'arrêté du 13 octobre 2023 attaqué, le préfet de la Seine-Maritime a obligé M. B, ressortissant sénégalais, à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée d'un an.
2. En premier lieu, Mme C E, cheffe du bureau de l'éloignement à la préfecture de la Seine-Maritime a reçu délégation, par arrêté du préfet de ce département du 30 janvier 2023 publié le même jour au recueil des actes administratifs, pour signer les décisions portant notamment obligation de quitter le territoire français, refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit donc être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français cite le 3° de l'article L 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, énonce que M. B s'est vu retirer son titre de séjour, fait état de sa situation familiale et de ses condamnations. La décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire cite les dispositions pertinentes des articles L 612-2 et L 612-3 du code précité et énonce que M. B constitue une menace pour l'ordre public et qu'il a déclaré lors de son audition ne pas vouloir quitter le territoire français. La décision fixant le pays de destination, après avoir visé l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, énonce que M. B ne prouve pas être exposé à des traitements contraires aux stipulations de cet article en cas de retour dans son pays d'origine. Enfin, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, après avoir visé l'article L 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, énonce que M B est entré mineur en France et que les membres de sa famille y résident mais qu'il représente une menace grave et actuelle pour l'ordre public et qu'il a fait l'objet d'une première mesure d'éloignement à laquelle il n'a pas déféré. Ainsi, chacune des décisions composant l'acte attaqué est suffisamment motivée en droit et en fait.
4. En troisième lieu, M. B est entré en France le 31 juillet 2010 et a fait l'objet, le 30 avril 2020, d'un arrêté du préfet du Calvados lui retirant son titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français sans délai , fixant son pays de destination et prononçant une interdiction de retour en France pour une durée d'un an. Par conséquent, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'il réside régulièrement en France depuis plus de dix ans, de sorte qu'il ne pourrait faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français.
5. En quatrième lieu, si M. B est effectivement entré en France le 31 juillet 2010, à l'âge de 14 ans, que son père et ses huit frères et sœurs s'y trouvent, l'intéressé ne conteste pas être célibataire et ne pas avoir d'enfants. Son insertion professionnelle est très limitée puisqu'elle consiste en l'exercice de missions d'interim en août et septembre 2019. Par ailleurs, M B a été condamné, notamment, par le tribunal judiciaire d'Evreux le 3 décembre 2021 à 30 mois d'emprisonnement dont 12 mois avec sursis pour des faits de récidive de transport, détention, offre ou cession, et acquisition non autorisée de stupéfiants et récidive de recel de bien provenant d'un vol , puis par ce même tribunal le 12 août 2022 à 12 mois d'emprisonnement et révocation de sa condamnation à 12 mois d'emprisonnement avec sursis prononcée le 3 décembre 2021 pour des faits de de récidive de transport, détention, offre ou cession, et acquisition non autorisée de stupéfiants et refus de remettre aux autorités judiciaires ou de mettre en œuvre la convention secrète de déchiffrement d'un moyen de cryptologie. Compte tenu de l'ensemble des circonstances qui viennent d'être rappelées, le préfet n'a pas porté atteinte au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni commis d'erreur manifeste d'appréciation en décidant de l'éloigner sans délai à destination de son pays de nationalité et de prononcer à son égard une interdiction de retour sur le territoire français limitée à une année.
6. En cinquième lieu, M. B, auquel aucun refus de séjour n'est opposé par l'arrêté présentement attaqué, ne saurait utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui fixe les conditions d'obtention d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ".
7. Enfin, la seule circonstance que l'arrêté attaqué mentionne que M. B ne peut prouver sa date d'entrée en France et sa durée de présence en France alors qu'il résulte de la décision de refus de séjour prise le 25 octobre 2023 par le préfet de la Seine-Maritime qu'il connaît cette date d'entrée et cette durée de présence en France n'est pas de nature à entacher l'arrêté d'illégalité dès lors que le préfet a cependant mentionné que M. B était entré mineur en France et que sa date effective d'entrée et la durée de son séjour régulier ne sont pas tels qu'ils pourraient faire obstacle à l'édiction d'une mesure d'éloignement.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B aux fins d'annulation et d'injonction doivent être rejetées. L'Etat n'étant pas la partie perdante, les conclusions aux fins qu'une somme soit mise à sa charge sur le fondement des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative ne peuvent être que rejetées. Enfin la présente instance n'ayant comporté aucun dépens au sens de l'article R 761-1 du code de justice administrative, les conclusions aux fins que l'Etat en supporte la charge doivent, en tout état de cause, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.
La magistrate désignée,
SIGNE
A. DLa greffière,
SIGNE
P. HIS
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026