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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2304255

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2304255

mardi 31 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2304255
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique
Avocat requérantMARY-INQUIMBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 octobre 2023, M. C B, représenté par Me Mary associé à la SELARL Mary et Inquimbert, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 24 octobre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant la durée d'un an ;

3°) d'annuler la décision du 24 octobre 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence ;

4°) d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa situation, sans délai et de lui délivrer une attestation l'autorisant à séjourner en France durant ce réexamen ;

5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

M. B soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle du requérant.

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance du principe général de l'Union européenne relatif au droit à être entendu ;

- elle méconnait les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance du principe général de l'Union européenne relatif au droit à être entendu ;

- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire :

- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance du principe général de l'Union européenne relatif au droit à être entendu ;

- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision d'assignation à résidence :

- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance du principe général de l'Union européenne relatif au droit à être entendu ;

- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré 27 octobre 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Par une décision du 24 avril 2023, le président du tribunal a désigné Mme Esnol comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus en cours de l'audience publique du 30 octobre 2023 :

- le rapport de Mme Esnol, magistrate désignée, qui a soulevé d'office le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité de l'exception d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour dirigée contre la décision portant obligation de quitter le territoire français dès lors que la décision portant refus de titre de séjour est devenue définitive après que le tribunal a confirmé par jugement n°225219 du 30 mai 2023 la décision du 20 octobre 2022 portant refus de titre de séjour ;

- les observations de Me Inquimbert, substituant Me Mary, représentant M. B, non présent, qui conclut aux mêmes fins, qui a abandonné le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, qui a soulevé, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire, le moyen tiré de la méconnaissance du principe général du droit de l'Union Européenne du droit à être entendu et qui fait valoir que le passeport de M. B a été remis aux autorités préfectorales dans la cadre du traitement de sa demande de titre de séjour ;

Le préfet n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant algérien né le 16 avril 1996 est, selon ses dires, entré sur le territoire français en 2020. Par un arrêté du 20 octobre 2022, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par un jugement n°2205219 du 30 mai 2023, le tribunal administratif de Rouen a rejeté la requête tendant à l'annulation de l'arrêté du 20 octobre 2022. Par arrêté du 24 octobre 2023, le préfet de la Seine-Maritime a obligé M. B à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant la durée d'un an. Par un arrêté du même jour, le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence. M. B demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.

Sur l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, de prononcer l'admission provisoire de M. B à l'aide juridictionnelle.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, il ressort des termes de l'arrêté contesté que, pour obliger M. B à quitter le territoire français, le préfet de la Seine-Maritime s'est fondé sur les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a retenu que le demande de titre de séjour de l'intéressé a été rejetée en octobre 2022, rejet confirmé par le tribunal administratif de Rouen le 30 mai 2023. En outre, pour prendre cette décision, le préfet de la Seine-Maritime a retenu que, compte tenu des circonstances propres au cas d'espèce, il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale. Dès lors, l'arrêté litigieux mentionne les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision attaquée et permet ainsi à l'intéressé d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.

4. En deuxième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, notamment de son arrêt C-383/13 M. A, N. R./Staatssecretaris van Veiligheid en Justitie du 10 septembre 2013, que toute irrégularité dans l'exercice des droits de la défense lors d'une procédure administrative concernant un ressortissant d'un pays tiers en vue de son éloignement ne saurait constituer une violation de ces droits et, en conséquence, que tout manquement, notamment, au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise.

5. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent.

6. En l'espèce, d'une part, si le procès-verbal dressé par l'officier de police judiciaire le 24 octobre 2023 à 19h30 est postérieur à la notification des arrêtés attaqués le même jour à 19h15 et 19h20, il ressort de ce même procès-verbal que M. B a été entendu le 24 octobre 2023 de 16h45 à 17h15 sur sa situation et son droit au séjour, soit préalablement à la notification des arrêtés attaqués. D'autre part, il ne ressort d'aucune autre pièce du dossier et n'est pas même soutenu que M. B aurait sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'il aurait été empêché de présenter des observations qui auraient été de nature à ce que la procédure administrative aboutisse à un résultat différent. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il aurait été privé de son droit à être entendu ne peut qu'être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. D'une part, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur de droit dès lors qu'il a analysé l'ensemble de la vie privée et familiale du requérant.

9. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. B est marié avec une ressortissante française depuis le 20 novembre 2021 dont il est séparé et qu'il est désormais en couple avec une autre ressortissante française depuis le mois de juillet 2023, chez qui il réside. Contrairement à ce que soutient le requérant, en l'absence de preuve de son entrée régulière sur le territoire français, l'intéressé ne peut se prévaloir utilement des dispositions de l'article 6-2 du l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que la nouvelle relation du requérant est récente et n'est pas de nature à établir la stabilité et l'intensité de son insertion sur le territoire français. Enfin, si l'intéressé se prévaut de la présence régulière en France de sa sœur, il ne fait pas état de l'intensité de ses liens avec cette dernière, ni soutient être dépourvu d'attache dans son pays d'origine, ni ne fait état d'aucune insertion professionnelle sur le territoire français. Dès lors, dans les circonstances de l'espèce, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale en l'obligeant à quitter le territoire français et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

10. En quatrième lieu, compte tenu du caractère récent de la nouvelle relation de M. B avec une ressortissante française, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. B.

11. Il résulte ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Sur la légalité de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

12. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 4 à 6, le moyen tiré de la méconnaissance du principe général de l'Union européenne relatif au droit à être entendu ne peut qu'être écarté.

13. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; ()

14. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui ne conteste pas avoir affirmé ne pas vouloir retourner dans son pays d'origine, s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement. Dès lors, en l'absence de circonstances particulières de nature à y faire obstacle, il y a lieu de regarder comme établi le risque que M. B se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français. Dans ces conditions, en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

15. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 8 et 9, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.

16. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 10, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle doit être écarté.

17. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demande l'annulation de la décision refusant la délivrance d'un délai de départ volontaire.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

18. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 4 à 6, le moyen tiré de la méconnaissance du principe général de l'Union européenne relatif au droit à être entendu ne peut qu'être écarté.

19. En deuxième lieu, faute pour M. B d'avoir démontrer l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de la décision fixant le pays de destination par voie de conséquence de la décision d'obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

20. En troisième lieu, M. B ne fait aucun état d'aucun risque en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle doit être écarté.

21. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.

Sur la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire :

22. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 4 à 6, le moyen tiré de la méconnaissance du principe général de l'Union européenne relatif au droit à être entendu ne peut qu'être écarté.

23. En deuxième lieu, faute pour M. B d'avoir démontrer l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français par voie de conséquence de la décision d'obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

24. En troisième lieu, dans la mesure où M. B ne s'est vu accorder aucun délai de départ volontaire en vue de se conformer à l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français, le préfet de la Seine-Maritime était fondé à assortir cette mesure d'éloignement d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, sans qu'y fassent obstacle les circonstances alléguées par l'intéressé selon lesquelles il est marié avec une ressortissante français et en couple avec une autre personne de nationalité français dès lors qu'il est séparé de son épouse et s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

25. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 8 et 9, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.

26. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 10, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle doit être écarté.

27. Par suite, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision lui interdisant le retour sur le territoire français.

Sur la légalité de la décision d'assignation à résidence :

28. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 4 à 6, le moyen tiré de la méconnaissance du principe général de l'Union européenne relatif au droit à être entendu ne peut qu'être écarté.

29. En deuxième lieu, faute pour M. B d'avoir démontrer l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de la décision d'assignation à résidence par voie de conséquence de la décision d'obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

30. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () "

31. M. B a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai le 24 octobre 2023 qu'il n'a pas spontanément exécutée. Si M. B soutient qu'il disposait d'un passeport en cours de validité remis aux autorités préfectorales pour le traitement de sa demande de titre de séjour, il n'apporte aucun élément de nature à établir que son éloignement ne demeure pas une perspective raisonnable. Par ailleurs, il ne fait état d'aucune circonstance de nature à démontrer que les modalités d'exécution de cette mesure seraient disproportionnées. Dans ces conditions, la mesure d'assignation à résidence n'est pas entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ces moyens doivent, dès lors, être écartés.

32. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant assignation à résidence.

33. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées. Par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin d'injonction doivent être rejetées ainsi que celles formulées au titre des frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D, à la SELARL Mary et Inquimbert , et au préfet de la Seine-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2023.

La magistrate désignée,

Signé :

B. Esnol

La greffière,

Signé :

P. His

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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