vendredi 12 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2400047 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | LEPEUC MARIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 janvier 2024, M. G M, représenté par Me Lepeuc, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 janvier 2024 par lequel le préfet des Côtes-d'Armor l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet des Côtes-d'Armor lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sans délai à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard et de réexaminer sa situation.
Il soutient que les décisions attaquées :
- sont insuffisamment motivées ;
- ont été signées par une autorité incompétente ;
- sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 janvier 2024, le préfet des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. M ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. N comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier, notamment celles produites par le préfet des Côtes-d'Armor, enregistrées le 10 janvier 2024.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 12 janvier 2024, après la présentation du rapport, ont été entendues :
- les observations de Me Aït-Taleb, pour M. M, qui reprend les conclusions et moyens de la requête et précise, s'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français, qu'elle est insuffisamment motivée au regard des motifs visés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
- les observations de M. M, assisté de M. I, interprète, qui indique qu'il est venu en France afin de pouvoir aider financièrement sa mère et sa fratrie, restés en Algérie.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. M, ressortissant algérien né le 13 décembre 2001, déclare être entré en France en 2021. Par deux arrêtés du 14 septembre 2022, le préfet des Côtes-d'Armor l'a obligé à quitter le territoire français et l'a assigné à résidence pendant une durée de six mois. M. M n'a pourvu à l'exécution d'aucune de ces mesures. Le 5 janvier 2024, il a été placé en garde à vue par les services de police de Saint-Brieuc et a été transféré auprès des services de gendarmerie de Loudéac, lesquels ont procédé à une vérification de son droit de séjour et de circulation. Par l'arrêté attaqué du 6 janvier 2024, le préfet des Côtes-d'Armor l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
2. En premier lieu, par un arrêté du 12 juin 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 22-2023-132 de la préfecture des Côtes-d'Armor du même jour, le préfet de ce département a donné délégation à M. F E, sous-préfet de Lannion, en cas d'absence ou d'empêchement de M. B A, de Mme K L, de M. H D et de M. C J, à l'effet de signer, notamment, les décisions d'éloignement des ressortissants étrangers, les décisions refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, les décisions fixant le pays de destination ainsi que les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français. Il n'est pas établi ni même allégué que les personnes susvisées n'auraient pas été absentes ou empêchées à la date de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 6 janvier 2024 doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions des articles L. 611-1, L. 612-2, L. 612-6, L. 612-10 et L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les considérations de fait propres à la situation de M. M, qui constituent le fondement des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. En particulier, s'agissant de cette dernière décision, l'arrêté fait état de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français, selon l'autorité préfectorale. Si M. M soutient, par l'intermédiaire de son conseil lors de l'audience publique, que cette décision serait insuffisamment motivée, dès lors que les faits relatés dans l'arrêté ne sont pas de nature à établir qu'il représenterait une menace pour l'ordre public, cette circonstance est sans incidence sur la motivation de cette décision. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. En dernier lieu, M. M, qui est entré irrégulièrement sur le territoire et qui a déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement en 2021, à l'exécution de laquelle il n'a pas pourvu, est célibataire sans charge de famille, ne dispose d'aucune attache familiale en France, ne fait état d'aucune insertion particulière et se borne à soutenir qu'il travaille en France pour envoyer de l'agent à sa famille restée en Algérie. Dans ces conditions, le préfet des Côtes-d'Armor n'a pas, en l'ayant obligé à quitter le territoire sans délai, en ayant fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et en lui ayant interdit le retour sur le territoire pour une durée de trois ans, entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. M n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 6 janvier 2024 par lequel le préfet des Côtes-d'Armor l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. M est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G M, à Me Aït-Taleb et au préfet des Côtes-d'Armor.
Lu en audience publique le 12 janvier 2024.
Le magistrat désigné,
Signé :
A. N
La greffière,
Signé :
P. HIS
La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026