jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2304605 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | INTER-BARREAUX EMO AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 21 novembre 2023, le 31 mai 2024 et 22 juillet 2024, M. D C, M. et Mme E, M. et Mme B et M. et Mme A demandent au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 9 juin 2023 par lequel le maire de la commune des Andelys a accordé un permis de construire à la SCI AZA pour la construction de deux immeubles de douze logements au total, sur un terrain situé au 34 rue Lavoisier.
Ils soutiennent que :
- le nombre de places de stationnement prévu par le projet est insuffisant de sorte que la décision attaquée méconnait l'article Uc-12 du règlement du PLU concernant le stationnement ;
- la décision méconnait les articles Uc 3.1.2 et 3.2.1 du règlement du PLU ainsi que l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme au regard des risques pour la sécurité posés par les accès au projet ;
- le syndicat de voirie Vexin Seine n'a pas été saisi pour avis sur le projet autorisé par la décision attaquée ;
- la décision est illégale au regard des risques d'inondation posés par ce projet dès lors que le bâtiment est implanté à 10,5 mètres du cours d'eau Gambon alors que la réglementation prévoit une bande d'écoulement de 15 mètres dans laquelle toute construction est interdite, que le système de gestion d'eaux pluviales prévu n'est pas adapté à un environnement comportant des nappes phréatiques affleurantes, et que Seine Normandie Agglomération a donné un avis défavorable ;
- la clôture du projet de 1,50 mètres est faible par rapport à l'importance de la construction et le projet ne comporte pas de portail de sorte que la sécurité n'est pas assurée ;
- le dossier de permis de construire contient une incohérence interne entre le plan de masse et le document de visualisation, et comporte des erreurs et omissions dès lors qu'il existe une erreur sur les parcelles cadastrales du projet, et que les informations du plan masse sont imprécises ou erronées concernant les places de stationnement ;
- aucune pièce du dossier ne permet de se rendre compte de l'intégration du projet dans son environnement ;
- de par son architecture, ses dimensions et l'aspect extérieur du projet, la construction porte atteinte au paysage et aux constructions environnantes en violation de l'article Uc-11 du règlement du PLU ;
- le projet méconnait l'article Uc 13-1 du règlement du PLU de la commune des Andelys.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 11 mars 2024, 29 mai 2024 et 20 juin 2024 la SCI AZA, représentée par Me Pouillaude, conclut au rejet de la requête et demande à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient à titre principal que la requête est irrecevable au regard de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, dès lors que les requérants ne présentent aucun moyen ni conclusions et à titre subsidiaire, qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Par des mémoires, enregistrés le 2 mai 2024 et 18 juillet 2024, la commune des Andelys, représentée par Me Gillet, conclut à l'annulation de l'arrêté de permis de construire du 9 juin 2023 délivré par le maire de la commune des Andelys à la SCI AZA, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux formé par les requérants.
Elle soutient que :
- la requête de M. C et autres est recevable au regard de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- les requérants ont intérêt à agir ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure en l'absence de consultation du syndicat de voirie Vexin Seine gestionnaire de la voirie ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet et contradictoire concernant les plantations maintenues ou supprimées qui n'ont pas permis de vérifier la conformité à l'article Uc 13.1 du PLU, les voies de circulation à créer et l'insertion paysagère ;
- la décision méconnait les articles Uc 3.1.2 et 3.2.1 du règlement du PLU ainsi que l'article R.111-2 du code de l'urbanisme ;
- la décision méconnait l'article Uc 4.3.2 du règlement du PLU et l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- la décision méconnait l'article Uc 11 du règlement du PLU ;
- la décision méconnait l'article Uc 13.1 du règlement du PLU ;
- la décision méconnait l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme car elle autorise une construction en zone inondable comme relevé par l'avis défavorable de Seine Normandie Agglomération et s'implante dans la bande inconstructible d'écoulement de 15 mètres du Gambon.
Par un courrier du 26 septembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions reconventionnelles présentées par la commune des Andelys dès lors qu'elle n'a pas qualité à demander l'annulation de son propre arrêté du 9 juin 2023, ni intérêt à agir ; et de l'irrecevabilité, au regard des dispositions de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme des moyens nouveaux soulevés par les requérants tirés de la méconnaissance de l'article Uc 11 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'intégration du projet dans son environnement et de la méconnaissance de l'article Uc 13.1 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux plantations.
Une invitation à présenter des observations sur l'application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme a été adressée aux parties le 27 septembre 2024.
La commune des Andelys a présenté des observations en réponse enregistrées le 28 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bellec, premier conseiller
- les conclusions de Mme Thielleux, rapporteure publique,
- les observations de M. C,
- les observations de Me Gillet, représentant la commune des Andelys
- les observations de Me Bourguin Verdier, substituant Me Pouillaude, représentant la SCI AZA.
Une note en délibéré a été présentée par M. C le 9 octobre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Le 31 janvier 2023, la SCI AZA a déposé une demande de permis de construire pour douze logements répartis sur deux bâtiments d'une surface de plancher de 720 m2 sur un terrain situé 34 rue Lavoisier sur le territoire de la commune des Andelys. Le permis de construire a été délivré le 9 juin 2023. M. C, M. et Mme E, M. et Mme B et M. et Mme A, voisins immédiats du projet, ont formé un recours gracieux en date du 26 juillet 2023 à l'encontre du permis de construire. Le recours gracieux a été rejeté implicitement. Par la présente requête, M. C et autres demandent l'annulation pour excès de pouvoir de l'arrêté du 9 juin 2023.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête () contient l'exposé des faits et moyens (). L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".
3. La requête énonce de manière suffisamment explicite les critiques adressées à la décision dont l'annulation est demandée et comporte ainsi des moyens au sens des dispositions précitées. Elle répond ainsi aux exigences de motivation des requêtes prévues par l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense, tirée de l'absence de moyens et de conclusions dans la requête, ne peut qu'être écartée.
Sur les conclusions présentées à titre reconventionnel par la commune des Andelys et tendant à l'annulation de l'arrêté du 9 juin 2023 :
4. L'autorité administrative qui a pris une décision n'a pas qualité pour demander l'annulation de sa propre décision, qu'elle a le pouvoir de retirer elle-même. Dès lors, la commune des Andelys n'est pas recevable à demander au juge administratif l'annulation de l'arrêté du 9 juin 2023 accordant un permis de construire à la SCI AZA et par suite, ses conclusions formulées à ce titre doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet aurait pour effet la création ou la modification d'un accès à une voie publique dont la gestion ne relève pas de l'autorité compétente pour délivrer le permis, celle-ci consulte l'autorité ou le service gestionnaire de cette voirie, sauf lorsque le plan local d'urbanisme ou le document d'urbanisme en tenant lieu réglemente de façon particulière les conditions d'accès à ladite voie. ". Par création d'un accès à une voie publique, il faut entendre tout changement dans la configuration matérielle des lieux ou dans l'usage qui en est fait permettant à un riverain d'utiliser cette voie avec un véhicule.
6. La construction du projet implique la création d'un accès nouveau à une voie publique en l'espèce la rue des Planches. Par arrêté du préfet de l'Eure du 15 décembre 2016, la compétence voirie de la commune des Andelys a été transférée au syndicat de voirie du Vexin Seine qui est le gestionnaire de la voirie. La commune des Andelys devait donc, à ce titre, consulter ce syndicat en application de l'article R.423-53 du code de l'urbanisme avant de délivrer l'autorisation sollicitée, ce qui n'a pas été fait.
7. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
8. Le pétitionnaire indique que le gestionnaire de voirie avait déjà donné son avis le 27 décembre 2021 dans le cadre d'une précédente demande de permis de construire sur la même parcelle déposée par la SCI AZA le 21 décembre 2021. Cette demande a été rejetée par le maire de la commune des Andelys le 13 juin 2022. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment des pièces relatives au premier dossier de demande de permis de construire, que cette précédente demande portait sur un projet différent ne prévoyant pas un accès rue des Planches contrairement à la nouvelle demande de permis de construire. Aucune pièce du dossier ne permet d'établir que le syndicat de voirie du Vexin Seine aurait rendu le même avis sur le projet ayant donné lieu à la décision attaquée. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R.423-53 du code de l'urbanisme doit être accueilli.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; / b) Les pièces complémentaires mentionnées aux articles R. 431-13 à R. 431-33-1 ; / c) Les informations prévues aux articles R. 431-34 et R. 431-34-1. / Pour l'application des articles R. 423-19 à R. 423-22, le dossier est réputé complet lorsqu'il comprend les informations mentionnées au a et au b ci-dessus. / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente. " Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; () e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ". Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".
10. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
11. Si les requérants soutiennent qu'il y a une incohérence entre le plan de masse et la visualisation concernant l'implantation d'un bâtiment annexe, les autres pièces du dossier permettent de déterminer l'implantation de ce bâtiment. L'erreur sur les parcelles cadastrales du projet présente initialement dans le dossier de demande de permis de construire a été corrigée lors du dépôt de pièces complémentaires par le pétitionnaire les 9 et 26 mai 2023. Les pièces du dossier de demande de permis de construire précisent les voies de circulation ainsi que les plantations maintenues ou supprimées. L'absence de localisation précise du noyer n'a pas faussé l'appréciation de l'administration dès lors que quatre arbres vont être plantés et qu'il n'est pas soutenu que davantage d'arbres seraient présents sur le terrain initial. La déclaration de deux places de parking déjà existantes dans celles prévues pour le projet alors que l'emplacement de ces deux places est en réalité aménagé en jardin fermé sans que le projet ne prévoie de créer de nouvelles places à cet endroit n'a pas été de nature à fausser l'appréciation du service instructeur ainsi qu'il sera dit au point 21, le nombre de places de stationnement étant en tout état de cause suffisant sans ces deux places. Par ailleurs, la visualisation du projet en trois dimensions, les photographies et le plan cadastral figurant au dossier de demande de permis de construire sont suffisants pour apprécier l'état initial du terrain et de ses abords ainsi que l'intégration du projet dans son environnement malgré l'insuffisance du document graphique. Enfin, l'erreur sur l'identité du propriétaire d'une parcelle voisine est sans incidence sur la décision prise. Dès lors, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire doit être écarté.
12. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".
13. Si les requérants soutiennent que le sens unique prévu pour l'accès au projet côté rue Lavoisier ne sera pas respecté par les habitants du fait de la plus grande facilité d'accès à cette voie que l'accès prévu rue des Planches, cette circonstance, purement hypothétique, est sans incidence sur la légalité du permis en litige.
14. La voie interne au projet a une largeur de 4,51 mètres et même 5 mètres dans un virage. Dès lors, la largeur de la voie interne, où la vitesse est nécessairement limitée, est suffisante pour la sécurité des usagers et permettre l'accès des engins de lutte contre l'incendie.
15. Le moyen, tel que soulevé, tiré de l'absence d'un accès piéton pour assurer la jonction jusqu'aux entrées des bâtiments est dépourvu des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
16. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'accès du projet de construction à la rue des Planches se fait par une voie interne au projet comportant une pente de 15 degrés n'offrant pas une bonne visibilité aux conducteurs sortant du terrain d'assiette du projet, et traverse un trottoir notamment fréquenté par les usagers d'un établissement scolaire selon les pièces du dossier. Par ailleurs, cet accès pour les véhicules se trouve en face de l'accès à une grande surface commerciale, ce qui va altérer la sécurité des usagers de cette voie d'accès. En l'absence d'avis du gestionnaire de voirie établissant la compatibilité entre l'accès prévu rue des Planches et la fréquentation et la configuration de cette voie publique, et en l'absence de prescription du permis de construire sur ce point, la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
17. En quatrième lieu, aux termes de l'article Uc 4.3.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune des Andelys : " En l'absence de réseau de collecte des eaux pluviales, les aménagements réalisés sur le terrain doivent garantir le traitement des eaux pluviales à l'intérieur de celui-ci. Les aménagements nécessaires conformes à la législation en vigueur sont à la charge exclusive du propriétaire qui doit réaliser les dispositifs adaptés à l'opération et au terrain ".
18. Il ressort des pièces du dossier que le dispositif de gestion des eaux pluviales sous forme d'un puisard n'est pas détaillé dans le dossier de demande de permis de construire et notamment quant à sa profondeur alors que le terrain d'assiette du projet est sujet aux inondations et aux remontées de nappes, ainsi que le précise l'avis du service compétent de la communauté d'agglomération Seine Normandie Agglomération en date du 23 février 2023, qui a donné un avis défavorable au projet concernant la gestion intégrée de l'eau et des inondations. Par ailleurs, la parcelle jouxte le cours d'eau Le Gambon et la notice de la direction départementale des territoires et de la mer de l'Eure relative à la prise en compte des risques d'inondations par débordement de cours d'eau dans le département de l'Eure pour les zones non couvertes par un plan de prévention des risques inondations, recommande, au cas d'espèce, une bande d'inconstructibilité de 15 mètres située de part et d'autre des berges. Or, il est constant que l'un des deux bâtiments prévus se situe en grande partie à l'intérieur de cette bande d'inconstructibilité. Contrairement à ce que soutient la SCI AZA, la dérogation mentionnée dans la notice précitée et encadrant, lorsqu'il s'applique, le droit de construire, dans une limite de 35 % de la surface de la parcelle au sein cette bande de 15 mètres ne trouve pas à s'appliquer en l'espèce car la notice indique que toute nouvelle construction est interdite dans les bandes d'écoulement. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, au regard du risque d'inondation, et de l'article Uc - 4.3.2 du règlement du plan local d'urbanisme, en ce qui concerne le système de gestion des eaux pluviales, doit être accueilli.
19. En cinquième lieu, l'article Uc -11.5.1 du règlement du plan local d'urbanisme prévoit que la hauteur maximale des clôtures est de deux mètres sur voies publiques et limites séparatives. Les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la hauteur de la clôture du projet de 1,50 mètres est faible eu égard à l'importance du projet, dès lors qu'elle respecte l'article UC-11.5.1 du plan local d'urbanisme.
20. En sixième lieu, aux termes de l'article Uc-12 du plan local d'urbanisme : " 12.1 Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins actuels et futurs des usagers, des visiteurs et des services, doit être assuré en nombre suffisant en dehors des espaces publics / 12.2 Les aires de stationnement sont notamment exigées à raison d'un minimum de 1 place par logement. Cette règle ne s'applique pas dans le cas de constructions anciennes. "
21. Il ressort des pièces du dossier que le projet porte sur la création de 12 logements et un bâtiment de 3 logements existants et qu'il prévoit la création de 17 places de stationnement incluant des places pour les personnes à mobilité réduite et les visiteurs. Le nombre de places prévu par le projet est donc suffisant. La circonstance que le stationnement sur l'espace public à proximité du projet serait insuffisant est sans influence sur la légalité de la décision contestée. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Uc-12 du plan local d'urbanisme doit être écarté.
22. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative. () ".
23. Il résulte de ces dispositions qu'un moyen nouveau présenté après l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense est, en principe, irrecevable. Lorsqu'est produit un mémoire comportant un tel moyen, le président de la formation de jugement ou le président de la chambre chargée de l'instruction doit informer les parties de son irrecevabilité, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, sauf s'il décide de fixer une nouvelle date de cristallisation des moyens, postérieure à la production du mémoire en cause. Il est toujours loisible au président de la formation de jugement de fixer une nouvelle date de cristallisation des moyens s'il estime que les circonstances de l'affaire le justifient. Il doit y procéder dans le cas particulier où le moyen est fondé sur une circonstance de fait ou un élément de droit dont la partie concernée n'était pas en mesure de faire état avant l'expiration du délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense et est susceptible d'exercer une influence sur le jugement de l'affaire.
24. Il ressort des pièces du dossier que le premier mémoire en défense, produit par le pétitionnaire, a été enregistré le 11 mars 2024 et communiqué aux autres parties le même jour. Les requérants ont pris connaissance de ce mémoire à cette même date. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article Uc 11 du règlement du plan local d'urbanisme communal relatif à l'intégration du projet dans son environnement et de la méconnaissance de l'article Uc 13.1 du règlement du plan local d'urbanisme communal relatif aux plantations ont été invoqués pour la première fois dans le mémoire en réplique des requérants enregistré le 31 mai 2024. Dans ces conditions, et en l'absence de circonstances nouvelles au sens du principe rappelé au point précédent, ces moyens sont irrecevables.
Sur la régularisation :
25. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".
26. Il résulte de ces dispositions qu'un vice entachant le bien-fondé d'une autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé dans les conditions qu'elles prévoient, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
27. Il résulte de tout ce qui précède que le projet de construction en litige est entaché des vices mentionnés au point 8, dès lors que le défaut de consultation du gestionnaire de voirie a été de nature à avoir une influence sur la décision de la commune, du vice mentionné au point 16 du fait des risques pour la sécurité des usagers liés à l'accès à créer rue des Planches, et du vice mentionné au point 18 eu égard aux risques d'inondation concernant le bâtiment implanté a proximité directe des berges du Gambon et de l'inadaptation du dispositif de gestion des eaux pluviales. La régularisation de ces vices n'implique pas un changement de la nature même du projet. Dans ces conditions, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et de surseoir à statuer et d'impartir à la SCI AZA un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement pour justifier auprès du tribunal de la régularisation des vices entachant l'arrêté en litige. Le pétitionnaire devra informer le tribunal du dépôt d'une demande de permis de construire modificatif.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur les conclusions de la requête.
Article 2 : La SCI AZA devra justifier, dans le délai de six mois à compter de la notification du présent jugement, de la délivrance d'un permis de construire modificatif permettant de régulariser les vices relevés aux points 8 ,16 et 18 du présent jugement et informera le tribunal du dépôt d'une demande de permis de construire modificatif.
Article 3 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 4: Le présent jugement sera notifié à M. C, représentant unique des requérants, à la commune des Andelys et à la SCI AZA.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Galle, présidente,
M. Bellec, premier conseiller,
et Mme Esnol, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
Le rapporteur,
C. Bellec
La présidente,
C. Galle La greffière,
A. Hussein
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026