jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2401363 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | SOW |
Vu la procédure suivante :
Par une demande, enregistrée le 16 septembre 2022, complétée le 27 octobre 2022, le 7 avril 2023 et le 30 avril 2023, M. A B, représenté par Me Sow, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de prendre les mesures qu'implique l'exécution du jugement n° 2002170 en date du 1er février 2022, par lequel le tribunal a annulé la décision de ce préfet du 14 février 2020 refusant d'examiner sa demande de titre de séjour et lui a enjoint de procéder à son examen dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement, en prononçant une astreinte de 350 euros par jour faute pour le préfet d'avoir statué sur sa situation.
Par une ordonnance en date du 6 mai 2024, le président du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2024, le préfet de la Seine- Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il a tenté par deux fois de convoquer le requérant pour exécuter le jugement mais celui-ci ne s'est pas présenté ;
- la demande de titre de séjour de l'intéressé présentée sur le fondement des articles L423-23 et L 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est en cours d'instruction, le requérant ne saurait être accueilli dans ses services mais il peut, s'il le souhaite, communiquer de nouveaux éléments par voie postale.
Vu :
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gaillard,
- et les observations de Me Sow, pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1.Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. ".
2. D'une part, il résulte de ces dispositions qu'en l'absence de définition, par le jugement ou l'arrêt dont l'exécution lui est demandée, des mesures qu'implique nécessairement cette décision, il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative d'y procéder lui-même en tenant compte des situations de droit et de fait existant à la date de sa décision. Si la décision faisant l'objet de la demande d'exécution prescrit déjà de telles mesures en application de l'article L. 911-1 du même code, il peut, dans l'hypothèse où elles seraient entachées d'une obscurité ou d'une ambigüité, en préciser la portée. Le cas échéant, il lui appartient aussi d'en édicter de nouvelles en se plaçant, de même, à la date de sa décision, sans toutefois pouvoir remettre en cause celles qui ont précédemment été prescrites ni méconnaître l'autorité qui s'attache aux motifs qui sont le soutien nécessaire du dispositif de la décision juridictionnelle dont l'exécution lui est demandée. En particulier, la rectification des erreurs de droit ou de fait dont serait entachée la décision en cause ne peut procéder que de l'exercice, dans les délais fixés par les dispositions applicables, des voies de recours ouvertes contre cette décision.
3. D'autre part, il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 d'apprécier l'opportunité de compléter les mesures déjà prescrites ou qu'il prescrit lui-même par la fixation d'un délai d'exécution et le prononcé d'une astreinte suivi, le cas échéant, de la liquidation de celle-ci, en tenant compte tant des circonstances de droit et de fait existant à la date de sa décision que des diligences déjà accomplies par les parties tenues de procéder à l'exécution de la chose jugée ainsi que de celles qui sont encore susceptibles de l'être.
4. Par un jugement du 1er février 2022, devenu définitif, le tribunal administratif a annulé la décision du 14 février 2020 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a refusé d'examiner la demande de titre de séjour de M. B, ressortissant marocain, et a enjoint au préfet de procéder à l'examen de cette demande dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement, laquelle est intervenue le 4 février 2022.
5.A la date de la présente décision, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas procédé à l'examen de la demande de titre de séjour de M. B ayant donné lieu à la décision annulée du 14 février 2020 et, a fortiori, n'y a pas statué.
6. Si le préfet de la Seine-Maritime, qui soutient sans être contesté qu'il ne connaissait alors pas l'adresse de domiciliation de M. B, établit avoir, afin de tenter d'exécuter le jugement, convoqué l'intéressé, par des courriers adressés à son conseil, une première fois par courrier du 16 février 2022 pour un rendez-vous le 10 mars 2022, une seconde fois par courrier du 15 mars 2022 pour un rendez-vous du 31 mars 2022, il est constant que ces courriers ont été reçus par leur destinataire, respectivement les 11 mars et 7 avril 2022, soit après la date du rendez-vous. Par suite, le préfet de la Seine-Maritime n'est pas fondé à soutenir que M. B aurait, par son attitude, fait obstacle à l'exécution du jugement du 1er février 2022.
7. La double circonstance que M. B aurait tenté de déposer une nouvelle demande de titre de séjour le 16 septembre 2022, laquelle n'aurait pas abouti, puis qu'il ait de nouveau sollicité son admission au séjour par courrier du 18 janvier 2023, demande dont le préfet de la Seine-Maritime soutient qu'elle est toujours en cours d'instruction, n'est pas de nature, M. B ne disposant pas d'un titre de séjour à la date à laquelle le tribunal statue, à faire obstacle à l'examen de la présente demande d'exécution.
8. Il résulte de l'instruction que, comme rappelé au point 5 du présent jugement, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas procédé à l'examen de la demande de titre de séjour de M. B ayant donné lieu à la décision annulée du 14 février 2020 et a fortiori n'y a pas statué. Ainsi, eu égard au délai qui s'est écoulé depuis le prononcé du jugement, il y a lieu de compléter l'injonction d'examen prononcée sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative en enjoignant au préfet de la Seine-Maritime d'examiner la demande de titre de séjour ayant donné lieu à la décision du 14 février 2020 et d'y statuer dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement à l'administration. Il y a lieu d'assortir ces prescriptions d'une astreinte de 50 euros par jour à compter de cette date, jusqu'à la date à laquelle le jugement précité aura reçu exécution.
D E C I D E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de la Seine-Maritime d'examiner la demande de titre de séjour ayant donné lieu à la décision du 14 février 2020 et d'y statuer dans le délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 2 : Une astreinte est prononcée à l'encontre du préfet de la Seine-Maritime s'il ne justifie pas avoir, dans les deux mois suivant la notification de la présente décision, exécuté le jugement du tribunal du 1er février 2022 et jusqu'à la date de cette exécution. Le taux de cette astreinte est fixé à 50 euros par jour, à compter de l'expiration du délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : Le préfet de la Seine-Maritime communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter sa décision du 1er février 2022.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Seine-Maritime.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente-rapporteure,
MM. Bouvet et Mulot, premiers conseillers,
Assistés de M. Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
La présidente-rapporteure,
signé
A. GAILLARD
L'assesseur le plus ancien,
signé
C. BOUVET
Le greffier,
signé
H. TOSTIVINT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
S. Combes
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026