mercredi 15 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2304456 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | LARROUSSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 novembre 2023, M G B demande au tribunal :
1°) d'annuler l'obligation de quitter le territoire français, la décision fixant le pays de renvoi et la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et ses effets juridiques dont le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sans délai sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard et de réexaminer sa situation.
Il soutient que :
- l'arrêté est signé par une autorité incompétente ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2023, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme J comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme J,
- les observations de Me Larrousse, avocate commise d'office, représentant M. B, qui reprend l'ensemble des moyens invoqués dans la requête en précisant que les conclusions doivent être regardées comme étant dirigées contre l'arrêté du 9 novembre 2023 par lequel le préfet du Finistère a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné. Elle indique également que M. B a vécu trois ans en Espagne et est revenu en France en oubliant qu'il était sous le coup d'une interdiction judiciaire du territoire français ;
- et les observations de M. B, assisté de Mme E, interprète en langue arabe.
Le préfet du Finistère n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. G B, ressortissant algérien né le 20 janvier 1993, alias A D, de nationalité marocaine, alias I H, ressortissant algérien, est sous le coup d'une interdiction temporaire du territoire français d'une durée de cinq ans, prononcée le 23 novembre 2018 par le tribunal correctionnel de Toulouse. En application de ce jugement, et alors que l'intéressé a été reconnu par les autorités consulaires algériennes comme étant ressortissant algérien le 28 novembre 2018, il a fait l'objet d'un arrêté du préfet des Hautes-Pyrénées du 12 décembre 2019 fixant l'Algérie comme pays de renvoi. Eloigné vers l'Algérie le 27 décembre 2019 à sa levée d'écrou, M. B a été interpelé par les services de police à Brest le 8 novembre 2023. Le 9 novembre 2023, le préfet du Finistère a pris un nouvel arrêté fixant le pays de renvoi. M. B, placé en rétention administrative au centre de Oissel (Seine-Maritime), demande l'annulation de cet arrêté ainsi que cela a été indiqué lors de l'audience.
2. En premier lieu, le préfet du Finistère produit un arrêté du 19 octobre 2023, publié le 20 octobre suivant au recueil des actes administratifs de la préfecture, établissant qu'il a donné délégation à Mme C F, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration, à l'effet de signer, notamment, les décisions fixant le pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige manque en fait et doit, dès lors, être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué mentionne les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde. Ces considérations sont suffisamment développées pour permettre à M. B de comprendre et de discuter les motifs de l'arrêté attaqué et pour permettre au juge d'exercer son contrôle. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté en litige doit être écarté.
4. En dernier lieu, si M. B fait valoir que l'arrêté en litige est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle, il n'apporte aucune précision au soutien de ce moyen. En outre, et en tout état de cause, aucune circonstance ne fait obstacle à ce que M. B soit éloigné vers son pays d'origine, où résident sa mère, ses frères et sœurs avec lesquels il est régulièrement en contact, ainsi qu'il l'a déclaré lors de son audition par les services de police le 9 novembre 2023. Dans ces conditions, le moyen doit être écarté.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 9 novembre 2023 par lequel le préfet du Finistère a fixé l'Algérie comme pays de renvoi en application de l'interdiction du territoire français prononcée par le tribunal correctionnel de Toulouse le 23 novembre 2018. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, présentées par le requérant, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G B et au préfet du Finistère.
Lu en audience publique le 15 novembre 2023.
La magistrate désignée,La greffière,
L. JA. LENFANT
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026