LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2401030

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2401030

mardi 10 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2401030
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1 ère Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen a annulé un arrêté de mise à la retraite pour invalidité en raison de son effet rétroactif illégal. Le juge a estimé que l'administration ne pouvait pas régulariser rétroactivement la situation de l'agent, Mme A..., dès lors que sa carrière avait évolué normalement et que sa situation n'était pas irrégulière. La décision s'appuie sur les principes généraux du droit et sur l'article R. 36 du code des pensions civiles et militaires de retraite, qui encadre strictement les effets rétroactifs des décisions de radiation des cadres.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 mars 2024, Mme B... A..., demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 8 janvier 2024 du directeur général des finances publiques en tant qu’il fixe au 1er décembre 2020 la date d’effet de sa mise à la retraite pour invalidité.

Mme A... soutient que :

le directeur général des finances publiques ne pouvait la placer à la retraite rétroactivement ;
la décision méconnaît les articles L. 29 et R. 36 du code des pensions civiles et militaires de retraite ;
l’ampleur de la rétroactivité lui est préjudiciable, notamment en ce qu’elle a été privée de partir à la retraite avec un échelon plus élevé ;


Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2025, le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique conclut au rejet de la requête.

Le ministre soutient que le moyen tiré de la rétroactivité illégale n’est pas fondé.



Vu :
l’ordonnance du 16 octobre 2025 fixant la clôture de l’instruction au 17 novembre 2025 à 12 h ;
les autres pièces du dossier, notamment celles versées le 8 février 2026 et le 16 février 2026 par Mme A... et qui n’ont pas été communiquées.

Vu :
le code général de la fonction publique ;
le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
le décret n° 2010-984 du 26 août 2010 ;
le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
le rapport de M. Minne, président de chambre,
les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique,
et les observations de Mme A....


Considérant ce qui suit :

Mme A..., agent administratif principal des finances publiques de 2ème classe, affectée à la direction des finances publiques de la Seine-Maritime, a été placée, à compter du 20 avril 2015, en position de congé de longue durée jusqu’à épuisement de ses droits au 30 novembre 2020. Le 28 janvier 2021, la commission de réforme du département de la Seine-Maritime a émis un avis favorable à l’admission à sa retraite pour invalidité non imputable au service. Par arrêté du 8 janvier 2024, le directeur général des finances publiques a admis Mme A... à la retraite pour invalidité. Elle en demande l’annulation en tant qu’il fixe une date d’effet antérieure à la date à laquelle cet arrêté a été pris, en l’occurrence à compter du 1er décembre 2020.

En vertu de l’article L. 29 du code des pensions civiles et militaires de retraite, le fonctionnaire qui se trouve dans l’incapacité permanente de continuer ses fonctions en raison d’une invalidité ne résultant pas du service et qui n’a pu être reclassé dans un autre corps peut être radié des cadres par anticipation soit sur sa demande, soit d’office et, dans ce dernier cas, la radiation des cadres est prononcée sans délai si l’inaptitude résulte d’une maladie ou d’une infirmité que son caractère définitif et stabilisé ne rend pas susceptible de traitement. Aux termes de l’article R. 36 du même code : « La mise en paiement de la pension de retraite ou de la solde de réforme peut être antérieure à la date de la décision de radiation des cadres lorsque cette décision doit nécessairement avoir un effet rétroactif en vue soit d’appliquer des dispositions statutaires obligeant à placer l’intéressé dans une position administrative régulière, soit de tenir compte de la survenance de la limite d’âge, soit de redresser une illégalité. »

Les décisions administratives ne pouvant légalement disposer que pour l’avenir, l’administration ne peut, par dérogation à cette règle, prendre des mesures à portée rétroactive que pour assurer la continuité de la carrière d’un agent public ou procéder à la régularisation de sa situation.
Ainsi qu’il est dit au point 1, Mme A... avait épuisé ses droits à congé de longue durée à la date du 30 novembre 2020. En dépit d’une mesure d’instruction diligentée par la juridiction, l’administration n’a pas justifié de l’irrégularité de la situation administrative de la requérante dont, au vu des bulletins de paie produits, la carrière a évolué par élévation d’échelon jusqu’à la date de la signature de l’arrêté ministériel attaqué. Il n’est donc pas établi que l’intéressée était dans une situation irrégulière. Par suite, l’administration ne pouvait légalement, pour régulariser la situation de Mme A... à compter du lendemain de l’épuisement de ses droits ni d’ailleurs pour assurer la continuité de sa carrière, donner à sa mise à la retraite pour invalidité, le 8 janvier 2024, un caractère rétroactif au 1er décembre 2020.

Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête, que Mme A... est fondée à demander l’annulation de l’arrêté ministériel du 8 janvier 2024 en tant que la date d’effet de sa mise en retraite pour invalidité a été fixée au 1er décembre 2020.















D E C I D E :
















Article 1er : L’arrêté du 8 janvier 2024 du directeur général des finances publiques est annulé en tant qu’il fixe au 1er décembre 2020 la date d’effet de la mise à la retraite pour invalidité de Mme A....

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.


Délibéré après l’audience du 24 février 2026, à laquelle siégeaient :

M. Minne, président,
Mme Jeanmougin, première conseillère,
Mme Ameline, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mars 2026.



Le président-rapporteur,
signé
P. MINNE
L’assesseure la plus ancienne,

signé

H. JEANMOUGIN



Le greffier,

signé

N. BOULAY


La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions