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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2401168

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2401168

mardi 18 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2401168
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantYOUSFI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 mars 2024, M. B A, représenté par Me Yousfi, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision en date du 4 mars 2024, notifiée le 7 mars 2024, du préfet de la Seine-Maritime portant reconduite d'office à la frontière et fixant le pays de destination ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros, en cas d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, au profit de son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à défaut, la somme de 1 500 euros à son profit sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes des dispositions de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif, () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".

3. M. A, ressortissant algérien, a été interpellé par les services de police et placé en garde à vue le 3 janvier 2023 pour des faits de menaces de mort avec arme. Il a été écroué le 4 janvier 2024 et condamné par jugement du tribunal correctionnel du Havre du 8 janvier 2024 à une peine principale de 10 mois d'emprisonnement dont 5 avec sursis probatoire pendant deux ans. Par un arrêté du 4 mars 2024, notifié le 7 mars 2024, le préfet de la Seine-Maritime a décidé de mettre en œuvre une décision l'obligeant à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination duquel il pourra être reconduit d'office. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

4. Par un jugement du 3 mai 2024, soit postérieurement à la date d'introduction de la requête, le tribunal administratif de Rennes a annulé la décision du 4 mars 2024 portant reconduite d'office à la frontière et fixant le pays de destination et a enjoint au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer la situation de M. A, dans un délai de quatre mois à compter de la notification du jugement. Dès lors, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 4 mars 2024 et, par voie de conséquence, sur celles aux fins d'injonction sous astreinte.

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre des frais liés au litige.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte présentées par M. A.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Yousfi.

Fait à Rouen, le 18 juin 2024.

Le premier conseiller faisant fonction de

président de la 2ème chambre,

G. Armand

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

nd

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